Amnesty International dénonce les amputations au Nord du Mali

Amnesty International dénonce les amputations au Nord du Mali

Amnesty International dénonce la multiplication des châtiments corporels infligés « au nom de leur interprétation de la charia » par les islamistes armés dans le nord du Mali.

les amputations au Nord du Mali

Alhader Ag Almahmoud, 30 ans, éleveur touareg de la région de Gao, lors d’une conférence de presse d’Amnesty International à Bamako le 20 septembre 2012. Il a été amputé de la main droite.

Dans cliquer un rapport publié jeudi, « au Nord, le nombre de châtiments corporels (flagellations, amputations, lapidations à mort) imposés à des personnes accusées d’avoir commis des crimes par les groupes islamistes armés, à la suite de parodies de procès, ne cesse de croître ».

Le rapport rend compte d’une mission de 15 jours effectuée par une délégation d’Amnesty au Mali.

Depuis début août, « sept personnes accusées de vol ou de braquage ont été amputées à la suite de décisions expéditives », dans la région de Gao et à Tombouctou, a rappelé le chercheur Gaëtan Mootoo.

Témoignages

Alhader Ag Almahmoud, 30 ans, éleveur touareg de la région de Gao, au Mali, n’a plus de main droite. Accusé de vol de bétail, il a été amputé, en place publique, selon son témoignage recueilli à Bamako par l’équipe d’Amnesty International.

“Vers 15 heures, j’ai été emmené sur la place publique d’Ansongo. Des gens avaient été appelés pour assister à l’amputation. Ils m’ont fait asseoir sur une chaise, ils m’ont ligoté les pieds contre les pieds de la chaise, ils m’ont également ligoté le torse contre le dos de la chaise, mes avant-bras ont été attachés aux abords de la chaise. Puis le chef des Mujao a pris mon avant-bras droit et l’a ligoté avec une chambre à air de bicyclette, comme un garrot.

Il a tenu ma main droite avec sa main gauche. De sa main droite, il tenait un couteau. Il a dit « Allah Akbar » avant de commencer à couper mon poignet.” L’équipe n’a pas pu se rendre dans la partie nord du pays passée aux mains des groupes islamistes, mais a enquêté auprès de réfugiés à Bamako et dans la région de Mopti, dans le centre.

« Toutes les personnes amputées jusqu’à présent par le Mujao à Gao sont des noirs », dont « les mains et pieds amputés ont été exposés au commissariat de police », a affirmé un autre témoin cité par Amnesty.

Dans son rapport, Amnesty appelle les groupes islamistes armés à mettre un terme aux châtiments corporels, mais aussi aux violences, notamment sexuelles, qui se poursuivent à l’égard des femmes.

L’organisation dénonce aussi le recours aux enfants-soldats par les groupes armés, mais également par les milices d’auto-défense qui se sont constituées, dans le sud du pays, « avec l’accord et le soutien des autorités » dans la perspective de libérer le nord du Mali.

 



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