Biens mal acquis : le président congolais contre-attaque et porte plainte contre X

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Sassou Nguesso / congo

Le président congolais Denis Sassou Nguesso

Le président congolais Denis Sassou Nguesso, visé en France par une enquête sur le patrimoine immobilier de sa famille, a annoncé avoir contre-attaqué sur ce dossier en portant « plainte contre X » à Paris.

« Nous, Denis Sassou Nguesso, Chef de l’État du Congo, déclarons avoir chargé Maitre Viala, avocat à la cour à Paris, de déposer plainte contre X, pour tentative d’escroquerie au jugement dans l’affaire dite des biens mal acquis, qui nous oppose à l’association Transparency » International, indique un court communiqué dactylographié signé du président congolais.

Cette plainte a été déposée « il y a plus d’un mois », précise le texte remis à l’AFP à Brazzaville qui ajoute: « Nous avons pleine confiance en la justice française pour mener à bien les investigations nécessaires ».

M. Sassou Nguesso estime que les pièces sur lesquelles est fondée la plainte le visant, lui et sa famille, « ne sont pas conformes à la réalité », a déclaré Me Viala, joint au téléphone par l’AFP.

Selon une source judiciaire, la plainte a bien été reçue au parquet de Paris. Celui-ci dispose de trois mois pour décider de la transmettre ou non à un juge d’instruction.

« Si (cette plainte) aboutit, a affirmé Me Viala, elle fera tomber l’intégralité des dossiers » concernant tous les chefs d’État africains dans l’affaire des « biens mal acquis ».

M. Sassou et sa famille sont visés depuis 2009 en France par une enquête sur leur patrimoine français. Cette instruction a été déclenchée par une plainte de l’ONG de lutte contre la corruption Transparency International, qui soupçonne le chef de l’État congolais d’avoir « détourné, à son profit et au profit de sa famille et de son clan, une partie substantielle de la rente pétrolière » du Congo-Brazzaville.

Cette affaire des « biens mal acquis » vise également les familles de plusieurs dirigeants africains comme Teodoro Obiang (Guinée-Équatoriale), le défunt Omar Bongo (Gabon) et le président centrafricain déchu François Bozizé.

Né en 1943, M. Sassou Nguesso, qui cumule près de 32 années à la tête du Congo, est candidat à un troisième mandat à l’élection présidentielle du 20 mars grâce à un changement de Constitution validé en octobre par référendum et lui permettant de se représenter.

De passage à Paris début octobre, le porte-parole du gouvernement congolais, Thierry Moungalla, avait estimé que l’enquête visant M. Sassou en France était une « immense manipulation » destinée à le « discréditer ».

AFP

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