Afrique du Sud: Zuma contredit son vice-président, sur fond de guerre des chefs à venir

Afrique du Sud: Zuma contredit son vice-président, sur fond de guerre des chefs à venir
Zuma contredit son vice-président

Le président sud-africain, Jacob Zuma, le 18 septembre 2012 à Bruxelles
© AFP/Archives Thierry Charlier

Le président sud-africain Jacob Zuma a publiquement contredit lundi son vice-président Kgalema Motlanthe, qui avait évoqué un déclin du pays, alors que le prochain congrès de l’ANC pourrait tourner au bras de fer entre les deux hommes.

« C’est une déclaration plutôt malheureuse, a déclaré le chef de l’Etat, interrogé par la presse étrangère sur les propos de son vice-président: « L’Afrique du Sud est un pays au travail. Nous ne sommes pas à un point de basculement, (dire cela) est un incompréhension totale de notre situation ».

Lundi matin, le quotidien Business Day avait rapporté des propos du vice-président Motlanthe affirmant que l’ANC, le parti au pouvoir depuis la chute de l’apartheid en 1994, était « à un point de basculement », et que le pays lui-même était « dans l’ornière ».

« L’Afrique du Sud, en tant que jeune démocratie et nation nouvelle, s’en tire remarquablement bien », a dit Jacob Zuma: « Je pense que l’Afrique du Sud est en marche. Je pense qu’il n’est pas correct de regarder de pays de cette façon (…) Nous ne sommes pas sur le fil du rasoir ».

La crise sociale dans les mines, qui a frappé l’économie du pays depuis août, a fait dire à certains analystes que l’Afrique du Sud était désormais à un seuil critique de son développement. L’agence Standard and Poor’s a abaissé le 12 octobre la note de l’Afrique du Sud.

La crise a également ranimé les rumeurs de luttes intestines au sein de l’ANC, M. Motlanthe étant désormais présenté comme un challenger possible de M. Zuma pour la présidence du parti lors du congrès électif de l’ANC en décembre. En cas de victoire, il deviendrait presque automatiquement le candidat de l’ANC pour le poste de chef de l’Etat en 1994.

Dans une interview publiée lundi par le Financial Times, M. Motlanthe indique clairement que le temps est venu de renouveler l’ANC. « Il n’y a aucun doute que nous avons besoin d’un renouveau, ou alors nous allons vers le déclin ».

L’ANC, parti de Nelson Mandela, a bâti tout son crédit sur la lutte contre l’apartheid, mais son bilan insuffisant après 18 ans de pouvoir fait peu à peu oublier son passé glorieux, et les jeunes générations sont moins sensibles au prestige historique du parti.

« L’ANC doit trouver un moyen de reprendre contact avec cette génération », assène le vice-président, « si nous ne le faisons pas, ils ne verront pas l’ANC comme leur parti politique naturel ».

Motlanthe n’a pas annoncé clairement qu’il entrait en campagne contre Zuma, mais ses commentaires sont très inhabituels pour un haut dignitaire de l’ANC, un parti où la discipline est érigée en vertu primordiale.

Avec AFP

Bona

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