Burkina Faso: la Commission pour la réconciliation propose la dissolution du RSP

by OEIL D'AFRIQUE | 16 septembre 2015 13 01 12 09129

militaires Burkina-Faso[1]

Image d’archives |Les militaires de la garde présidentielle burkinabè face aux manifestants à Ouagadougou | Photo : AFP

Il y a quelques semaines, le Président de la transition qualifiait le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) de fauteur de trouble. Aujourd’hui, il risque de disparaître à jamais comme le souhaitait le Premier ministre burkinabè, Yacouba Isaac Zida, plusieurs fois mis en difficulté par cette unité de l’armée.

La Commission nationale de réconciliation et des réformes (CRNR) du Burkina Faso a recommandé lundi la dissolution  du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), la garde prétorienne de l’ex-président Blaise Compaoré. «Nous recommandons de dissoudre le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), dans le cadre de la refondation de l’armée», a déclaré Mgr Paul Ouédraogo, archevêque de Bobo-Dioulasso.

Mgr Ouédraogo présentait le rapport de six mois de travail de la CRNR mise en place à la suite de l’insurrection populaire qui a emporté Blaise Compaoré.

Le RSP composé de 1.300 hommes est considéré comme la troupe la mieux formée de l’armée burkinabè. Il avait provoqué en fin juin, une crise politique en exigeant la démission du Premier ministre, le lieutenant-colonel Isaac Zida, également numéro 2 de ce régiment, dont il avait demandé publiquement la dissolution. Pour les membres de la Commission, la protection du chef de l’Etat doit être confiée à une «unité d’élite» composée de la gendarmerie et de la police.

La CRNR propose un référendum pour le 31 janvier en même temps que les élections municipales en vue d’adopter une nouvelle Constitution qui supprimerait la peine de mort et rendrait obligatoire le service militaire.

La nouvelle loi fondamentale du Burkina devrait également rendre imprescriptibles les crimes environnementaux, limiter les membres du gouvernement à 25 ministres et étendre la compétence des juridictions de droit commun aux crimes et délits commis par le chef de l’Etat et ses ministres dans l’exercice de leurs fonctions. Elle devrait également supprimer l’amnistie accordée aux anciens chefs d’Etat. La Commission fustige l’ineffectivité de l’indépendance de la Justice.

Par ailleurs, elle a répertorié 145 personnes tuées depuis 1960 soit dans l’exécution des coups d’Etat, d’assassinats politiques, de décès suite à des bavures ou actes de tortures, de disparus suite à des enlèvements ou à des interpellations ou de morts suspectes.

Les propositions sont faites à quelques semaines des élections présidentielle et législatives programmées pour le 11 octobre prochain.

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Endnotes:
  1. [Image]: http://oeildafrique.com/wp-content/uploads/2015/06/militaires-Burkina-Faso.jpg

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