Afrique du Sud: un millier d’immigrés fuient leurs maisons après des attaques xénophobes

Afrique du Sud: un millier d’immigrés fuient leurs maisons après des attaques xénophobes
La police évacue des immigrants qui ont fui leurs maisons après une série d'attaques violentes à Durban le 8 avril 2015

La police évacue des immigrants qui ont fui leurs maisons après une série d’attaques violentes à Durban le 8 avril 2015|AFP

Un millier d’immigrants ont fui leurs maisons après une série d’attaques violentes depuis trois jours à Durban (est), a indiqué la police sud-africaine jeudi.

Les immigrants, africains pour la plupart, ont été hébergés dans des postes de police et des tentes, des habitants du grand port sud-africain s’étant juré de les expulser.

« Ils disent qu’ils ont été obligés de quitter leurs maisons par les habitants et ils sont venus parce qu’ils craignaient pour leur vie », a déclaré à l’AFP le porte-parole de la police Thulani Zwane.

La situation est tendue depuis lundi, mais il n’y a eu aucune victime selon la police.

Les forces de l’ordre ont dispersé mercredi une marche de ressortissants étrangers qui protestaient contre les violences, tirant des gaz lacrymogènes et utilisant des canons à eau. La police a expliqué que la manifestation n’avait pas été autorisée.

« Ils avaient été informés par écrit la veille (mardi) ne pas manifester pour des raisons de sécurité », a expliqué le porte-parole de la police métropolitaine de Durban Eugene Msomi.

Une première poussée de violence avait mis à la rue quelque 250 immigrés, pour la plupart venus de République démocratique du Congo, le 31 mars au sud de Durban.

Ces événements sont survenus quelques jours après que le roi des Zoulous Goodwill Zwelithini, la plus haute autorité traditionnelle du KwaZulu-Natal –la province où est située Durban–, eut appelé les étrangers à « faire leurs bagages et quitter » l’Afrique du Sud.

Le propre fils du président Jacob Zuma, Edward, lui a donné raison quelques jours plus tard.

Les exactions contre les étrangers sont courantes en Afrique du Sud.

Une explosion de violences avait fait 62 morts en 2008. La situation s’est nettement calmée depuis, mais des incidents sporadiques n’ont jamais cessé dans les townships, visant surtout des Bangladais, des Somaliens et des Ethiopiens, dont les magasins sont régulièrement pillés.

Plusieurs centaines de boutiques tenues par des immigrés ont notamment été mises à sac en janvier à Soweto, le grand township de Johannesburg, des troubles qui ont fait une demi-douzaine de morts.

Les petits commerçants étrangers sont très nombreux dans les quartiers populaires sud-africains, où ils tiennent des épiceries et toutes sortes d’échoppes.

Les agresseurs sont souvent des concurrents locaux –qui les accusent de casser les prix– ou des chômeurs leur reprochant de voler le travail des Sud-Africains.

AFP

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