Cameroun: Edzao, l’ancien baron du régime, condamné à une nouvelle peine de 20 ans

Cameroun: Edzao, l’ancien baron du régime, condamné à une nouvelle peine de 20 ans

Le Camerounais Titus Edzoa, en juillet 2012 (AFP/Archives)

Ancien baron du régime camerounais, Titus Edzoa, qui voulait se présenter contre Paul Biya à la présidentielle de 1997 avant de se retrouver en prison pour 15 ans après avoir été condamné pour détournement de fonds, a écopé jeudi d’une nouvelle peine de 20 ans de prison.

Un de ses collaborateurs, le Français d’origine camerounaise Thierry Michel Atangana, qui réclame sa libération et l’intervention de l’Etat français, a écopé de la même peine.

Les deux hommes – qui ont déjà purgé 15 ans de prison après une condamnation en 1997 pour des faits similaires – ont été déclarés coupables de détournement en coaction de 1,1 milliard de FCFA (1,7 million d’euros) représentant le montant d’une taxe pétrolière ainsi que de tentative de détournement de 59,4 milliards de FCFA (90 millions d’euros).

« Edzoa Titus a outrepassé ses pouvoirs de secrétaire général de la présidence en délestant l’Etat de 1,1 milliard de FCFA », selon les termes du verdict.

L’ancien ministre camerounais des Postes et Télécommunications Isaac Njiemoun a lui été condamné à 10 ans de prison alors que le quatrième accusé, Dieudonné Mapouna, ancien secrétaire particulier d’Edzoa, a été acquitté.

Me Léonard Ndem, l’avocat de Titus Edzoa a déclaré que « la décision de ce jour ne me surprend pas… Je commence à désespérer de l’arsenal juridique de notre pays et même de l’application de nos lois ».

Me Patrice Mbuny, un des avocats de M. Atangana espère que les deux hommes pouront sortir dans 5 ans.

Titus Edzoa sur une photo du 7 mai 2011 (AFP/Archives)

« Ils sont emprisonnés depuis 15 ans. Même s’il (Atangana) avait été condamné en 1997 dans le cadre d’une autre affaire, le mandat de détention provisoire pour la procédure au sujet de laquelle un jugement a été rendu ce jour (jeudi) date de 15 ans », a déclaré l’avocat.

Il a indiqué que son client allait se pourvoir en cassation. « Le fait que nous (M. Atangana) soyons condamnés ne veut pas dire que nous reconnaissons les faits », a-t-il dit.

L’avocat de l’Etat camerounais s’est refusé à toute déclaration.

En 2011, Titus Edzoa, aujourd’hui âgé de 67 ans, avait écrit au président Paul Biya: « Quatorze ans de torture, Monsieur, ça suffit! », dénonçant « un embastillement dans des conditions inqualifiables »

Professeur agrégé en chirurgie, M. Edzoa a été de 1985 à 1997 un des personnages les plus puissants du régime de Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, dont il était un proche.

Tour à tour, ministre chargé de Mission à la présidence, conseiller spécial à la présidence, ministre de l’Enseignement supérieur, secrétaire général à la présidence et ministre de la Santé, M. Edzoa avait brusquement démissionné en avril 1997 annonçant sa candidature à la présidence.

« Aujourd’hui, à l’heure du bilan du système, le constat (…) est hélas dramatiquement désolant sur les plans institutionnel, économique, social, culturel… », écrivait-il alors.

Quelques jours après sa déclaration, il avait été arrêté puis jugé lors d’un procès pour détournement de fonds, écopant de 15 ans de prison.

M. Edzoa a toujours déclaré qu’il s’agissait d’une « conspiration politique ».

Lors de son procès de 1997, il a produit des écoutes téléphoniques dans lesquelles des personnalités promettaient d’utiliser un « rouleau compresseur » pour le neutraliser. Les rivalités au sein du régime entre les hautes personnalités sont souvent féroces.

Présenté comme le futur directeur de campagne de M. Edzoa (celui-ci ne l’a jamais confirmé), M. Atangana, 48 ans, avait aussi été condamné à 15 ans de prison. Envoyé au Cameroun en 1994 par son employeur, le groupe français Jean Lefebvre, pour des projets routiers, il s’était vu confier par la présidence camerounaise la direction d’une structure de travaux publics.

Avec AFP

Bona

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