Burundi: Pierre Nkurunziza veut s’appuyer sur la Cour constitutionnelle pour un 3e mandat

Burundi: Pierre Nkurunziza veut s’appuyer sur la Cour constitutionnelle pour un 3e mandat

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Pierre Nkurunziza

Le Président burundais, Pierre Nkurunziza

Le rejet du projet de révision constitutionnelle par les députés burundais la semaine passée a donné un coup d’accélérateur au calendrier du Président burundais, Pierre Nkurunziza qui a toujours manifesté son envie de briguer un troisième mandant à la tête du pays. Celui qui s’est gardé jusqu’ici de se prononcer sur cette ambition vient de pousser ses pions.

Ainsi, le ministre burundais de l’Intérieur Edouard Nduwimana, un fidèle de Pierre Nkurunziza vient de donner l’alerte. Selon le ministre qui s’est chargé d’annoncer publiquement et pour la première les intentions du régime, le président Pierre Nkurunziza sera candidat en 2015. Ce que ne permet pas pour l’instant la Constitution du pays.

« Ce que nous dénonçons aujourd’hui, c’est qu’il y a des gens qui veulent faire croire que la question d’un autre mandat est close. Ce n’est pas vrai. Ce que je conseille aux politiciens qui vont être candidats à la présidentielle, c’est de se préparer en sachant que qu’ils auront en face d’eux le président actuel qui sera candidat. Ce sera à la Cour constitutionnelle de trancher dans un sens ou dans un autre et les Burundais devront respecter cette décision », a déclaré Edouard Nduwimana.

La Constitution burundaise bloque à deux le mandat présidentiel qui n’est renouvelable qu’une seule fois. Un troisième mandat suppose une révision constitutionnelle; ce que les députés du Parlement burundais ont rejeté il y a une semaine. Ce qui promet des débats houleux dans le pays dans les prochains mois.

Pour le ministre burundais de l’Intérieur Pierre Nkurunziza a été élu par le Parlement en 2005, et ainsi le calcul est vite fait et ainsi, il n’en est qu’à son premier véritable mandat. Une position qui appelle à l’avis des juristes à la Cour constitutionnelle burundaise.

L’opposition burundaise dénonce une tentative de passage en force et dénonce une Cour Constitutionnelle aux ordres du régime de Pierre Nkurunziza.

Ainsi, l’Union pour le progrès national (Uprona) soutient que la Cour constitutionnelle est en passe d’être utilisée pour sceller le « passage en force » du président. L’article 96 de la Constitution de mars 2005, basée sur les accords d’Arusha ayant permis de mettre fin à la guerre civile burundaise (1993-2006), le président « est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois ».

Charles Nditijé, le président de l’Uprona dénonce une tentative de « violation de la Constitution ». « C’est vraiment la voie de la confrontation qu’il ont décidé d’emprunter depuis le processus d’amendement de la Constitution. Les représentants du peuple viennent de refuser ces amendements qui offrent sur un plateau d’argent un troisième mandat au président de la République. Aujourd’hui, la Constitution est claire ; l’accord d’Arusha est clair. Nous devons nous préparer à refuser ce diktat, ce passage en force et cette imposition », a déclaré Charles Nditijé.

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Cette envie de pérennisation au pouvoir de Pierre Nkurunziza relance le débat politique au Burundi et risque de fragiliser la situation sécuritaire du pays qui est sorti en 2005 d’une longue guerre civile.

© Oeildafrique.com

 



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