Africom, l’Otan africaine: un projet de Bush repris par Barack Obama

Africom, l’Otan africaine: un projet de Bush repris par Barack Obama

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Les Etats-Unis bâtissent une « Otan africaine ». Un projet de l’administration Bush que Barack Obama a su reprendre à son compte. 

La bannière étoilée a flotté cet été sur la base militaire de Thies, à soixante-dix kilomètres à l’est de Dakar. Les exercices Western Accord 2012 y ont réuni six cents Américains (Marines, réservistes de la Garde nationale), près de six cents Africains (Sénégalais, Burkinabés, Guinéens, Gambiens) et quelques Français, pour faire bonne mesure. But officiel : « développer la compréhension et l’interopérabilité » entre pays africains, en vue d’actions de « maintien de la paix ». Sur le blog du commandement américain en Afrique (Africom), on peut cependant lire qu’il s’agissait aussi de « promouvoir et soutenir les intérêts nationaux des Etats-Unis ».

Thies n’est qu’un élément dans un dispositif beaucoup plus large. Au total, l’Africom a organisé quatorze exercices militaires en Afrique pour le printemps et l’été  2012 : du Maroc à l’Afrique du Sud, du golfe de Guinée au littoral de l’océan Indien. Tous les cas de figure ont été abordés : combats terrestres, navals et aériens, logistique,« sécurisation » d’un territoire, aide médicale et humanitaire (corollaire inévitable d’éventuels affrontements). Les personnels apprennent à travailler ensemble, en dépit des différences culturelles ou linguistiques. Ils sont initiés aux armements les plus modernes, à la gestion informatisée du champ de bataille. Et à penser « stratégiquement ».

Un exemple. Au Mali, l’un de ces exercices – Atlas Accord, portant sur la planification logistique et le ravitaillement par voie des airs – s’est déroulé au moment même où les rebelles touaregs du MNLA puis les islamistes d’Ansar Dine s’emparaient de l’Azawad : 40 % du territoire national. Il n’a pas été question de le suspendre, de le reporter, ni a fortiori d’utiliser les hommes ou les matériels disponibles pour engager immédiatement une contre-offensive contre les rebelles. Penser stratégiquement, en l’occurrence, consistait à distinguer entre le court et le long terme.

Jusqu’aux dernières années du XXe siècle, les Etats-Unis se félicitaient du maintien d’une présence française en Afrique : dans les anciens territoires français, mais aussi les anciens domaines belge ou portugais. Cela les dispensaient de s’engager eux-mêmes directement sur un cinquième théâtre extérieur : après l’Europe, la région Caraïbes et Amérique latine, le Proche-Orient et l’Extrême-Orient.

Mais dans les années 2000, un chassé croisé se produit : alors que Paris réduit ses engagements africains, pour des considérations à la fois politiques – fin de la« Françafrique » –  et budgétaires, Washington renforce les siens. L’administration républicaine George W. Bush, dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme », met sur pied un commandement régional africain, d’abord sous l’égide du commandement américain en Europe, puis en tant que commandement à part entière. Le secrétaire à la Défense Robert Gates annonce officiellement la création de l’Africom en février 2007 ; la mise en service est effective un an et demi plus tard, le 1er octobre 2008.

Interface africaine : la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao en français, Ecowas en anglais). Cette organisation créée en 1975, qui réunit quinze Etats, tant francophones qu’anglophones et lusophones, a d’abord été conçue comme une réplique africaine de l’ancienne Communauté économique européenne (CEE). Mais depuis une quinzaine d’années, elle assume également des fonctions politiques. Ou militaires : avec une organisation parallèle connue sous son acronyme anglais d’Ecomog. Créée en 1999, celle-ci était chargée à l’origine de fournir des contingents  de « casques blancs » africains afin de gérer d’éventuelles situations de crise. A travers son partenariat américain, elle fait figure d’embryon d’armée confédérale africaine, susceptible non seulement de « surveiller » mais aussi d’ « intervenir ». Détail révélateur : deux Etats anglophones extérieurs à la Cedeao, l’Ouganda et la Tanzanie, en font partie.

