Burkina : «Affaire des écoutes téléphoniques» Zida en contradiction avec son ministre de l’intérieur

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Le lieutenant-colonel Isaac Zida Burkian Faso, Blaise compaoré

Le lieutenant-colonel Isaac Zida

L’affaire des écoutes téléphoniques au Burkina lors du putsch manqué de septembre dernier n’en finit pas de livrer ses secrets. Si depuis quelque jour plusieurs bandes sonores foisonnent sur les réseaux sociaux pour accabler les soi-disants auteurs et commanditaires du putsch manqué, la dernière sortie du Premier ministre Isaac Zida sur une radio locale va en contradiction avec son ministre délégué à la sécurité, M. Jean Claude Zagré.

Zida s’oppose au ministre de la sécurité

L’affaire du coup d’Etat manqué de Diendéré et le RSP au Burkina Faso, qui devait être une affaire de la justice burkinabé, est au vu des derniers événements, en train de se transformer en règlement de comptes politiques entre des anciens amis.

Quelle est la raison de la dernière sortie du Premier ministre Isaac Zida sur Savane FM, une radio locale affirmant que les écoutes téléphoniques des conversations entre le président de l’Assemblée nationale ivoirienne et l’ex-ministre Djibril Bassolé sont authentiques ? On peut s’étonner de la déclaration du Premier ministre Zida, qui viole l’instruction judiciaire en cours mais surtout va en contradiction avec la déclaration du ministre délégué à la sécurité, plus mesuré  qui dit avoir écouté les originaux « des bandes sonores mais pas celles en circulation dans les téléphones portables. » Puis de rajouter lors de sa conférence de presse « que la bande originale n’était pas nette du tout. »

Le ministre délégué à la sécurité, M. Jean Claude Zagré, patron des services, donne une version toute autre que celle du premier Ministre Zida, qui affirme qu’  « il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas reconnaitre que la bande des 16 minutes est authentique. » Zida est-il donc en train d’accuser le ministre de la sécurité du Burkina de « mauvaise foi »?

 A en croire le ministre de la sécurité du Burkina, il serait judicieux de   respecter l’instruction judiciaire en cours et ne point faire de commentaires dans des affaires couvertes par le secret de l’instruction. Mais curieusement Isaac Zida en tant que Premier ministre qui au lieu d’attendre les conclusions judicaires, préfère faire feu de tout bois et donner ses propres conclusions de l’expertise des bandes sonores sur les écoutes téléphoniques présumées. Devant ce manquement du Premier ministre, il est intéressant de faire quelques interrogations pour mieux comprendre cette affaire qui défraie la chronique tant dans les médias africains qu’occidentaux.

Le président élu, Rock Kaboré rappelle Zida à ces obligations

Le tout nouveau président élu Rock Kaboré, selon des proches du prochain occupant du palais de Kossyam, « désapprouve les sorties médiatiques et hasardeuses de Zida à qui, il a demandé via un de ses conseillers de se consacrer à la gestion des affaires courantes et à la préparation du transfert des dossiers. » Il aurait également insisté sur le caractère personnel des déclarations  de Zida. Des propos qui n’engagent pas le Burkina Faso…

Violation de la vie privée.

Quel juge serait donc à la base de l’autorisation d’écoutes des personnes privées au Burkina ou en Côte d’Ivoire ? Qui est à la base de fuites téléphoniques au point d’avoir toutes les prétendues conversations des mis en cause durant la période du putsch manqué ? Pourquoi la vie privée des citoyens est mise sur la place publique sans que cela n’émeuve pas grand’monde ? Il y a de quoi être inquiet sur l’avenir des libertés fondamentales dans un tel contexte.

Ces interrogations interpellent tout un chacun. Alors qui s’est mis hors la loi en ne respectant pas les textes qui protègent  les données personnelles au Burkina tout comme dans la zone Cedeao (loi 010-2004/AN du 20 avril 2004 portant protection des données à caractère personnel et par  l’Acte additionnel A/SA.1/01/10 du 16 février 2010 relatif à la protection des données à caractère personnel dans l’Espace CEDEAO. NDRL.) ?

En affirmant tout de go que ces écoutes sont authentiques, cela voudrait-il dire que le Premier ministre Zida aurait mis sur écoute tous les dirigeants d’Etats étrangers ?! Selon nos sources, plusieurs chefs d’Etat africains, en contact avec Bassolé et la plupart des acteurs politiques burkinabé pendant cette période de crise, auraient été mis sur écoute par les services parallèles du Premier ministre Zida, qui apparaît maintenant être au cœur des fuites qui envahissent la toile.

Zida va-t-il utiliser ces enregistrements extra-judiciaires donc illégaux contre ces dirigeants étrangers ? 

De toutes ces violations, les proches de Soro ne décolèrent pas. « Comment peut-on s’autoriser à mettre sur écoute les dirigeants d’un pays étranger ? Au plus fort de la crise des écoutes de l’Elysée sur Sarkozy malgré plusieurs affirmations des autorités judiciaires, jamais on n’a retrouvé les conversations de l’ancien président Sarkozy sur la place publique comme on le voit dans le cas du Burkina. La presse Française a certes traité l’information mais jamais des enregistrements sonores ne se sont retrouvés sur les réseaux sociaux ou des sites internet» s’insurge un proche de Guillaume Soro.

« Ce sont-la des méthodes d’un état-voyou. Et ceux qui l’ont fait ainsi que les journalistes qui se sont rendus complices de ce délit veulent déshonorer le Burkina ». Une manière de contester l’utilisation de ces fameuses écoutes. Dans tous les cas, le clan Guillaume Soro est bien décidé à attaquer les auteurs de ce qu’ils considèrent comme une manipulation politicienne destinée à abattre politiquement le Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire.

« Nous avons déjà réalisé deux expertises de cet enregistrement, une à Abidjan et une autre en Europe. Je peux vous dire qu’elles vont toutes deux dans le même sens. Ces bandes sont des faux grossiers. Une escroquerie visant à salir le président Soro. Nous attendons la troisième expertise qui est en cours en Amérique du Nord puis, nous riposterons sur le terrain judiciaire»  confie ce proche du président de l’Assemblée Nationale Ivoirienne. Un dernier proche conseiller du président Soro n’hésite pas à rappeler la promesse de son chef à propos des commanditaires de cette cabale : « Ils déchanteront tous ! » Affaire à suivre… 

© OEIL D’AFRIQUE
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