Afrique du Sud: Zuma plaide de nouveau en faveur des tribunaux traditionnels

Afrique du Sud: Zuma plaide de nouveau en faveur des tribunaux traditionnels

Le président sud-africain Jacob Zuma, le 30 octobre 2012 à Pretoriat
© AFP/Archives Stephane de Sakutin

Le président sud-africain Jacob Zuma a de nouveau plaidé en faveur du renforcement des tribunaux traditionnels, estimant que « les problèmes africains » ne doivent pas être réglés « à la façon de l’homme blanc », rapporte vendredi le quotidien Sowetan.

« Résolvons nos problèmes africains de façon africaine, et non à la façon de l’homme blanc », a déclaré le chef de l’Etat lors d’une rencontre avec des chefs traditionnels jeudi soir, selon le Sowetan.

Son intervention visait à soutenir un projet de loi actuellement débattu au parlement, et très controversé, qui prévoit de renforcer les tribunaux traditionnels où les chefs coutumiers sont à la fois juges, procureurs et médiateurs, où il n’y a pas d’avocat et dont les décisions ne sont pas susceptibles d’appel.

« Ne nous laissons pas influencer par d’autres cultures, en pensant que des avocats vont nous aider. (…) Nous sommes africains, nous n’allons pas nous transformer pour devenir quelque chose d’autre », a lancé le président, grand défenseur du droit coutumier, qui lui permet notamment d’être polygame et d’avoir actuellement quatre épouses.

« Notre point de vue, c’est que la nature et le système de valeurs des tribunaux traditionnels, qui vise à promouvoir la cohésion sociale et la réconciliation, doivent être reconnus et renforcé par cette loi », a-t-il ajouté.

Les adversaires du projet accusent le pouvoir de vouloir créer une justice à deux vitesses, pénalisant notamment les femmes et les habitants des campagnes, et rappelant in fine le système de l’apartheid, où Blancs et Noirs n’étaient pas justiciables devant les mêmes tribunaux.

Environ 19 millions de Sud-Africains vivent sous le régime coutumier, essentiellement à la campagne. Ces juridictions sont habilitées à juger des affaires du ressort d’un tribunal correctionnel, vol, violences conjugales, conflits entre communautés, mais pas les crimes les plus graves comme le meurtre.

Mqoqi Ngcobo, un chef/juge traditionnel, défendait récemment le projet de loi dans un interview à l’AFP dans ces termes: « Ici, nous pratiquons une justice de réparation, alors que les tribunaux et leurs magistrats pratiquent la punition. Ici, les gens arrivent ennemis et repartent amis. »

L’Alliance pour la démocratie rurale, une association qui milite pour faire jeter le texte aux oubliettes, somme le pouvoir de réaffirmer qu’il y une seule loi dans une même nation, un « principe qui constitue une rupture fondamentale avec les tentatives de l’apartheid et de la colonisation de ghettoïser certaines parties de notre pays sur la base de leur race et de leur lieu de vie ».

Avec AFP

Bona

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