Brazzaville expulse un ex communicant de l’ambassade française pour conspiration

Brazzaville expulse un ex communicant de l’ambassade française pour conspiration

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Brazzaville

Brazzaville / Image d’archives

Employé à l’ambassade française à Brazzaville entre 2011 et 2013, Jérémy Filippi avait pour mission, entre autres, de rencontrer des politiciens et des opposants congolais afin de rendre compte de la politique intérieure congolaise à sa hiérarchie. De retour au Congo en juin 2014 à titre privé, il s’est vu notifier son expulsion par le patron des services secrets en personne, Jean-Dominique Okemba.

Invoquant des « contacts subversifs avec les membres de l’opposition », le secrétaire général du Conseil National de Sécurité (CNS), Jean-Dominique Okemba, a exhorté le 25 juin, Jérémy Filippi, un ex employé de l’ambassade de France à Brazzaville, à quitter le pays sous peine de sanctions. 

L’histoire commence en juin 2011. Le jeune français alors âgé de 25 ans  décroche un contrat de VIA (Volontaire international en administration) pour travailler au sein de la diplomatie française présente en République du Congo. Il était « chargé de la communication et de la politique intérieure pour le compte de l’ambassade », rapporte le journal RFI. Jérémy Filippi, dans ce cadre, devait évoquer la situation politique congolaise avec des politiciens issus du parti au pouvoir mais aussi des membres de l’opposition. Les rencontres se faisaient dans des lieux publics « jamais chez eux ou chez moi, justement pour ne pas être accusé à tort de conspiration », raconte le jeune homme. « Mon rôle était d’écouter ce qu’ils avaient à dire. Je rédigeais une note et la transmettais directement à l’ambassadeur », explique Jérémy Filippi. Au terme de sa mission de 2 ans, Filippi quitte la République du Congo pour n’y revenir que le 13 juin dernier. Il est alors en relations professionnelles avec la société privée SIP Editions, éditrice de l’agenda de l’ambassade de France.

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Brazzaville irritée, Paris reste inerte

Il  n’en fallait pas plus pour agacer l’entourage du président congolais. L’expatrié est convoqué le 1er juillet afin d’être interrogé par le colonel Elie Atipo-Etou, directeur des Affaires intérieures de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), rien que ça. Atipo-Etou demande alors à l’expatrié de s’expliquer sur ses rencontres antérieures avec l’opposition congolaise et les raisons de son retour à Brazzaville. De nouveau convoqué le 4 juillet, Jérémy Filippi est fortement exhorté à quitter le territoire sous peine d’expulsion. Devant son refus d’obtempérer, l’ambassade française conseille au jeune homme de partir vu « l’imprévisibilité des forces de l’ordre congolaises ». C’est alors qu’il se retrouve de nouveau dans les bureaux de la DGST. Devant l’acharnement des services de sécurité, Filippi ne comprend toujours pas l’objet de son présumé délit.

« Il m’a répondu : d’accord, vous ne voulez pas partir, je vous place en garde à vue et on vous expulse », révèle le jeune homme. « Je suis choqué, mais pas surpris quant on connaît la nature du régime congolais. Le Congo veut donner l’impression qu’il est un Etat de droit, mais sur les questions politiques, le régime est encore très tendu, et limite paranoïaque. »

Au Quai d’Orsay on ne se mouille pas. « Son expulsion n’a aucun lien avec notre ambassade. C’est un problème d’ordre privé. Ce que les autorités du Congo lui reprochent c’est une affaire de justice et nous n’avons pas à nous en mêler », indique un officiel du ministère à RFI. Le français se retrouve sacrifié ainsi sur l’autel de la diplomatie.

Marie-Hélène Sylva
Paris – oeildafrique.com

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Marie Hélène Sylva

Marie Hélène Sylva

Journaliste à oeil d'Afrique, basée à Paris (France)


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