Bénin : Un accord politique autour de Lionel Zinsou qui alimente tous les débats

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Lionel Zinsou, nouveau Premier ministre du Bénin, le 22 juin 2015 à Cotonou

Lionel Zinsou, nouveau Premier ministre du Bénin, le 22 juin 2015 à Cotonou|AFP

La polémique s’enflamme au Bénin à moins de deux mois du premier tour de l’élection présidentielle du 28 février prochain. Pendant que la population est dans l’attente de la publication de la liste définitive des candidats retenus pour les élections, c’est le ralliement de deux importants partis à Lionel Zinsou, candidat choisi par Yayi Boni pour représenter les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) qui occupe les discussions.

Au lendemain du dépôt des candidats, le candidat de la coalition au pouvoir, Lionel Zinsou a annoncé la mise en place d’une coalition électorale avec les partis politiques Renaissance du Bénin (RB) de Léhady Soglo et le Parti du renouveau démocratique (PRD) d’Adrien Houngbedji, actuel président de l’Assemblée nationale.

Cette coalition est une surprise pour tout le Bénin. Les spécialistes ont même parlé d’une alliance contre nature parce qu’il y a encore quelques jours, Nicéphore Soglo, président d’honneur de la RB vilipendait la candidature de Lionel Zinsou.

Le rapprochement attendu était celui des partis RB et PRD avec le candidat Patrice Talon. En effet, on se souvient qu’au mois de mai dernier, une forte organisation entre le PRD, la Renaissance du Bénin et d’autres partis sous la houlette de Patrice Talon a permis à Adrien Houngbédji de prendre la Présidence du Parlement béninois.

Pour se défendre de ce que plusieurs ont appelé forfaiture contre l’alternance politique au Bénin, Fagbemi, le secrétaire général du PRD a expliqué au micro de RFI que l’opposition n’a plus sa cohésion depuis quelques mois. Pour lui, chaque parti est libre pour faire son choix.

« Lionel Zinsou est le mieux placé. Nous avons presque le même projet de société. C’est ça qui a guidé notre démarche. Une décision qui veut clairement dire que le PRD n’est aujourd’hui plus dans l’opposition, mais bien « dans la mouvance présidentielle », assume M. Fagbémi.

Pendant ce temps, les partisans de Patrice Talon expriment leur déception et incompréhension face à une telle démarche qui s’apparente à de la traîtrise.

« Il n’y a pas quand même à dire, le 19 mai 2015, que Boni Yayi est si vilain qu’il faille avoir une coalition pour aller contre, et que maintenant, en janvier 2016 […] que tout se coalise autour de lui,. Vous savez, la compétition électorale est un marché, et l’offre et la demande s’évalue par rapport à la personne qui appelle à consommer. », a regretté le député Joseph Djogbenou toujours au micro de Rfi.

Même si pour l’heure, rien n’est sûr que les partisans de ces partis suivront leurs leaders le jour du vote, il n’en demeure pas moins que cet accord représente un coup dur pour les adversaires de Lionel Zinsou notamment les challengers comme Patrice Talon et Sébastien Ajavon, qui auraient aimé avoir le PRD de leur côté.

Au Bénin, le parti d’Adrien Houngbédji représente une force politique incontestable évaluée à environ 20 % de l’électorat dans le sud-est du pays.

Pour le ministre béninois de des Finances, Komi Koutché l’accord est le fruit d’un long processus de négociations et de discussions.

« Vous le savez, la Renaissance du Bénin avec le FCBE, ont à un moment donné eu quelques points d’intersection en termes de collaboration, etc. Ça n’a jamais été linéaire. Ça va en dents de scie. Mais avec le Parti du renouveau démocratique, c’est deux tendances diamétralement opposées. A un moment donné, les leaders de ces deux formations politiques ont pensé que pour le bonheur du pays, on pouvait se mettre ensemble pour reconstruire. […] Et c’est cet esprit qui a caractérisé tout le processus de négociations qui a été conduit et qui a pu permettre de sortir cet accord historique », a-t-il dit.

En dehors des enjeux politiques qui ont poussé Adrien Hougbédji, frappé par la limite d’âge, à avoir un accord avec la majorité au pouvoir afin que son parti soit sûr d’être au gouvernement, on parle aussi des enjeux familiaux avec des liens qui existent entre Adrien Houngbédji et la famille Zinsou.

De son côté, Léhady Soglo, patron de la Renaissance du Bénin et actuelle maire de Cotonou, il est question de se positionner et d’avoir un allié pour la gestion de Cotonou, surtout que son parti a perdu du terrain ces dernières années.


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