Brazzaville: un meeting pour dire «non à l’ingérence de la justice française dans les affaires du Congo»

Brazzaville: un meeting pour dire «non à l’ingérence de la justice française dans les affaires du Congo»

La majorité présidentielle a organisé, samedi 15 septembre 2013, au boulevard Alfred Raoul, à Brazzaville, un grand meeting populaire sur le thème: «Touche pas à mon président», sous le patronage du président par intérim de cette famille politique, Pierre Ngolo, qui est, également, secrétaire général du P.C.T. Ce meeting a drainé, selon les organisateurs, plus de cent mille participants venus des neufs arrondissements de la ville-capitale, par bus, avait pour but essentiel de répondre à la justice française «pour son ingérence dans les affaires du Congo, un pays souverain et libre».

Le rebondissement des affaires des disparus du beach et des biens mal acquis devant la justice française est à l’origine de la réaction de la famille politique de la majorité présidentielle.

Animés par un sursaut patriotique, les partis et associations de la majorité présidentielle sont alors sortis de leur réserve, pour «défendre la souveraineté nationale». Dans une ambiance assurée par l’artiste-musicien Casimir Zao et l’orchestre «Patrouille des stars», les militants de la majorité présidentielle ont voulu, ainsi, exprimer leur soutien au président de la République, Denis Sassou Nguesso, qui rentrait, d’ailleurs, à Brazzaville, le jour même, en début d’après-midi, après un séjour de vacances en Espagne. Sur les banderoles, on pouvait lire: «Non à l’ingérence de la justice française dans les affaires du Congo»; «Non à la guerre»; «Vive la paix et la stabilité». Les responsables des différents partis et associations ont exprimé tout leur soutien au chef de l’Etat, pour ses actions multiformes en faveur du bien-être des Congolais et son implication dans la résolution des crises dans la sous-région.

Au cours du meeting, l’assistance a eu droit à trois discours. Il y a eu, d’abord, le message des jeunes de la majorité présidentielle, qui ont appelé les dirigeants nationaux à la vigilance, «pour barrer la route aux fossoyeurs de l’unité». Mme Tchitchelé, membre du P.C.T, a parlé au nom des femmes de la majorité présidentielle.

«Ces procédures des affaires dites des disparus du beach et des biens mal acquis ne visent, en réalité, qu’un seul but: la déstabilisation des institutions de la République et le dénigrement d’un grand homme d’Etat africain, j’ai cité le président Denis Sassou Nguesso», a-t-elle dit.
Delphin Loembé, membre du bureau politique du R.D.P.S (Rassemblement pour la démocratie et le progrès social), a lu la déclaration des partis de la majorité présidentielle: «Notre pays vient, une fois encore, d’être victime d’attaques injustifiées dont le mépris et le relent néocolonialistes très apparents, ne laisse aucun doute. En effet, c’est avec indignation et consternation que le peuple congolais a suivi l’interpellation et la mise en examen, par la justice française, d’un haut cadre de l’Etat congolais, dans l’affaire dite des disparus du beach.

La justice française a, délibérément, foulé aux pieds le sacro-saint principe de l’autorité de la chose jugée, manifestant son mépris à l’égard des juridictions congolaises. Cette attitude rappelle une époque coloniale à jamais révolue. La paix civile, la stabilité institutionnelle du Congo, la démocratie et la cohésion nationale, difficilement reconquises au terme d’une guerre civile particulièrement meurtrière, sont autant de valeurs auxquelles tous les Congolais sont très attachés. Ces valeurs, indispensables au cheminement du Congo souverain vers l’émergence des performances économiques viables et jamais réalisées dans notre pays, sont les conquêtes de l’action économique et politique d’un homme, le président Denis Sassou Nguesso».

Puis, le principal orateur, Pierre Ngolo est monté à la tribune. Il s’est exprimé en lingala, kituba et en français. Dans une envolée oratoire ponctuée de «Nien Nien!», il a harangué une foule chauffée à blanc dans un climat anti-français. «Le président Denis Sassou Nguesso ne mérite pas l’acharnement dont il est victime et que vous dénoncez à raison. Cet acharnement, manœuvre sordide de certaines O.N.G, d’une certaine justice et de certaines autorités françaises, cache à peine le déni de la souveraineté du Congo, tout autant qu’il voile, à peine, la tentation remise sous tutelle du Congo, pays pourtant indépendant et libre. Cet acharnement, nous ne l’acceptons pas et nous ne l’accepterons jamais. Ici, je voudrais demander à cette assistance mobilisée, si nous pouvons encore accepter que les institutions de la République, les institutions d’un pays indépendant et souverain, soient traînées dans la boue, soient dénoncées, contestées par d’autres puissances ou par les citoyens d’autres pays.

Est-ce que nous acceptons que notre souveraineté soit violée?», «Non!», a répondu l’assistance. «Est-ce que nous acceptons que les délibérations de notre justice soient remises en cause par la justice d’un autre Etat?», «Non!». «Est-ce que nous acceptons que notre chef d’Etat soit, au jour le jour, traîné dans la boue, sali, diffamé par les autorités ou les citoyens d’un autre Etat? «Non!». «Non, non, fermement non!», a-t-il martelé.
Pierre Ngolo a poursuivi son discours, en disant «qu’ils arrêtent de nous asséner des leçons de morale, de justice et de démocratie; qu’ils saisissent la portée de ce message et laissent notre président poursuivre l’accomplissement du contrat qu’il a conclu avec les Congolais». Il a demandé aux militants de vulgariser partout, dans les bus, les avions, les bateaux, les pirogues, etc., le slogan de ralliement: «Touche pas à mon président». Avant de s’en aller, il a pris un bain de foule, sous les ovations, et visité les groupes qui animaient le meeting.

Pascal-Azad DOKO

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1 commentaire

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  1. Delbar
    Delbar 23 septembre, 2013, 16:27

    Une manifestation pour une justice congolaise libre et indépendante aurait été la bienvenue.
    Les partisans du ministre Yoka allument des feux de diversion.
    Tout ceci est pitoyable.

    Delbar

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