Burkina Faso : L’église Catholique accable Blaise Compaoré

Burkina Faso : L’église Catholique accable Blaise Compaoré

[dropcap font= »times »]D[/dropcap]écidément, toutes les forces vives du Burkina Faso ne sont elles pas entrain de se liguer contré le « Pépé » Président Compaoré. Toute porte à le croire. Après l’opposition politique, les syndicats, c’est au tour du clergé catholique de s’immiscer dans le débat.

Dans une longue lettre pastorale adressée ce lundi au Chef de l’État, les Évêques du Burkina Faso ont exprimé leurs inquiétudes quant à la paix et l’équilibre social et rejette la prochaine mise en place du Sénat. Ils estiment à cet effet que la gouvernance du Faso est « de plus en plus déconnectée de la réalité et de l’éthique sociale ». En place depuis 1987, Blaise Compaoré a réussi avec plusieurs tours de magies à se maintenir au pouvoir. Le peuple burkinabé qui était en droit d’espérer que ce énième mandat qui s’achève en 2015 serait le dernier, a cédé au doute.

Aussi, les Évêques dénoncent l’enrichissement ou l’engraissement d’un groupuscule. « La polarisation de la richesse au niveau d’un groupe qui se partage les pouvoirs politiques et financiers, la corruption et la patrimonialisation de l’État », font-ils observer dans leur courrier.

Pire, le respect des principes démocratiques qui devraient tirer ce pays vers l’avant, est de loin à la pratique la bonne note. Pour l’Église Catholique, « la démocratie pluraliste que nous étions censés construire s’est transformée en scepticisme, en désespoir, voire en colère, du fait que ce changement politique ne rime pas suffisamment avec l’espoir d’un meilleur devenir ». Cette situation « fait craindre que le Burkina Faso ne devienne une poudrière sociale », ont-ils avertit.

Pour conclure, l’Église s’est interrogée tout en rejetant la création du Sénat en ces termes, « quelle valeur ajoutée un tel Sénat va-t-il apporter réellement à notre pays et à ses pratiques démocratiques? ». Elle souhaite enfin, « un meilleur emploi des ressources financières limitées » de ce pays, l’un des plus pauvres d’Afrique.

C’est en terminant par cette boutade, que l’Église Catholique burkinabè s’est invitée dans le débat houleux de la succession de l’éternel président. En le faisant, l’Église garant moral de la gouvernance et de la stabilité de l’État appelle Blaise Compaoré a de la responsabilité et de la cohérence dans ces choix. 2015, peut être l’année de toutes les alternances sur le continent.

 

Jonas Saraka
Abidjan-Oeildafrique.com

Jonas Saraka

Jonas Saraka

KOUAKOU Kouamé Jonas alias Jonas SARAKA. Licence de Journalisme, DEUG II en Sciences économiques.


Tags assigned to this article:
Burkina Fasoprésidentsénat

Related Articles

Rwanda: le débat autour du 3e mandat de Paul Kagame est lancé

[GARD align= »center »] Trois petits partis rwandais, proches du pouvoir, ont lancé le débat sur le maintien à la tête de

Cristiano Ronaldo: Meilleur buteur de l’histoire de la liga espagnole

Cristiano Ronaldo lors de sa présentation au Real Madrid, le 7 juillet 2009 J.MEDINA / REUTERS Avec 40 buts Cristiano Ronaldo

Papa Wemba victime “d’un infarctus massif”

[GARD align= »center »] La star africaine de la musique congolaise Papa Wemba, est mort, dimanche 24 avril à Abidjan, d’un “infarctus massif”,

Aucun commentaire

Espace commentaire
Aucun commentaire Soyez le premier à répondre à ce commentaire

Espace commentaire

Votre e-mail ne sera pas publié
Required fields are marked*