En novembre 2008, Barack Obama est élu président des Etats-Unis. En tant que leader de l’aile gauche démocrate, il s’était constamment opposé à la politique étrangère et de défense des républicains : en 2003, il avait notamment refusé de soutenir l’intervention militaire en Irak. Mais une fois élu, il se comporte de façon bipartisane : il maintient Gates dans ses fonctions et entérine la plupart des choix de ses prédécesseurs. Notamment en Afrique. C’est sous son administration que l’Africom a véritablement pris son essor.

Ce qu’il faut bien appeler la « doctrine Bush-Obama sur l’Afrique » repose sur quatre idées forces :

° La nouvelle ruée sur l’Afrique : le continent noir possède 30 % des réserves mondiales prouvées en minéraux. Elle détient 9 % des réserves prouvées de pétrole. En ce qui concerne le gaz naturel, elle pourrait passer de 5 % des réserves prouvées à 10 %, si les dimensions d’un nouveau gisement découvert début 2012 sur les côtes de l’océan Indien (dans la zone Kénya-Tanzanie-Mozambique-Seychelles) sont confirmées.

Naguère encore, une dizaine de pays anciennement industrialisés se partageaient 70 % de ces ressources. Et parmi ces bénéficiaires, les Etats-Unis et leurs partenaires occidentaux étaient les plus importants. Mais aujourd’hui, la demande « explose ». Selon l’OCDE, la production mondiale de métaux devrait quasiment doubler entre 2002 et 2020, de 5,8 milliards de tonnes à 11,2 milliards. Et la production mondiale de minéraux non-métalliques devrait croître, pendant la même période, de 50 % : de 22,9 milliards de tonnes à 35,1 milliards. Si la répartition de la demande reste stable en ce qui concerne les premiers (un tiers pour les pays de l’OCDE, un tiers pour les BRIICS ou pays émergents, un tiers pour le reste du monde), elle se modifie nettement pour les seconds : la part de l’OCDE chute de 55 % à 43 %, celle des BRIICS passe de 26 % à 36 %.

Cette demande accrue fait monter les prix. Elle a également des incidences stratégiques. Avoir accès aux ressources naturelles, c’est faire tourner son industrie et son commerce. Contrôler cet accès, c’est être en mesure  – en dernier ressort – de faire la guerre.« L’engagement américain en Afrique ? », notait dès 2007 Stephanie Hanson, une analyste du Council on Foreign Relations (CFR), « C’est d’abord une riposte à la pénétration chinoise ». Une logique analogue s’applique aux ressources agricoles et halieutiques africaines. Là aussi, la demande mondiale s’accroît – et le contrôle de la production ou de la commercialisation peut revêtir des aspects stratégiques. Les deux guerres mondiales ont été gagnées par les belligérants les mieux nourris.

° L’Afrique est l’un des paramètres démographiques du XXIe siècle. Sa population devrait passer de 900 millions d’habitants au début des années 2000 à 1,2 milliard d’ici la fin des années 2010, et continuer à croître jusqu’aux années 2050 au moins. Elle a passé le seuil du milliard en 2010. Elle est plus peuplée, à elle seule, que l’Europe et l’Amérique du Nord réunies. Et cette population est en majorité jeune (moins de vingt-cinq ans), tandis que les populations occidentales mais aussi asiatiques seront en majorité vieilles (plus de quarante-cinq ans).

Première conséquence : une forte émigration, qui devrait se diriger en priorité vers les pays occidentaux, avec lesquelles les pays africains ont vécu en symbiose depuis près de deux siècles. Corollaire : une influence africaine accrue sur les politiques intérieure et extérieure des pays occidentaux : les immigrés récents ne faisant que renforcer des communautés afro-européennes ou afro-américaines installées de longue date. L’entrée de ministres d’origine africaine dans le gouvernement français en 2007, l’élection d’un président afro-américain aux Etats-Unis en 2008, sont des signes. De même que l’africanisation du clergé dans les pays catholiques européens.

Deuxième conséquence : dans une économie mondialisée, l’Afrique du XXIe siècle devrait être à la fois un bassin de main d’œuvre et un marché. Donc, pour les autres régions du monde, un facteur de croissance, comme l’Asie l’a été depuis les années 1980

° Mais politiquement et géopolitiquement, l’Afrique est un « ventre mou ». Plus d’un demi-siècle après la décolonisation, les Etats africains sont fragiles. Certains ont cessé de fonctionner en tant que tels. D’autres ne contrôlent qu’une partie du territoire que leur attribue les conventions internationales. La plupart ont été ravagés par des guerres civiles, interétatiques (d’Etat à Etat) ou transétatiques (affectant des régions géographiquement ou ethniquement proches, mais qui relèvent théoriquement d’Etats distincts).

