« An African City »: Histoire de cinq femmes africaines autour de l’argent

« An African City »: Histoire de cinq femmes africaines autour de l’argent

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Riche ou pas riche, les personnages de « An African City » connaissent les mêmes problèmes que tous les Ghanéens. Dès le premier épisode, il est question d’une coupure de courant qui dure trois jours. Mais, à travers cette série, la réalisatrice Nicole Amarteifio veut combattre des préjugés sur l’Afrique.

Elles parlent de tout, mais surtout d’amour et de sexe en anglais. L’une se plaint d’un amant qui sue des litres d’eau au lit, l’autre d’un type qui ronfle trop la nuit. Il est aussi question d’un partenaire péteur ou d’un gars qui laisse traîner des préservatif usagés (et remplis) dans des endroits improbables. D’après rue89.com, cette série, diffusée depuis février dernier sur YouTube, raconte l’histoire de Nana Yaa, Ngozi, Zainab, Sade et Makena, trentenaires, qui ont grandi aux Etats-Unis. Sauf Makena qui a passé sa vie entre Londres et le Kenya. 

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Ici, du moins dans la série, pas de Manolo Blanik comme «Sex and the City» de la fin  des années 90, mais des robes qui marient mode occidentale et tissu wax. Selon rue89.nouvelobs.com, le récit est dans la bande-annonce: Nana est la Carrie Bradshaw de la version occidentale, narratrice réfléchie et douce. Héroïne de la série;  Sade est la Samantha Jones, cynique, libre. Cette jeune femme assume son amour du sexe et de l’argent. Tout le contraire de Ngozi qui est Charlotte York, la fille naïve qui croit au grand amour, etc.

D’origine ghanéenne, Nicole Amarteifio, la créatrice de «An African City» relate les circonstances de la fabrication de la série. Alors qu’elle assistait à un cours de communication d’entreprise, une invitée du séminaire a commencé à parler de développement. Au Guardian, Nicole Amarteifio a raconté: «Cette femme américaine faisait une présentation sur le développement des communications et, chaque femme africaine qu’on voyait sur ses photos portait un pot sur sa tête et était à moitié nue, avec de simples strings de perles. Ça m’a vraiment agacé. Après ça, je suis allée voir mon prof et je lui ai dit: “Ça n’est pas l’histoire des femmes africaines. Ça n’en n’est qu’une part».

Pour Patrick Dumorine, président de l’association Ghana in France, la critique sur la «non représentativité» de ces personnages bourgeois est absurde et montre combien le regard posé sur l’Afrique est toujours un peu condescendant.

Ainsi, Nicole Amarteifio, par ailleurs consultante en communication, explique que «An African City» a été vu par dizaines de milliers de personnes au Ghana, au Nigeria, en Erythrée, aux Etats-Unis, au Kenya et enfin au Sénégal. Elle veut créer une nouvelle communauté en ligne et raconte s’être vu proposer de diffuser la saison 2 sur des chaînes européennes et américaines. 

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Rue89.com souligne, par ailleurs, que la série ne plaît pas à tout le monde. Dans les commentaires, certains reprochent aux dialogues d’être mal écrits et aux actrices de manquer de naturel. Autre critique récurrente: la série ne serait pas «représentative» de la (vraie) femme ghanéenne, le Ghana, pays dans lequel elle provient.

Baba Mballo
Oeildafrique.com

Baba Mballo

Baba Mballo

Journaliste à oeil d'Afrique, basé à Dakar (Sénégal)


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