Burundi : l’UA envoie quatre chefs d’Etat «en disgrâce» chez Nkurunziza

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Pierre Nkurunziza, président du Burundi| Photo AP

Pierre Nkurunziza, président du Burundi| Photo AP

Après le secrétaire général de l’ONU, Ban-Ki-Moon, cinq chefs d’Etats africains dont le Président Macky Sall séjournent à leur tour à Bujumbura. Ils vont demander à Pierre Nkurunziza de trouver une solution à la crise causée par son troisième mandat critique. Leurs arguments vont-ils convaincre l’homme fort de Bujumbura si l’on sait que ces soi-disant médiateurs font face à beaucoup de difficultés dans leurs pays?

Les Présidents d’Afrique du Sud, du Sénégal, de la Mauritanie et du Gabon en plus du Premier ministre d’Ethiopie constituent le comité de l’Union africaine en séjour au Burundi. Ils sont présents dans la capitale burundaise pour demander à Pierre Nkurunziza de relancer le dialogue inter burundais inclusif, aujourd’hui au point mort.

Macky Sall, non-respect de la parole

Depuis le 16 février, le président sénégalais fait face à la grogne d’une importe frange de ses administrés, depuis qu’il a renié, sur avis du Conseil constitutionnel, sa promesse électorale de 2012 à l’endroit du peuple sénégalais. Cette promesse avait contribué en grande partie à son élection à la magistrature suprême. Aujourd’hui, des Sénégalais veulent faire payer à Macky Sall, lors d’un referendum 20 mars prochain, le non-respect de sa parole. Le mouvement Y’en a marre, des associations de défense des droits de l’homme et des partis politiques sont dans cette dynamique. A côté de ce reniement, le cas Karim Wade, ancien super ministre et fils de l’ex-président constitue toujours une patate chaude entre ses mains. Le groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a estimé, à deux reprises, que  «la détention de Karim Wade est arbitraire». Et donc Pierre Nkurunziza pourrait bien user du langage diplomatique pour demander à Macky Sall de «balayer» d’abord devant sa maison ou bien en d’autres termes de s’occuper de sa case qui brûle.   

Jacob Zuma avec le scandale Nkandla

Depuis deux ans, le Président sud-africain traîne derrière lui ses casseroles de la villa de Nkandla. Il s’agit du scandale Nkandla, c’est-à-dire ces dépenses excessives pour rénover  la résidence privée (piscine, d’un amphithéâtre et d’un poulailler) de Jacob Zuma à hauteur de 18 millions d’euros d’argent puisé dans le trésor public. Depuis lors, Jacob Zuma est dans le collimateur de l’opposition, sans compter le scandale du «Guptagate». Gupta est un riche homme d’affaires sud-africain d’origine indienne qui a marié sa fille en avril 2013. Il a utilisé une base militaire pour faire atterrir un avion privé transportant 270 invités du mariage. Quels conseils Jacob Zuma pourra-t-il donner à Nkurunziza ?

Ali Bongo et son extrait «falsifié»

Le livre «Nouvelles affaires africaines. Mensonges et pillages au Gabon » de Pierre Péan est un brûlot anti-Ali Bongo. L’auteur accuse le chef de l’Etat gabonais d’avoir ordonné l’assassinat d’opposants, d’avoir volé l’élection présidentielle de 2009 avec la complicité de Nicolas Sarkozy, de s’être fait fabriquer de faux diplômes en France ou bien encore d’être à la tête d’une «légion étrangère» qui a fait main basse sur le pays. Une autre accusation de Pierre Péan très sensible porte sur les origines d’Ali Bongo. L’occupant du Palais du bord de mer est, selon M. Péan, né au Biafra et a été adopté à la fin des années 1960 par Omar Bongo et son ancienne épouse Joséphine lorsqu’il était âgé d’une dizaine d’années. D’ailleurs une plainte a été déposée en France et Ali Bongo est aussi mouillé dans l’affaire des biens mal acquis. Nkurunziza doit sourire.

Mohamed Ould Abdel Aziz, le fossoyeur des libertés

Beaucoup prêtent au Président de Mauritanie l’intention de vouloir modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir comme le craignent l’opposition et l’ancien chef de l’Etat Ely Ould Mohamed Vall. En Mauritanie, les libertés individuelles sont réduites au strict minimum. En témoignent l’emprisonnement de Biram ould Abeid, président de l’ONG IRA, son vice-président Brahim ould Bilal, et Djiby Sow, à la tête d’une ONG de défense des droits civiques. Ces personnes avaient été arrêtées en novembre 2014 à Rosso alors qu’ils participaient à une caravane de sensibilisation contre l’esclavage.

Si l’on sait que Pierre Nkurunziza adore faire des «gestes fantaisistes», comme l’affirme l’opposition burundaise, le comité des chefs d’Etat de l’UA a peu de chances de convaincre l’homme fort de Bujumbura. Surtout qu’il n’entend pas s’asseoir avec les groupes qui ont pris les armes pour s’opposer à son troisième mandat.

Pour ne citer que son cas, l’Union Africaine, qui a, entre autres missions, la défense de la démocratie et de la bonne gouvernance dans ses pays membres, l’Union Africaine s’est illustrée de façon piteuse dans la gestion du dossier burundais. »

© OEIL D’AFRIQUE

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