La conclusion s’impose d’elle-même, à Obama comme au reste de la classe politique de Washington : si l’Amérique veut « garder » l’Afrique, elle doit la sécuriser. De même qu’il lui avait fallu, autrefois, sécuriser l’Europe à travers l’Otan et l’Asie à travers  divers réseaux d’alliance.

© MICHEL GURFINKIEL & Valeurs Actuelles, 2012

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2c ommentaires

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  1. PAPY ELOKO ILUKU
    PAPY ELOKO ILUKU 30 octobre, 2012, 07:48

    je n’ai pas bien saisie la conclusion de vos analyses sur la propriété de l’Afrique,votre vision sur la mondialisation ou la domination ou encore l’esclavagisme économique me semble être flous.donc selon vous seules les puissances occidentales doivent rester maitre du monde dont la terre et tous ses habitants doivent appartenir?non!on doit avoir besoin des autres pour un bonheur réciproque.je vous croyait dire si les nations unies veulent maintenir la paix et la justice dans le monde,il faut démocratiser l’Afrique en lui apprenant comment faire régner le droit de l’homme,la justice sociale et distributive dont la thermomètre de gouvernance sera le résultat avec élections organisées de façon libre et véritablement indépendante,au cas contraire,l’africom tranchera au profit de la majorité d’électeurs!aujourd’hui les liens entre l’Afrique et l’occident sont très étroits(déjà une famille est constituée,un mariage solidement soudé),le vivre ensemble nous a uni,ce que je souhaite,c’est de voir un jour un président d’un pays africain,mais qui soient d’origine occidentale comme en rd congo nous avions élu chaloupa comme député si kabila n’aurait pas tout tripoter avec son injustice et fraude électorale massive!

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  2. GRILA
    GRILA 26 juin, 2013, 20:36

    Africom go Home
    AFRICOM hors d’Afrique
    Hands off Africa
    Ni en Allemagne, ni en Afrique
    Déclaration à l’occasion du cinquantenaire de l’unité africaine
    «Nous, Chefs d’État et de Gouvernement africains réunis à Addis-Abeba, Ethiopie ; Convaincus que les peuples ont le droit inaliénable de déterminer leur propre destin ;Conscients du fait que la liberté, l’égalité, la justice et la dignité sont des objectifs essentiels à la réalisation des aspirations légitimes des peuples africains ; Sachant que notre devoir est de mettre les ressources naturelles et humaines de notre continent au service du progrès général de nos peuples dans tous les domaines de l’activité humaine ;…»
    Que reste-t-il de cette charte rédigée par Modibo Keita et Sylvanus Olympio et endossée par trente trois jeunes pays désormais le 25 Mai 1963 ? La charte donnait existence à l’OUA qui n’a pas pu réaliser l’unité continentale. Cinquante ans plus tard, l’Union africaine a remplacée l’OUA, mais l’Afrique lutte encore pour sa pleine souveraineté. Elle demeure empêtrée dans une division internationale du travail injuste entretenue par un ordre impérialiste qui s’interpose résolument contre le panafricanisme. Un récent rapport français de la défense considère que le panafricanisme est une menace pour les intérêts occidentaux.
    A l’occasion de ce cinquantième, nous citoyens Africain-Es, Allemand-Es t internationalistes exigeons que les pages du 19 et 20 ème siècle qui perdurent soient définitivement tournées en matière de recolonisation. En 1885, à Berlin, se scellait pour le capitalisme, au détriment du Congo, le premier espace de libre échange qui allait permettre d’autres arrangements coloniaux divisant le continent. En 2013, c’est de Stuttgart que l’AFRICOM veut s’étendre sur l’Afrique alors que des conflits géopolitiques, économiques et géostratégiques minent plus que jamais le continent. L’Allemagne, qui a tant l’expérience de la guerre, est aussi habitée de citoyen-Es qui la réprouvent et sont solidaires de notre effort anti-militariste. La constitution allemande interdit, en son article 26, de fourbir de son territoire une guerre ou de mener une agression susceptible d’affecter la paix entre les peuples. L’article 25 dispose que le droit international devient loi allemande, primant sur toutes les autres lois, et stipule toute atteinte au droit international comme anticonstitutionnelle. Depuis 2002, l’Allemagne dispose aussi d’un code « Völkerstrafgesetzbuch » qui introduit dans le droit allemand les crimes de droit international public. Il couvre notamment les notions de génocide, de crime contre l’humanité et de crime de guerre. Ces crimes octroient aux juridictions allemandes une compétence universelle pour les juger quelque soient la nationalité des auteurs ou le lieu des crimes.
    Nous aspirons donc tous et toutes à la paix, à la souveraineté et à la solidarité.

