Burundi: trois morts dans l’explosion de deux grenades en plein centre de Bujumbura

Burundi: trois morts dans l’explosion de deux grenades en plein centre de Bujumbura
Des policiers face à des manifestants qui protestent contre le président Pierre Nkurunziza © AFP/LANDRY NSHIMIYE

Des policiers face à des manifestants qui protestent contre le président Pierre Nkurunziza © AFP/LANDRY NSHIMIYE

Trois personnes ont été tuées vendredi soir en plein centre de Bujumbura dans l’explosion de deux grenades lancées par des inconnus qui ont pris la fuite, a annoncé à l’AFP le directeur adjoint de la police burundaise.

Deux grenades viennent d’exploser en plein centre-ville près de l’ancien marché central. Elles ont fait trois morts et plusieurs blessés, plus d’une dizaine probablement, a déclaré le général Godefroid Bizimana.

Peu après l’incident, deux corps étaient allongés côte à côte, recouverts de pagnes, et gisant au milieu des flaques de sang, a constaté un journaliste de l’AFP sur place.

Les deux victimes sont apparemment des vendeuses de fruits et légumes, installées juste à proximité de l’ancien marché central. De nombreux policiers étaient présents sur les lieux de l’attaque.

La plupart des blessés ont été évacués vers l’hôpital Prince Régent, où le journaliste de l’AFP a comptabilisé 21 victimes. Beaucoup sont des femmes, touchées aux jambes, plus ou moins gravement, et étaient conscientes. Les blessés étaient allongés sur des brancards ou à même le sol.

Ceux qui ont fait ça avaient l’intention de tuer, car les grenades ont été lancées au milieu de femmes qui vendaient des fruits, et alors qu’il y avait une grande foule, a estimé le général Bizimana.

Cela s’est passé vers 19 heures, malheureusement on n’a pas pu arrêter les auteurs de cet attentat, a-t-il ajouté.

Le Burundi est plongé en pleine crise politique, alors que Bujumbura connaît depuis fin avril un vaste mouvement de contestation populaire contre le président Pierre Nkurunziza, qui est candidat à un troisième mandat à l’élection présidentielle du 26 juin.

Des manifestations ont lieu quasi-quotidiennement depuis lors, émaillées de nombreux heurts entre policiers et protestataires, et sont sévèrement réprimées, avec une vingtaine de morts en quatre semaines. La police fait largement usage de ses armes à feu pour disperser les manifestants, tirant en l’air mais également parfois à hauteur d’hommes.

Depuis le début du mouvement de contestation, plusieurs grenades ont été lancées par des inconnus, une fois sur des policiers dans le quartier de Kamenge, mais souvent plus pour terroriser que pour tuer.

C’est la première fois que des grenades sont jetées ainsi au milieu de la foule, et qu’on vise délibérément des civils. Vendredi, deux grenades ont été lancées par des inconnus sur des militaires dans le quartier contestataire de Musaga. Plusieurs soldats ont été blessés.

Des attaques à la grenade du même genre étaient très fréquentes dans les années 1994-1996 ayant précédé la sanglante guerre civile burundaise (1996-2006), période pendant laquelle les milices ethniques faisaient régner la terreur dans les rues de la capitale.

AFP



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