AFRIQUE DU SUD. Le bras de fer continue après le massacre

AFRIQUE DU SUD. Le bras de fer continue après le massacre

Des mineurs retirent des barbelés à la mine de Marikana le 18 août 2012
© AFP

L’exploitant de la mine, où 34 personnes ont été tuées par la police, a lancé un ultimatum aux grévistes pour qu’ils reprennent le travail.

Trois jours après le massacre de la mine de platine de Marikana, dans le Nord de l’Afrique du Sud, où 34 mineurs ont été tués par la police, l’émotion n’est toujours pas retombée. L’exploitant Lonmin a pourtant menacé dimanche 19 août de licencier les grévistes qui ne reprendraient pas le travail le lendemain matin.

Les mineurs, qui réclament toujours de substantielles augmentations de salaires, semblent majoritairement prêts à rejeter cet ultimatum, en mémoire de leurs camarades tués. « L’ultimatum final a été repoussé au lundi 20 à la suite des événements de jeudi », a indiqué Gillian Findlay, porte-parole de Lonmin. Il « donne aux employés une dernière chance de reprendre le travail ou de s’exposer à un possible licenciement ».

« S’attendre à ce que nous retournions au travail, c’est comme une insulte. Beaucoup de nos amis et collègues sont morts et on s’attendrait qu’on reprenne le travail ? Jamais ! », s’emporte Zachariah Mbewu, assurant qu’aucun de ses camarades mineurs ne se présentera à son poste lundi. « Il y a des gens en prison et à l’hôpital. Demain, on retourne sur la montagne mais on ne descend pas dans la mine, à moins que les patrons nous donnent ce qu’on réclame ».

« Nous attendons que la direction s’exprime. Demain nous ne reprendrons pas le travail s’ils n’écoutent pas nos exigences d’augmentation de salaire », poursuit Fezile Magxaba, un contremaître de Marikana. « Des gens sont morts. On est en colère. Si on reprenait le travail, ce serait comme s’ils étaient morts pour rien ».

La « montagne » est une petite colline proche de la mine où les mineurs s’étaient rassemblés au début de leur mouvement lancé le 10 aout, jusqu’à la fusillade de jeudi, qui a fait 34 morts et 78 blessés. Les mineurs, qui touchent en moyenne 4.000 rands (400 euros) par mois, réclament 12.500 rands (1.250 euros), soit plus qu’un triplement de leur salaire.

« La nation est sous le choc »

Une enquête doit déterminer les circonstances exactes du déclenchement de la fusillade. La police affirme avoir agi en état de légitime défense face à des mineurs qui chargeaient, brandissant des machettes et des lances.

Autour des misérables baraquements, les forces de l’ordre se font discrètes dimanche. Les gens semblent vaquer à leurs occupations quotidiennes, mais la colère reste vive.

Dans le pays, les commentaires politiques vont bon train, accusant notamment le président Jacob Zuma d’avoir été passif tout au long de la crise. Ce dernier a décrété une semaine de deuil national. « La nation est sous le choc et dans la peine », a-t-il déclaré.

« Cette semaine (…) nous devons nous unir contre la violence, quelle qu’elle soit. Nous devons réaffirmer notre foi en la paix, la stabilité et l’ordre, et dans la construction d’une société solidaire débarrassée du crime et de la violence ». Jacob Zuma a par ailleurs annoncé la composition d’une commission inter-ministérielle chargée d’enquêter sur la tragédie.

AFP 

 

Bona

Bona

L'actualité africaine n'a pas de secret pour moi. Toujours à l'afflux, je ne loupe rien.


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