    Dans la lignée d’une politique expansionniste et agressive en Afrique, le commandement général des États-Unis pour l’Afrique, AFRICOM, lancé par l’administration de Bush Jr, prétend protéger la sécurité nationale des États Unis en renforçant les capacités de défense des États africains contre des menaces transnationales et y permettre un environnement favorable à un développement harmonieux . Il cherche à établir une base sur le continent africain en transférant l’AFRICOM qu’il positionne, depuis 2008 à Stuttgart en Allemagne. Là est aussi cantonné le U.S. Marine Forces Africa (MARFORAF) qui coordonne les frappes militaires et les manœuvres sur le continent.
    Cette perspective d’une base de l’AFRICOM en Afrique, pour l’instant rejetée par la plupart des pays du continent, en séduit quelques rares. Elle s’impose sur le mode du fait accompli, à mesure que progresse la stratégie d’endoctrinement, d’encerclement et de diffusion dans le continent et qu’y sont entretenus des foyers de tension. En effet l’AFRICOM, les dispositions de l’OTAN et des initiatives unilatérales de certains pays de l’OTAN comme la France se font dans l’intérêt exclusif des pays du centre et leurs compradors locaux. Cette base ne vise qu’à sécuriser, dans la durée et à leurs propres fins, nos matières premières et notre espace stratégique face à l’appétit des puissantes émergentes du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) et notre propre perspective d’unité. Aucun de ces pays de l’OTAN n’a besoin d’une base militaire aussi grande en Afrique. Non seulement ils disposent de plusieurs bases et facilités, mais vont où bon leur semble sur le continent, en raison de clauses bilatérales et autres arrangements connexes. La plupart des armées des pays africains ont été cooptées par les forces des États impérialistes et leurs milices privées et autres compagnies de sécurité. Ces forces de surcroit alimentent, directement ou indirectement, le péril terroriste qui prospère sur le terreau du sous-développement. Sinon, elles s’ingénient à freiner les avancées démocratiques comme en Afrique du Nord en fragilisant certains pays ou en soutenant par des pays alliés du Moyen–Orient des régimes rétrogrades. La mise sous tutelle de nos pays est très avancée, en raison de leur déstructuration par trois décennies d’ajustements structurels de désengagement de l’État, de gouvernance managériale, de diversion démocratique et de dépolitisation. Au niveau militaire, les pays africains sont dispersés, fragilisés et désunis sur les enjeux fondamentaux d’occupation entre autres au Congo, en Côte d’Ivoire, en Libye et au Mali. Le chantage d’instabilité menace autant le Soudan, l’Égypte, le Nigéria, la Tunisie, la Centrafrique que l’Algérie… Sur les théâtres d’opérations, l’ONU est instrumentalisée, laissant les coudées franches aux forces de l’OTAN. L’unité d’apparence des pays africains militarisés dans ces missions l’est surtout dans le sillage de l’impérialisme. Trente-six pays du continent ont d’ores et déjà envoyé se faire former à Washington la «prochaine génération de leaders du secteur de la sécurité» (ACSS- African Center for Strategic Studies). Ces hauts gradés viennent s’insérer dans un dispositif de renforcement des capacités opérationnelles et militaires sous l’AFRICOM’s Theater Security Cooperation programs (TSCP). Africa Contingency Operations Training and Assistance (ACOTA) program complète ces programmes de formation de la troupe et s’insinue jusque dans la formation multilatérale de pacification onusienne. Depuis une dizaine d’années, une quantité toujours plus grande d’armées africaines participent annuellement aux manœuvres FLINTLOCK de lutte antiterroriste en Afrique du Nord et de l’Ouest. AFRICA ENDEAVOR est quant à elle une manœuvre dans le secteur de la communication d’intelligence. CUTLASS EXPRESS sont des manœuvres maritimes censées contenir les trafics en tout genre dans l’Afrique de l’Est et l’océan Indien.
    Certes, il y a une insécurité inhabituelle sur le continent pour prétexter tant d’élans belliqueux. De plus en plus de noyaux, de nature terroriste ou d’aventuriers politiques, existent et disposent de leur propre agenda, nuisant autant à «l’ordre du monde» qu’aux pays africains. Mais, ce sont des épiphénomènes. Le plus souvent, les origines des conflits, que ces puissances disent enrayer, découlent de l’échec du développement et de la pauvreté, des incidences de leurs propres politiques, de délinquances et trafics issus de conflits perdurant, de l’instrumentalisation du désordre, d’intérêts liés à leurs Juniors. Les Juniors sont de petites firmes multinationales qui s’acoquinent aux nébuleuses de rebellions ou de terroristes pour l’accès aux ressources. Les accointances avec les forces étrangères, qui viennent ensuite ‘libérer’ les zones contentieuses, font partie de la stratégie du tout sécuritaire validant la militarisation. Plusieurs régimes politiques de nos pays participent à ce brigandage, ou alors sont soumis aux chantages des conditionnalités des libéralisations et des ressources extractives.

