Cameroun: première attaque-suicide attribuée à Boko Haram, 11 morts

Cameroun: première attaque-suicide attribuée à Boko Haram, 11 morts
Cameroun: première attaque-suicide attribuée à Boko Haram, 11 morts|AFP

Cameroun: première attaque-suicide attribuée à Boko Haram, 11 morts|AFP

Deux femmes kamikazes ont fait subir au Cameroun sa toute première attaque-suicide: au moins 11 personnes sont mortes dimanche soir à Fotokol, dans l’Extrême-Nord, en proie aux insurgés islamistes nigérians de Boko Haram.

Après un nouvel attentat-suicide dans la capitale tchadienne N’Djamena samedi, qui a fait quinze morts, l’attaque de Fotokol illustre la multiplication des violences dans la région du lac Tchad, même si Boko Haram a été affaibli par une opération militaire régionale.

Depuis deux ans, les insurgés nigérians ont enchaîné raids meurtriers et enlèvements dans l’Extrême-Nord, frontalier du Nigeria, mais une attaque-suicide en territoire camerounais est sans précédent.

Le président camerounais Paul Biya a condamné « avec fermeté » des attentats « lâches et odieux ».

Il « a donné aux forces de défense et de sécurité des instructions fermes sur les mesures à prendre en vue d’une sécurisation accrue de notre pays », selon un communiqué de la présidence.

Dimanche, « deux explosions criminelles causées par deux kamikazes sont survenues respectivement à 19H00 et 19H05 (locales) à Fotokol, localité camerounaise située en face de la ville nigériane de Gamboru », précise le communiqué.

Le bilan officiel de ces attentats est de 11 morts, « 10 civils et un militaire tchadien », ainsi que les deux kamikazes, et sept blessés, dont quatre soldats tchadiens et trois soldats camerounais.

Les deux femmes kamikazes se sont fait exploser aux abords d’un camp de l’armée, selon une source proche des services de sécurité camerounais basée à Fotokol.

« Nous avons entendu une forte détonation. Nous avons d’abord cru à un obus tiré depuis le Nigeria par Boko Haram, mais il s’agissait d’une femme qui s’est fait exploser. (…) Elle se dirigeait vers le camps du BIR (Bataillon d’intervention rapide de l’armée camerounaise) », où sont basés des soldats camerounais et tchadiens, a expliqué cette source.

« Quelques instants après, une autre explosion s’est produite dans des conditions similaires à environ 50 m (de la première) », a-t-elle ajouté.

Les soldats camerounais et tchadiens, présents à Fotokol dans le cadre de la lutte contre Boko Haram, se sont ensuite déployés dans la périphérie de la ville, où ils « ont abattu un islamiste », a indiqué la même source.

Selon un officier de police camerounais, la première kamikaze s’est fait exploser « à l’entrée du camp des BIR », la deuxième dans un quartier voisin « où les habitants ont l’habitude de se regrouper le soir » pour la rupture du jeûne musulman du ramadan.

Fotokol, attaquée à plusieurs reprises par le passé, est située juste en face de la ville nigériane de Gamboru, reprise en février par l’armée tchadienne.

Le Tchad est en première ligne dans l’opération militaire régionale lancée en début d’année avec le Nigeria, le Niger et le Cameroun contre le groupe islamiste nigérian. Mais les forces de sécurité nigérianes ne se sont toujours pas réinstallées dans la zone de Fotokol.

– Attaques-suicide à répétition –

Boko Haram conserve une importante capacité de nuisance pour les pays riverains du lac Tchad et notamment le Nigeria: lundi à Maiduguri (nord-est), un kamikaze s’est fait exploser à un poste de contrôle militaire en périphérie de la ville.

Le groupe multiplie les attentats depuis la prise de fonction du nouveau président nigérian Muhammadu Buhari le 29 mai: quelque 570 personnes ont été tuées, selon un comptage de l’AFP.

Et les pays voisins ne sont pas épargnés: la capitale tchadienne, jusque-là préservée, a été frappée à deux reprises par des attaques-suicides en mois d’un mois. La dernière a fait 15 morts et 80 blessés samedi au marché central de N’Djamena.

Au Niger, dans la nuit de samedi à dimanche, des insurgés portant des ceintures d’explosifs s’en sont pris à la prison de Diffa, dans le Sud-Est frontalier du Nigeria. Ils ont tué un gardien mais ne sont parvenus à libérer aucun de leurs camarades détenus, selon une radio locale.

En réaction à cette nouvelle vague d’attentats, le nouveau président nigérian, qui a érigé en priorité la lutte contre Boko Haram, a révoqué lundi tous les chefs de son armée.

Une armée très fortement critiquée pour n’avoir pas réussi à contenir l’insurrection islamiste désormais affiliée au groupe jihadiste Etat islamique (EI). Boko Haram et la répression des forces de l’ordre ont fait plus de 15.000 morts et 1,5 million de déplacés au Nigeria depuis 2009.

AFP


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