Bilan sur les enfants de la rue d’Afrique du Nord

Enfants des rues au Maroc. Image d'illustration. Source: Euskal-Herria

Enfants de la rue au Maroc. Image d’illustration. Source: Euskal-Herria

En Afrique du Nord, l’Unicef recense plus de 100 000 enfants des rues âgés de 9 à 18 ans, dont près 15 % de filles, ils sont essentiellement concentrés dans les capitales et les grandes villes, dont 30 000 au Maroc, 5 000 en Tunisie, 20 000 en Algérie, 3 000 en Mauritanie, 50 000 en Egypte, les enfants des rues Libyenne s’avoisineraient à quelques centaines mais en l’absence d’études officielles il est impossible d’annoncer de chiffre approximatif pour la Libye.

Parmi ces enfants, on distingue d’une part « les enfants dans la rue » et d’autre part « les enfants de la rue » :

L’Unicef propose la définition suivante pour les enfants des rues « Ce phénomène désigne les enfants en rupture partielle ou totale avec leur milieu familial. Il se caractérise par la vie « de » et « dans » la rue. Autant les « enfants dans la rue » sont encore en contact avec leur famille, autant les « enfants de la rue » sont laissés à eux-mêmes et sont les plus menacés. Les frontières entre les deux situations ne sont pas toujours étanches.On passe souvent de l’étape « dans la rue » à celle « de la rue ». »

Ce qui amène ces enfants dans les rues ?

Selon le Ministère marocain de la solidarité, de la femme, de la famille et du développement social, le nombre d’enfants des rues s’évalue à environ 30 000 enfants concentrés en majorité à Casablanca et Marrakech. Dont l’origine de ce fléau est identifié par la pauvreté et le chômage qui touchent de nombreuses familles marocaines. Baptisés «chamkers» ces enfants sont souvent victime d’abandon ou ont décidé de fuir de leur plein gré un environnement familial violent.

Le ministère des Affaires Sociales tunisien confirme que la Tunisie compte près de 5000 enfants de la rue mais ce chiffre demeure contesté par les spécialistes qui estiment que le nombre des enfants de la rue s’élève à plus de 8000 répartis entre les différentes régions du pays et dont 3000 sont sur Tunis. Il s’est révélé à travers différentes études sur cette situation en Tunisie que  l’accroissement du nombre des enfants de la rue est dû à la secousse économique, sociale et psychologique qu’a connue la classe marginalisée dans la période postrévolutionnaire.

En Algérie, les services de police estime la présence d’environ 20 000 enfants principalement localisés essentiellement dans les grandes villes d’Oran et la capitale d’Alger. Certains enfants ont été chassés de chez eux, d’autres se sont enfuis, souvent attirés par une bande qui vit déjà dans la rue. Un phénomène qui s’est accentué pendant la période de crise économique qui a touché l’Algérie suite la guerre civile 1991-2002.

En Mauritanie, selon l’association AEDM, le nombre d’enfants des rues est difficile à estimer, les autorités mauritanienne minimiserait l’ampleur de ce fléau à 2500 enfants quand la population l’estime à 4 000 enfants concentrés à Nouakchott. En Mauritanie, le phénomène des enfants de la rue est apparu dans les années 1980 à la faveur de l’urbanisation, à une échelle qui était certes réduite mais qui s’amplifie de jour en jour.

Les statistiques gouvernementales égyptiennes affirment que seuls 5000 enfants vivent dans les rues, un chiffre que les organisations non-gouvernementales et les agences occidentales considèrent être un mensonge des autorités égyptienne pour « couvrir un scandale 10 fois pire. ». La majeure partie de ces enfants sont orphelins où issus de famille pauvre.

Où sont leurs parents ?

Près de la moitié de ces enfants des rues ont été abandonnés ou chassés, un quart sont orphelins ou ont perdu un de leurs parents, et il y a ceux qui sont envoyés ou ont choisi de leurs pleins gré d’arpenter les rues à la recherche de denrées alimentaires et de petites monnaies en échange de services (portage, cirage de chaussures etc..). Cette dernière catégorie vit de façon partielle ou permanente dans la rue. Dans la majorité des cas, ces enfants sont issus de familles nombreuses rurales qui ont migré en ville. Ces enfants marginalisés se retrouvent en total rupture scolaire.

Comment font-ils pour vivre dans la rue ?

Ils survivent en fouillant les poubelles et les décharges à la recherche de nourriture, en mendiant, en volant et en commettant de petits délits. Ils reniflent de la colle et prennent des drogues. Beaucoup de ces enfants majoritairement les filles sont forcés ou se voient contraint à se prostituer pour survivre.

La responsabilité de l’Etat ?

Quasiment oubliés par l’Etat, ce sont des associations de solidarité et des personnes de bonne volonté qui subviennent à leurs besoins urgents de survie : nourriture, centre d’accueil ou d’écoute, vêtement, santé, conseil sanitaire, protection contre la violence, et les abus divers.

Quel avenir les attend ?

Devenus adultes, ils seront analphabètes ou illettrés, alcoolique et/ou toxicomane, souvent en prison s’ils survivent à la faim, à la soif, aux travaux dangereux et mal payés, à la prostitution, aux abus sexuels, aux endémies, à l’exclusion sociale, aux harassements de la police, aux tracasseries de la justice, à la prison et aux drogues destructrices.

Sortis du système scolaire, en situation de grande précarité, ils sont à la merci des violences urbaines et des trafiquants de drogues et du sexe. C’est un avenir sombre qui se dessine pour ces malheureux privés de leurs enfances.

Naïma Ounane
© OEIL D’AFRIQUE

Naïma OUNANE

Naïma OUNANE

Journaliste à Oeil d'Afrique.


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