    La mise sous tutelle de nos armées nationales, ou ce qui en reste, et la perspective de voir déménager en Afrique la base de l’AFRICOM ainsi que la recrudescence des interventions militaires françaises ou autres hypothèquent toute réelle intégration africaine. L’Afrique est progressivement insérée de force sous le parapluie de l’OTAN. L’AFRICOM aide l’OTAN et réciproquement sans que ne soient plus discernables leurs nuances. Ce début mai, le secrétaire général de l’OTAN Rasmussen a reçu à Washington le « Distinguished Leadership Award » du Conseil atlantique. L’AFRICOM comme l’OTAN quadrillent le continent, sophistiquant une politique qui remonte à loin. Les entraves aux indépendances et renversements de régimes progressistes ; l’échec de l’endiguement de la lutte contre l’apartheid ; les errements de la politique américaine en Somalie et au Soudan et ses tractations avec El Qaeda et les attentats jihadistes avant ceux du 11 septembre et la politique dite anti-terroriste qui en a découlé en sont quelques moments historiques. En 2002, c’est l’initiative pan sahélienne anti-terroriste avec quatre pays sahéliens. Elle est portée trois ans plus tard à TSCTI Trans-Saharan Counter-Terrorist Initiative qui adjoint cinq pays de plus. L’EACTI East Africa Counter-Terrorist Initiative prolonge pour l’Afrique de l’Est en englobant six autres pays. Dans la même année 2005, l’OTAN est venue assister l’Union africaine au Darfour. Deux ans plus tard, elle confectionne l’étude qui sera la matrice des brigades des FAA, forces africaines en attentes, censées maintenir la paix continentale et qui serait opérationnelle en 2015. Ceci est un déni de la souveraineté continentale. L’OTAN et l’AFRICOM n’ont en réalité pas besoin de plus que leur actuel officier de liaison militaire de haut rang (SMLO) agissant comme point de contact des activités avec l’Union africaine.
    Nous devons absolument générer un sursaut internationaliste et panafricaniste afin que nos élites et nos peuples comprennent que la militarisation de l’Afrique est une impasse. Elle attise et attire plutôt les conflits. La souveraineté de l’Afrique passe par le démantèlement de toutes les bases étrangères, par l’avènement d’une armée continentale vouée à la défense du seul sol continental et au maintien de la paix, de style Africa Pax. Ceci suppose une intégration continentale autocentrée tournée vers le progrès social qui va justement à contre-courant de la cooptation et la transformation de nos armées en supplétifs. Ceux-ci sont chargés d’éteindre des conflits le plus souvent instrumentalisés par «l’ordre mondial » pour l’accès aux ressources naturelles. Nous devons avant tout compter sur notre propre unité, et sur la défense des intérêts de nos peuples et ne pas escompter que l’OTAN ou l’AFRICOM le feront pour nous. Ainsi seulement sera assurée la maîtrise de notre propre accumulation et que le développement intégré du continent sera enfin concrétisé.
    Toutes et tous pour la repolitisation citoyenne et panafricaine de notre jeunesse.
