Abidjan : Le phénomène des microbes d’Abobo, Yopougon fait planer l’insécurité sur la ville

Le phénomène des microbes Abidjan

Le phénomène des microbes Abidjan;

Défrayant la chronique à Abidjan « les microbes », ces gangs de gamins ont plongé la capitale économique ivoirienne depuis la fin de la crise post électorale dans l’insécurité obligeant les populations à faire face à une forme d’agression qui passe depuis sous les mailles des forces de sécurité.

L’atmosphère sécuritaire à Abidjan est devenue plus lourde depuis l’assassinat il y a quelque jours d’Abogny Claude Larissa une jeune étudiante en année de BTS froidement assassiné dans la commune de Yopougon par l’un des gangs de gamins surnommé les « microbes ». Revenant d’une séance d’étude de préparation du BTS, la jeune fille d’à peine 23 ans a trouvé la mort dans des conditions très atroces, poignardé à plusieurs coups de couteau elle succombera dans une mare de sang sur le trottoir. Et depuis ce crime provoque l’indignation dans l’opinion publique qui s’interroge sur la passivité des forces de sécurité à mettre un terme à ce phénomène social qui fait tant de victimes à Abidjan.

À la suite du meurtre de cette jeune étudiante qui intervient après plusieurs forfaits de cette bande de délinquants, la rédaction de votre magazine a voulu comprendre ce fait social qui s’étend de plus en plus à plusieurs communes d’Abidjan.

Phénomène des microbes, origine et mode opératoire…

À la différence de la série de kidnappings d’enfants en début d’année qui avait jeté la psychose dans le pays, cette fois ce sont des gamins qui jouent le rôle de malfrat terrorisant les habitants des quartiers d’Abobo, Adjamé, Attecoubé, Cocody et tout récemment Yopougon ; eux ce sont les microbes ?

Âgés de 8 à 25 ans, ces gamins bandits surnommés à Abidjan « Microbes ou Vhon-vhon » sont à l’origine des enfants ayant pris part à la crise armée qui a éclaté après les élections de 2010. Utilisé comme sentinelle ou appât par le fameux « commando invisible » d’Abobo, ces gamins ont découvert la violence auprès des combattants pros-Ouattara qui les utilisaient pour piéger ou repérer la position des soldats pro-Gbagbo. C’est pendant cette période ils ont pour la plus part appris à manier les armes à feu et consommé de la drogue.

C’est le cas du nommé « Caporal Zéba » à peine 16 ans ce frêle et crasseux jeune homme est à la tête de l’un des nombreux gangs d’enfants d’Abobo Samaké. Il est tout le contraire d’un  caporal d’armée car lui vole et sème la terreur dans ce sous-quartier d’Abobo ou chaque jour on enregistre encore plus de victimes. « Ce sont des drogués et des bandits, ils m’ont braqué un soir me menaçant avec leur couteau ils m’ont dépouillé de mon téléphone et de mon argent alors que je rentrais à la maison » témoigne Adama Camara. habitant du quartier Abobo-Akekoi une autre victime des microbes.

Leur mode opératoire est spectaculaire et parfois surréaliste, témoigne Edwige Gogou étudiante qui a aussi fait les frais des « microbes ». « Il vous accoste se faisant passer pour des mendiants quémandant l’aumône. En un temps record et avec une rapidité ils vous encerclent en groupe armés de machettes, de couteaux et autres gourdins.  »

Une autre technique pour eux d’opérer est d’occuper les rues en simulant des bagarres entre eux avant d’agresser passants et commerçants sur souvent une distance de 500m voir plus. Ils n’hésitent pas à taillader ou poignarder les victimes récalcitrantes. Une scène pareille a été vécue le 16 aout dernier à Yopougon où toute une rue a subi la furia des microbes qui ont même fait preuve d’audace en marquant escale dans un maquis, dépouillant au passage clients et tenanciers avant de continuer leur chemin.

Selon le chef du Centre de commandement des opérations de sécurité, Ccdo, le commissaire Youssouf Kouyaté, « Ces gamins prennent leur inspiration dans les fumoirs. Ils prennent leur dose de drogue grâce au fruit de leurs agressions ».

Ainsi ils troublent la quiétude des habitants ces « microbes » qui ont infesté les quartiers Abidjanais obligeant les habitants à se terrer parfois dès la tombée de la nuit. Si leur jeune âge leur assure la générosité de la justice certains observateurs leur attribut un protectorat au sein des syndicats de transporteurs voir même des FRCI (Forces républicaines de Côte d’Ivoire) qui les utiliseraient par moments pour des sales besognes.

Fulbert KOFFI
© OEIL D’AFRIQUE

Fulbert Koffi

Fulbert Koffi

Journaliste Oeil d'Afrique, basé à Abidjan (Côte d'Ivoire), spécialiste des dossiers politiques et sociaux culturels.


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1 commentaire

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  1. momo
    momo 18 septembre, 2016, 01:38

    C’est vraiment déplorable le gouvernement ne réagit pas vraiment face à cet phénomène quant on parle d’émergence il y a aussi la sécurité t’ai obligé de rentré chez toi comme un voleur. vraiment éradiquer cet phénomène

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