Burundi: l’Union africaine autorise le déploiement d’une mission de 5.000 hommes

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Un véhicule militaire transporte des hommes les mains liées, le 11 décembre 2015 à Burumbuja - STRINGER

Un véhicule militaire transporte des hommes les mains liées, le 11 décembre 2015 à Burumbuja – STRINGER

L’Union africaine a annoncé qu’elle allait envoyer une mission de 5.000 hommes au Burundi pour tenter de stopper les violences dans ce pays, menaçant Bujumbura de se déployer même sans son accord.

Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA, réuni vendredi soir à Addis Abeba, a décidé « d’autoriser le déploiement d’une Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (Maprobu), pour une période initiale de six mois, renouvelable », et a demandé « au gouvernement du Burundi de confirmer dans les 96 heures suivant l’adoption de ce communiqué qu’il accepte le déploiement de la Maprobu et de coopérer avec elle ».

Si Bujumbura s’oppose à l’envoi de cette mission, l’UA prendra des « mesures supplémentaires » pour en assurer le déploiement, a prévenu le Conseil.

Il est peu probable que les autorités burundaises, qui ne cessent de dénoncer l’immixtion de la communauté internationale dans la crise politique où est plongé le pays depuis huit mois, acceptent un déploiement étranger sur leur sol.

Mais le CPS a insisté sur sa « détermination à prendre toutes les mesures appropriées contre toutes parties ou acteurs, quel qu’ils soient, qui empêcheraient la mise en oeuvre de cette présente décision ».

La Mission africaine comptera à ses débuts jusqu’à 5.000 hommes, soldats et policiers, ainsi qu’une composante civile, et intégrera les observateurs des droits de l’Homme et experts militaires déjà déployés au Burundi.

Elle aura pour objectif d’éviter « la détérioration de la situation sécuritaire », de contribuer « à la protection des populations civiles en danger immédiat », d’aider à créer les « conditions nécessaires » à la réussite d’un dialogue inter-burundais, et de faciliter « la mise en oeuvre de tout accord » auquel parviendraient les différentes parties.

Le « dialogue » est au point mort au Burundi. Le gouvernement refuse qu’il se tienne hors du pays comme le réclament ses opposants, qui vivent aujourd’hui essentiellement en exil.

– Inquiétude internationale –

Aucun détail n’a été fourni sur les pays qui pourraient participer à cette mission. Mais le CPS a demandé à l’UA d’entamer rapidement des discussions avec ses 54 Etats membres et avec les « pays de la région » impliqués dans la Force est-africaine en attente (EASF), pour qu’ils fournissent « les troupes et les policiers nécessaires ».

Cette Force, une composante régionale de la Force africaine en attente (FAA), n’a encore jamais été déployée. Dix pays fournissent des troupes à l’EASF: le Burundi, les Comores, Djibouti, l’Ethiopie, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, les Seychelles, la Somalie et le Soudan.

La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a salué la décision du CPS, estimant que l’UA montrait ainsi un « leadership fort dans les efforts pour stopper la violence au Burundi, protéger les citoyens et ouvrir la voie à une solution politique ».

Cette annonce intervient une semaine après l’attaque le 11 décembre de trois camps militaires à Bujumbura et en province, les affrontements les plus intenses au Burundi depuis une tentative de coup d’Etat militaire en mai.

Les affrontements et les opérations de ratissage qui ont suivi ont fait officiellement 87 morts, mais des ONG et l’ONU évoquent un bilan « bien plus élevé », dénonçant des exécutions extra-judiciaires.

Le Burundi est plongé dans une profonde crise politique depuis la candidature fin avril du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, jugé par ses adversaires contraire à la Constitution et à l’Accord d’Arusha ayant permis la fin de la guerre civile (1993-2006) entre l’armée dominée alors par la minorité tutsi et des rébellions hutu.

La mise en échec d’un coup d’Etat en mai, la répression brutale de six semaines de manifestations quasi-quotidiennes à Bujumbura à la mi-juin et la réélection de M. Nkurunziza lors d’un scrutin controversé à la mi-juillet n’ont pas empêché l’intensification des violences, désormais armées.

Des diplomates ont estimé que la rhétorique utilisée rappelait celle entendue au Rwanda avant le génocide de 1994, qui a fait 800.000 morts, essentiellement au sein de la minorité tutsi, et ont dénoncé la tentative par les deux camps de manipuler les tensions entre communautés.

La communauté internationale s’inquiète depuis plusieurs mois des possibles « conséquences dévastatrices » de cette crise pour le Burundi, dont l’histoire post-coloniale est jalonnée de massacres entre Hutu et Tutsi, mais aussi au-delà pour la région très instable des Grands lacs.

AFP

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