Burundi : 37% de la population boivent de l’eau polluée puisée dans les rivières

Burundi : 37% de la population boivent de l’eau polluée puisée dans les rivières
Des bidons rangés devant une borne-fontaine à Nyamugari ©Iwacu

Des bidons rangés devant une borne-fontaine à Nyamugari ©Iwacu

Le problème d’accès à l’eau potable continue de se poser au Burundi. Le directeur général des ressources en eau et assainissement au ministère burundais en charge de l’Eau, Emmanuel Ndorimana a révélé jeudi à Bujumbura  que seulement 63% des Burundais ont accès à l’eau potable.

« Le Burundi n’a pas encore les moyens financiers pour pouvoir se doter des infrastructures adéquates pour que les 37% des Burundais restants, cessent de boire de l’eau polluée puisée notamment dans les rivières », a indiqué M. Ndorimana.

Selon le responsable du ministère en charge de l’eau, l’accès à l’eau potable pour tous les 10 millions de Burundais, est un gros défi du moment, difficile à relever pour le cours et moyen terme dans la mesure où la réponse appropriée nécessite de lourds investissements.

« La problématique de changements climatiques constitue le principal défi sur la gestion des ressources en eau au Burundi. Car, le déficit forestier actuel, résultant notamment des méfaits des feux de brousse, est en train d’influer négativement sur la quantité des eaux disponibles dans le pays », a souligné Emmanuel Ndorimana.

En dehors du manque de moyens financiers, les autorités burundaises fustigent la pollution qui reste l’une des fortes menaces qui planent sur la qualité des ressources en eau dans le pays.

En effet, le lac Tanganyika, qui constitue un réservoir immense d’eau douce d’un volume de 18.880 km3 et d’une superficie de 32.400 km2 dont 2600 km2 de superficie burundaise, est rendu vulnérable aux pollutions par sa période de renouvellement qui s’est avérée très longue.

De même, cette grande ressource en eau qu’est le lac Tanganyika est très menacée par la pollution des déchets industriels et des eaux usées provenant des ménagers ainsi que par des sédiments émanant des contreforts de la région naturelle de Mumirwa.

M. Ndorimana explique ensuite que la qualité des ressources en eau, est affectée par le fait que les bassins versants ne sont pas encore protégés par des activités de reboisement alors que le couvert végétal a été détruit.

Pour accroître le niveau de couverture en eau potable, le pays doit relever deux importants défis : le manque de financements pour le secteur, la non appropriation de la protection des ressources en eau par la population burundaise.

Dans ce sens, le gouvernement burundais part en guerre contre les auteurs de violations du code de l’eau en vigueur promulguée le 26 mars 2012.

« Afin que les Burundais puissent boire de l’eau propre en quantité et en qualité suffisantes, ce texte, prévoit le respect d’une zone de protection de 150 mètres pour le lac Tanganyika, de 25 mètres pour les rivières du lac Tanganyika et de 50 mètres pour les petits lacs nordiques, à savoir ceux de Rweru et de Cohoha, frontalières au sud du Rwanda », assure le responsable burundais.

© OEIL D’AFRIQUE



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