CEMAC : Brazzaville apporte un dénouement à l’affaire Antoine Ntsimi

CEMAC : Brazzaville apporte un dénouement à l’affaire Antoine Ntsimi

Un compromis semble avoir été trouvé sur l’affaire Antoine Ntsimi. Le président de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) regagnera Bangui (RCA) dans les tout prochains jours. L’information a été donnée, le 29 mars dernier à Yaoundé, par le ministre d’Etat, ministre de l’économie, du plan, de l’aménagement du territoire et de l’intégration, Pierre Moussa, à la sortie d’une audience avec le Chef de l’Etat camerounais, Paul Biya.

Selon le journal camerounais ’’Cameroon-Tribune’’, qui rapporte les faits dans sa parution du 30 mars 2012, le ministre Pierre Moussa était allé remettre un message du Chef de l’Etat congolais, Denis Sassou N’Guesso, à son homologue camerounais. Même si Pierre Moussa s’est abstenu de révéler explicitement le contenu du message, Cameroon-Tribune pense que ce message aurait porté sur l’affaire Antoine Ntsimi, qui a été refoulé le 21 mars dernier à Bangui ; ainsi que sur la solidarité manifestée par le Cameroun en faveur du Congo après les explosions du dépôt d’armements et de munitions du camp blindé à Mpila, le 4 mars dernier.
En ce qui concerne l’affaire Antoine Ntsimi, le ministre Pierre Moussa à révélé à la presse camerounaise qu’il s’agissait d’«un malentendu regrettable» que les médias ont amplifié et surestimé. «Le président Antoine Ntsimi regagnera bientôt son poste au niveau du siège de la CEMAC à Bangui, sans problème, où il sera chargé de préparer le sommet des Chefs d’Etat qui se tiendra en mai prochain à Brazzaville», a-t-il rassuré. Ce sommet planchera sur cette affaire.Après le refoulement d’Antoine Ntsimi à Bangui, le gouvernement camerounais avait décidé de saisir le Président Denis Sassou Nguesso, en sa qualité de Président en exercice de la CEMAC, afin de régler la situation. Un émissaire de Paul Biya était récemment à Brazzaville. Bangui aussi a envoyé une délégation à Brazzaville pour rencontrer Denis Sassou N’Guesso. L’on suppose que dans le souci de préserver la dynamique de l’intégration sous-régionale, un compromis a été trouvé. Ainsi, ces «malentendus regrettables», dus aux conflits de positionnement qui opposent les principaux acteurs de la sous-région, et à cause desquels l’intégration sous-régionale a du mal à s’affirmer, ne devraient plus se répéter.Sur la catastrophe de Mpila, Pierre Moussa a traduit la gratitude du Chef de l’Etat, du gouvernement et du peuple congolais, à l’endroit du Cameroun. Il a salué la promptitude avec laquelle ce pays avait manifesté sa solidarité au Congo par l’envoi d’une délégation ministérielle convoyant des tonnes de médicaments et de vivres, en plus d’une équipe médicale.

Pierre Moussa a rappelé que la catastrophe avait «fait près de 300 morts et 2300 blessés, et des quartiers entiers ont été rasés de leurs habitations. Les populations et les autorités congolaises se sont organisées pour circonscrire les dégâts. Les blessés ont été soignés dans les hôpitaux, ceux dont les habitations furent détruites ont été casés. Le gouvernement a remis une somme de trois millions de francs CFA à chaque famille sinistrée, afin de lui permettre de faire face aux urgences. Dans la même veine, 5.000 logements sont en construction pour le recasement des populations».

Pour réconforter le gouvernement et le peuple congolais, le Président Paul Biya a évoqué la catastrophe du lac Nyos, qui avait endeuillé son pays. Cette catastrophe avait eu lieu dans la soirée du 21 août 1986. En effet, une explosion gazeuse avait projeté dans les airs une colonne d’eau à une hauteur dépassant 80 mètres. L’énorme quantité de gaz carbonique libéré, étant plus dense que l’air, avait ensuite « coulé » dans les vallées avoisinantes en asphyxiant toute forme de vie jusqu’à 30 kilomètres du lac. La catastrophe avait provoqué la mort de près de 1800 personnes, imposant le déplacement et le recasement des milliers d’autres sur de nouvelles terres.

Les pouvoirs publics camerounais, soutenus par la communauté internationale, avaient pris le problème à bras-le-corps au bénéfice des habitants sinistrés, et surtout pour empêcher qu’un tel drame se reproduise. Depuis, la date du 21 août 1986 s’est inscrite dans la mémoire collective du Cameroun avec la force des événements d’envergure, heureux ou non, a indiqué le Chef de l’Etat camerounais.

Source: congo-site.com
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