    AFRICOM go home, L’Afrique aux Africain-Es.
    Plus de bases étrangères ni en Allemagne, ni en Afrique ;
    Non à la militarisation terroriste, et à la présence des bases étrangères, des Chagos à Diego Garcia en passant par Libreville, Sao-Tomé , Ceuta, Ndjamena, Djibouti ou Tripoli… ;
    Non à l’assaut généralisé sur les ressources naturelles et terres agricoles Africaines par des multinationales ;
    Non aux dirigeant-Es qui subordonnent l’Afrique à l’impérialisme ;
    Pour une transformation démocratique et populaire de l’UNION AFRICAINE ;
    Vive la décolonisation définitive de l’Afrique unie et indivisible.
    Africaines, Africains, ami-Es internationalistes Debout pour la défense du continent africain.
    Groupe de recherche et d’initiative pour la libération de l’Afrique (GRILA) ;
    Ont endossé la Déclaration AFRICOM Hors d’Afrique :
    Forum du Tiers Monde (Samir Amin ; Bernard Founou)
    HANKILI SO AFRICA (Koulsy Lamko)
    AfricAvenir International
    Black Agenda Report (Glen Ford)
    Arbeitskreis Panafrikanismus München (Dipama Hamado)
    Revival of Panafricanism Forum (RPF) (Gnaka Lagoke)
    INSTITUT TUNISIEN DES RELATIONS INTERNATIONALES (ITRI) (Ahmad Manai)
    Yash Tandon, Former Executive Director of the South Center
    Diasporic Music on Uhuru Radio
    Network for Pan Afrikan Solidarity – Ajamu Nangwaya, University of Toronto
    Emira Woods – IPS
    Forum Africain des Alternatives
    ARCADE- Africaine de Recherche et de Coopération pour l’Appui au Développement Endogène, (Demba Dembélé)
    Afrika Kulturprojekte e.V.
    Fondation Frantz Fanon (Mireille Fanon- Mendes-France)
    Dr Horace Campbell – Syracuse University
    Dr Saër Maty Bâ – Somerset, United Kingdom;
    Dr Sanou Mbaye, Economist, U.K., Senegal
    Dr. Boniface Mabanza (Kirchliche Arbeitsstelle Südliches Afrika KASA)
    Dr Amzat Boukari-Yabara (Ligue Panafricaine – Umoja)
    AG Friedensforschung, Dr Werner Ruf
    Berlin Postkolonial e.V. (Mnyaka Sururu Mboro und Christian Kopp)
    Dipl.Afrikanistin (Ginga Eichler)
    Dr. Lutz Holzinger, (Journalist and Writer in Vienna)
    Ababacar Fall, Dakar Senegal
    Dr Henning Melber, The Dag Hammarskjöld Foundation, Uppsala/Sweden
    Komitee für Grundrechte und Demokratie: Wolf-Dieter Narr:
    Joanès Louis (Université Populaire Kwame Nkrumah)
    Vorsitzender, Werner Kersting
    NKEN NDJENG Philippe, EHESS, Paris
    Carina Ray, Assistant Professor, Fordham University
    African Challenge
    Hans-Peter Laubentha
    Dr. Bärbel Schindler-Saefkow, Deutscher Friedensrat e.V
    Elikia M’Bokolo, Directeur d’Etudes, EHESS
    Siegfried Wittig, Berlin
    Afrika Netzwerk Bremen
    Wikopuli, Andreas Schlüter
    Marita Blessing, MenschenEchte!-KreAktiv
    Marika Bruhns
    Wade Mbaye Thioune, Urbaniste
    Glokal e.V., Daniel Bendix
    Alice Cherki, Psychiatre, Psychanalyste
    Dr. Werner Ruf , Chattenweg 32
    Evelyn Dürmayer, Kleeblattgasse
    Dr. Helmut Küster, Germany

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