Le bourreau de Tombouctou, Al Faqi Al Mahdi se confond en excuses devant la CPI

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Le Malien Ahmed al Faqi al Mahdi (à gauche) lors de sa comparution, le 30 septembre 2015, à la Cour pénale internationale, à La Haye.|© Reuters

Le Malien Ahmed al Faqi al Mahdi (à gauche) lors de sa comparution, le 30 septembre 2015, à la Cour pénale internationale, à La Haye.|© Reuters

L’ancien chef de la brigade islamique des mœurs d’Ansar Dine à Tombouctou, Ahmed Al Faqi Al Mahdi a plaidé coupable, lundi, dès l’ouverture de son procès devant la Cour pénale internationale (CPI) à la Haye. Il est jugé pour la destruction de neuf mausolées de Tombouctou, emblèmes de la «Ville des 333 saints» au Mali.

Dès l’ouverture de son procès, lundi, devant la Cour pénale internationale (Cpi) à la Haye, Ahmed Al Faqi Al Mahdi, ancien chef de la hisba, la brigade islamique des mœurs d’Ansar Dine, a plaidé coupable. «Malheureusement, tout ce que je viens d’entendre est véridique et conforme à la réalité. J’avoue effectivement ma culpabilité», a dit le Malien, aussitôt après le rappel des charges qui pèsent contre lui. Poursuivi pour la destruction entre le 30 juin et le 11 juillet 2012 de mausolées de Tombouctou alors que la ville était sous l’emprise des jihadistes, Ahmed Al Faqi Al Mahdi ne risque ni coup de fouet ni amputation de la main. L’ancien chef terroriste pourrait écoper jusqu’à 30 ans de prison, selon l’article 8.2-e-IV du statut de Rome, fondateur de la Cpi.

Ahmed Al Faqi Al Mahdi, le jihadiste de Tombouctou qu’on voyait dans une vidéo vêtu de caftan en train de détruire des mausolées à coups de pioche, de houe et de burin, n’était plus le même personnage à La Haye. Face à la cour, l’accusé porte un costume foncé. Ses lunettes métalliques, sa longue chevelure bouclée puis tirée vers l’arrière et son amabilité devant la cour renvoient l’image d’un homme averti et policé.

Durant de longues minutes, il se met à présenter des excuses couchées sur papier et à donner des leçons.  «Je voudrais exprimer mes profonds regrets et ma profonde tristesse aux descendants des Saints dont j’ai détruit les mausolées. J’en appelle à eux ainsi qu’aux musulmans de Tombouctou cléments et indulgents. Je leur fais la promesse que la faute que j’ai commise sera la première et la dernière. J’espère qu’ils continueront de me considérer comme un fils pieux, un frère. J’ai espoir qu’ils seront animés par l’éthique islamique suprême qui préconise le pardon et l’indulgence à l’égard de quiconque commet le pêché puis se repentit et de lui accorder le bénéfice du doute, si faible soit-il, afin que celui-ci puisse s’élever à un niveau supérieur».

Ahmed Al Faqi Al Mahdi a également tenté de justifier les opérations de destruction qu’il a conduites en direction des mausolées de Tombouctou.

«J’étais sous l’emprise d’une bande de leaders et de figures emblématiques d’Al Qaïda et d’Ansar Dine. J’avais cédé à leurs pressions, à leurs tentations. J’avais été comme emporté par une forte tempête de sable qui avait entrainé dans son sillage de nombreux oulémas du pays. Mais cette tempête passagère n’altérera pas les racines historiques profondes de la ville de Tombouctou».

L’ancien chef jihadiste a ensuite indiqué qu’il est prêt à accepter la sanction que la Cpi jugera appropriée à son encontre. Une sanction, selon l’accusé, qui «ouvrira la porte de la réconciliation avec la population de Tombouctou en particulier et avec le peuple malien en général, ainsi qu’avec l’ensemble de l’humanité».  

© OEIL D’AFRIQUE

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