Bénin : Yayi cherche par tous les moyens son troisième mandat ; la Société civile s’oppose

Bénin : Yayi cherche par tous les moyens son troisième mandat ; la Société civile s’oppose
Boni Yayi

Le président béninois Thomas Boni Yayi

La classe politique et la société civile béninoises mènent depuis quelques temps le débat sur la révision de la constitution de la république du Bénin. Deux camps s’affrontent sur le sujet. Ceux qui soutiennent le président béninois et qui gagneraient s’il restait au pouvoir et ceux qui sont contre toute tentative de révision constitutionnelle.

Ainsi, ceux qui sont pour le projet de révision évoquent la nécessité de renforcer les institutions de la république. Ceci pour avoir une bonne politique de gouvernance. Pour le deuxième camp, il n’est pas question de toucher à une seule virgule de la constitution avant 2016, c’est-à-dire avant la fin du mandat actuel, le deuxième de l’actuel président de la République, Thomas Yayi Boni.

Pour Martin ASSOGBA, un acteur de la société civile qui est contre le projet de révision, la constitution du Bénin est tout le temps violée depuis l’arrivée au pouvoir de Thomas Yayi Boni. « On nous dit qu’on va réviser la Constitution. Au nom de quoi il faut réviser la constitution ? Ce n’est pas la préoccupation des béninois aujourd’hui », a-t-il dit. Pour lui, la préoccupation des béninois aujourd’hui, c’est leur ventre, c’est comment faire pour trouver du travail.   

Les partisans insistent sur l’efficacité du contrôle de l’action constitutionnelle en évoquant l’action de la Cour des comptes. L’un des partisans de cette idée de limitation de mandat, Iréné Agossa, le Président des nationalistes béninois pense qu’il vaut la peine de réviser la constitution. Pour lui, Yayi Boni n’a aucune envie de rester au pouvoir. « Yayi Boni va rester au pouvoir ? C’est faut, En aucun cas, celui qui a fait deux mandat ne pourra plus être candidat. Même si l’article 42 n’est pas touché, les fondamentaux de la Constitution ne sont pas touchés. Les fondamentaux de la loi fondamentale sont maintenus, les limitations de mandat et d’âge sont maintenus. Les fondamentaux exigés par la Cour constitutionnelle ne font pas objet du projet de la révision », soutient Iréné Agossa.

Mais les opposants au président béninois et son initiative de révision constitutionnelle ont des arguments pour contrarier ceux qui soutiennent l’idée de révision. Pour eux, il ne fait aucun doute que Yayi Boni a bel et bien la volonté de s’éterniser au pouvoir. « Ce n’est pas en révisant qu’on ira à la modernisation comme le dit le chef de l’Etat. C’est pour nous tromper à accepter la révision et après nous dire que vous sommes dans une nouvelle république pour que Yayi Boni se représente comme candidat à sa propre succession. C’est le plan qui a été mis en place. Nous avons déjà su cela et nous avons décidé qu’il n’y aura pas de révision avant la fin de mandat de Yayi Boni. Il faut qu’il y ait alternance et on pourra donner 6 mois au nouveau venu pour réviser la constitution », indique Martin ASSOGBA.

Plusieurs citoyens béninois s’accordent à dire que la révision de la Constitution n’est pas une priorité. En outre, la stratégie de Yayi Boni et ses acolytes a du plomb dans l’aile. Le 24 septembre, la Commission des lois du Parlement béninois a rejeté le projet de réforme constitutionnelle voulue par le président Boni Yayi.  Ce qui a été un véritable frein au projet de cher au Président béninois.

Didier ASSOGBA
Lomé – Oeildafrique.com

 


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