Bénin: Port obligatoire de casque dès le 1er avril l’effervescence

Bénin: Port obligatoire de casque dès le 1er avril l’effervescence

A la veille

Les taxi-motos au Bénin les "Zemidjain"

de l’entrée en vigueur de l’arrêté préfectoral instituant dans chaque département, le port obligatoire de casque pour les motocyclistes et assimilés de même que leurs passagers, les béninois retiennent leur souffle. Réticents, interrogatifs ou encore partagés pour la plupart, ils ne sont pas encore prêts à changer de mentalité, dans le même temps se dressent déjà les structures en charge de veiller à la mise en application de la décision. Ce dossier révèle que les autorités sont encore loin des résultats attendus. Mais la situation profite aux commerçants.

Impressions sur le port du casque

Ambroise Azo, conducteur de taxi-moto : « Notre climat ne nous permet pas de le porter à tout moment »

Je sais que le casque protège la tête en cas d’accident. Mais le climat de notre pays ne nous permet pas de le porter à tout moment. Regardez par exemple, ces moments de chaleur intense ! Je porte le casque malgré moi, puisque ça dégage assez de chaleur et pour nous les conducteurs de taxi-motos qui devront le porter toute une journée, imaginez ! C’est Dieu qui décide de rappeler à lui une personne au moment opportun. Même avec le casque, on peut mourir facilement.

Xavier Sènou, conducteur de taxi-moto : « Le port du casque me rend malade »

Moi j’ai un casque à la maison, mais que je ne le porte pas. Quand je le mets en quelques heures, je ressens des maux de tête. C’est à ce problème que je suis confronté. A partir de ce dimanche, je serai obligé de le mettre parce que c’est le dernier délai que le préfet a fixé. Mais j’avoue que je serai malade tout le temps. Ce qui sera encore difficile, c’est qu’on n’arrête nos clients en cours de route. Puisqu’on ne serait pas encore à destination et ils ne pourront pas nous payer la totalité du montant sur lequel on s’est entendu. Il faut que les autorités prennent en compte aussi ce volet.

Fernande Ahissou Gandonou, commerçante au marché Dantokpa : « Il faut que l’Etat subventionne les casques »

Nous ne refusons pas de porter le casque. Puisque c’est le gouvernement qui l’a décidé. Mais la mévente au marché ne nous permet pas de subvenir aux besoins des enfants et de leur acheter chacun un casque ! Il y a par exemple des parents qui ont 10 enfants et le casque coûte cher aujourd’hui. Comment allons-nous faire ? Si la mesure doit être appliquée, il faut que l’Etat subventionne alors ces casques. Moi je ne m’en suis pas encore procuré et je ne pense pas le faire avant le dimanche, parce que je n’ai pas encore les moyens.

Colette Hountchi, vendeuse de divers à Gbogbanou « Tout le monde ne peut pas prendre un casque qui coûte 10.000Fcfa »

C’est une décision salutaire mais dont l’application effective sera difficile. Tout le monde n’a pas l’argent de prendre un casque qui coûte aujourd’hui 10.000 à 15.000 Fcfa. Je n’ai même pas pu acheter encore le mien. Donc je ne pense pas que les enfants puissent l’avoir. Nous n’avons pas les moyens financiers pour le faire. Alors un don de l’Etat nous soulagera.

Augustine Missikpodé, commerçante au marché Dantokpa : « C’est comme si Yayi Boni et les siens veulent nous tuer »

Même si le gouvernement faisait un don de casques à toute la population, moi je n’en prendrai pas. Il faut qu’on se dise la vérité ! Non seulement le casque est lourd, mais il dégage de la chaleur et occasionne des maladies. Souvent quand on le met, et un véhicule qui roule à vive allure klaxonne, on a du mal à l’entendre. Donc le port du casque peut aussi occasionner des accidents de circulation. Si le chef de l’Etat veut nous tuer, il n’a qu’à le dire. On ne mange pas à notre faim et les autorités nous demandent d’acheter des casques à toute une famille. Si les policiers doivent arrêter des gens pour le port de casque, donc les commissariats seront débordés.

Victor Mialo, agent commercial : « Je priorise d’abord les besoins fondamentaux de ma famille »

Nous savons tous que le casque protège la tête lors des accidents de circulation. Mais moi je n’ai pas encore l’argent pour m’en procurer. Que le gouvernement nous aide puisque ce qu’on gagne ne nous permet pas de l’acheter avant le 1er avril. Nous priorisons d’abord les besoins fondamentaux de la famille ».

Sa Majesté Tossoh Gbaguidi XIII, roi de Savalou : « La tête ne s’achète pas »

C’est une initiative géniale qui prouve que les autorités de notre pays sont en train de sauvegarder la vie de leurs populations. Ce n’est pas à Cotonou seulement qu’on enregistre les cas d’accidents. Ca se passe même dans ma cité à Savalou et dans tout le Bénin. Donc nous convions tous les citoyens au respect de cette loi. Au Togo, tout près ici, on ne peut pas rouler sans casque. C’est parce que ce n’est pas encore rentré dans nos habitudes que certains sont réticents, notamment les femmes qui s’embellissent les cheveux. Alors que la tête ne s’achète pas. Nous leur demandons de porter le casque pour les quelques minutes dans leurs déplacements.

Dénise Adéwalé : vendeuse ambulante de tomate : « On doit contraindre les commerçants à diminuer le prix des casques »

Souvent lors des accidents de circulation, on s’inquiète souvent pour la tête. Donc le gouvernement n’a pas tort de prendre cette décision. Mais le prix du casque augmente au jour le jour. Les gens profitent de la situation pour faire grimper leurs chiffres d’affaires. Mais il faut que les autorités comprennent qu’il n’y a pas que des nantis au Bénin ! On doit contraindre les commerçants à diminuer le prix. Moi je suis pauvre. Et je ne peux pas prendre un casque qui coûte 10.000 Fcfa, parce que mes enfants doivent manger à la maison.

Valentine Bonou Awassi


Bona

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