ALTERNANCE EN RUSSIE : Poutine, cet Africain qui s’ignore

ALTERNANCE EN RUSSIE : Poutine, cet Africain qui s’ignore

Le nouveau président Vladmimir Poutine et le nouveau Premier ministre Dmitri Medvedev, accompagnés de hauts dignitaires russes et étrangers, ont assisté à cette célébration.

L’ancien président russe Vladimir Poutine a signé hier et ce, pour la troisième fois, son retour aux affaires. Pour un observateur bien averti de la scène politique russe, cette parousie, n’est ni plus ni moins qu’un jeu dont la finalité est de piéger l’alternance. En effet, après avoir fait deux mandats consécutifs, et comme la loi n’en autorise que deux, il a quitté le Kremlin sans essayer de tordre le cou à la Constitution pour briguer un troisième mandat. Mais en politicien madré, Poutine a mis tous les stratagèmes en place pour revenir au pouvoir en se faisant remplacer par un de ses plus fidèles, Dmitri Medvedev. Lequel lui avait d’ailleurs confié le poste de Premier ministre.

Ce petit ‘’recul’’ de 4 ans a suffi à l’ancien agent du KGB pour regagner son fauteuil présidentiel par le biais des élections de mars dernier, sans être en porte-à-faux avec la loi de son pays, ni apparaître aux yeux du monde comme un dictateur. Et pourtant, on le sait, cette mise en scène est bien l’œuvre d’un dictateur qui aura dirigé son pays pendant plus d’une décennie d’une main de fer. En témoignent les arrestations d’opposants effectuées lors de son investiture. En se livrant à un tel jeu, on voit clairement que Vladimir Poutine ruse avec la démocratie et l’alternance. A y voir de plus près, c’est une démocratie à cheval entre l’Afrique et l’Occident. L’Afrique où des présidents tripatouillent des Constitutions pour se maintenir au pouvoir sans se soucier du respect de la loi, des intérêts de leurs peuples encore moins de leur image.

En la matière, les présidents qui respectent la limitation des mandats se comptent sur le bout des doigts. En Occident, même si dans certains pays la limitation des mandats n’est pas expressément écrite, aucun président en tout cas, pas dans ce XXIe siècle, ne sera tenté de s’éterniser au pouvoir. Lorsqu’un chef d’Etat finit ses deux mandats, il s’en félicite et remercie son peuple sans chercher outre mesure, à se maintenir au pouvoir. Et c’est cette sagesse qui devrait habiter Vladimir Poutine, cet Africain qui s’ignore car ses pratiques le mettent sur le même banc d’infamie que certains chefs d’Etat africains.

Au lieu de se livrer à un jeu de passe-passe, Vladimir Poutine gagnerait à emprunter le train de la démocratie. Enracinée au cœur de l’Europe, la Russie n’en demeure pas moins africaine, par ses mœurs politiques peu orthodoxes. Mais du fait de sa puissance économique, politique et militaire, personne ne se hasarde à critiquer sa pratique démocratique, comme on l ‘aurait fait pour un pays africain. Ainsi va le monde.

Dabadi ZOUMBARA

Bona

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L'actualité africaine n'a pas de secret pour moi. Toujours à l'afflux, je ne loupe rien.


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