Avoir 20 ans en 2013 à Goma (RDC)

Avoir 20 ans en 2013 à Goma (RDC)

« J’ai toujours été convaincu que si j’étudiais dur, assidu et concentré il s’ouvrait une lueur d’espoir pour moi après mes études, le mot chômage ne figurait nulle part dans mon vocabulaire. Pas de doute à ce sujet, j’avais l’habitude de taxer de naïfs les aînés qui m’ont précédé, j’avais oublié un facteur très important dans mon équation: la zone géographique dans laquelle je me trouvais, en d’autres termes, là où je vis, mon pays: le Congo. » Confession d’un jeune âgé de 28 ans et licencié en développement et planification depuis 2008.

La République démocratique du Congo compte plus de 70 millions d’habitants. On compte environ 10 millions d’habitants dont 60% sont âgés de 15 à 35. Curieusement la tendance est renversé avec 20% de travailleurs sous contrat et rémunéré mensuellement, 20% sont qualifié de commerçants et le 60% restant décrit comme la population jeune qui a la volonté et la force de travailler et de contribuer au développement du pays est au chômage. La plupart des jeunes trouvent cette situation normale.

Dans les rues de Goma les jeunes aiment avec tristesse raconter leurs déboires en ce qui concerne la recherche d’emploi. Désiré, nous explique qu’il compte pas moins de 100 candidatures déposées dans les agences ou ONG internationales se trouvant a Goma. » J’ai même élaboré un CV hors du commun, juste pour attirer l’attention des sélectionneurs, mais peine perdu, car si ma demande n’était pas rejetée, elle était utilisée comme usage de toilette, j’ai comme l’impression que mon nom commencer a gêner certains des sélectionneurs qui le voyait apparaitre. » déclare Désiré.

Pour rappel, la ville de Goma compte plus de 100 organismes internationaux depuis les différentes hostilités entre l’armée congolaise (FARDC) et des groupes rebelles.

Les jeunes de Goma sont également à d’autres difficultés: le népotisme et la corruption. Moïse, jeune universitaire en a fait le triste constat. « Très vite, j’ai réalisé que c’est seulement si vous étiez le fils, le neveu ou un ami proche de quelqu’un, que pouvez-vous espérer obtenir un poste. Si vous n’avez pas la chance d’être lié a une connaissance pareille, plus d’espoir pour vous, et puis, avec  l’argent pouvait acheter votre chemin parce que le personnel des ressources humaines demande souvent « un petit quelque chose » si vous voulez voir votre demande, aboutir. » Puis d’ajouter, « Je suis le fils d’aucun homme riche et je n’ai pas de « petit quelque chose » à donner. Tout ce que j’ai est mon niveau d’étude, mes expériences, ma détermination et ma motivation. »

Il continue son triste témoignage : « Découragé, déprimé et pire que tout, ralenti, je passais mes journées à dormir, à écouter la radio et boire de l’alcool pour effacer tout mes soucis jusqu’à ce qu’un jour, je pensais que je n’étais probablement pas le seul jeune homme dans cette situation, il y a probablement d’autres comme moi se trouvant dans la même situation. J’ai décidé de créer une structure des jeunes, qui n’est autre qu’un espace où les jeunes sans emplois et décourager peuvent échanger des idées et des conseils, mais aussi s’encourager mutuellement à ne pas abandonner. »

Aujourd’hui toutes ces difficultés, 200 jeunes qui ont rejoint organisation MARANATHA engagés dans différents projets environnementaux et bien d’autres, pour eux, cette espace est considéré comme leur unique atout et abris. Ils veulent être entendus par les décideurs de ce monde, parce qu’ils ont initié bon nombre des projets exécutés en majeur partie par des jeunes .

Et pour concrétiser leur travail avec cette équipe, ils ont développé un projet intitulé, STATION DE L’ÉNERGIE, qui vise à apporter la lumière facilement exploitable  d’énergie électrique dans les régions éloignées des sources habituelles de distribution électrique. Le principe est simple, les villageois viennent échanger une batterie vide à batterie pleine pour un coût très faible.

La «Staton-Energy » projet est basé sur un principe simple, efficace et robuste avec de petites éoliennes et des panneaux solaires qui ont une durée de vie de plus de 20 ans. Cet équipement a été conçu spécifiquement pour répondre aux critères de fiabilité et est donc parfaitement adapté pour fonctionner dans un environnement hostile sans entretien (désert aride au climat équatorial humide).

La «Station-Energy » projet est le point de départ pour développer des solutions énergétiques du futur, et le fournisseur de l’emploi chez les jeunes de la RDC.

Propos recueilli par Mwanza Kasongo
Envoyé spécial Goma/ODA


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