Centrafrique : Des manifestants réclamant le départ de Djotodia enregistrent un mort et des blessés

Centrafrique : Des manifestants réclamant le départ de Djotodia enregistrent un mort et des blessés

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Le président centrafricain Michel Djotodia à Bangui le 21 décembre 2013 (AFP, Miguel Medina)

Michel Djotodia à Bangui le 21 décembre 2013 (AFP, Miguel Medina)

Plusieurs milliers de Chrétiens manifestent près de l’aéroport international de Bangui depuis ce lundi pour exiger le départ du Président de la transition, Michel Djotodia. Les manifestants majoritairement chrétiens étaient regroupés près de l’entrée de l’aéroport pour demander « le départ » du président Michel Djotodia, musulman. Les manifestants exigeaient également le départ du pays des soldats tchadiens de la Mission africaine de Soutien à la Centrafrique (Misca), aux cris de « Pas de Tchadiens à Bangui ».

Les manifestants étaient visiblement déterminés et annoncent leur soutien à l’opération de l’armée française mais s’opposent en revanche à l’action de l’armée tchadienne qu’ils jugent avoir pris position pour Michel Djotodia, l’ancien chef rebelle auteur du coup d’Etat à l’origine du chao en Centrafrique. Sur certains des pancartes des manifestants, on pouvait lire des slogans comme « Oui à l’opération Sangaris, non à l’armée tchadienne », ou encore « Oui à la France, non à la Séléka ».

Mais tout porte à croire que la manifestation n’a pas plu aux soldats tchadiens de la force africaine en Centrafrique (Misca). Ils ont tiré sur les manifestants faisant au moins un mort et une quarantaine de blessés. Des soldats français sont intervenus assez rapidement, et ont tiré en l’air pour disperser les derniers manifestants, mettant fin à l’incident. Ils ont également évacué les victimes. Un acte maladroit qui confirme les doutes de la population quant à une complicité des tchadiens avec les ex-rebelles Séléka. Les populations de Bangui majoritairement chrétiennes accusent les Tchadiens de la Misca de complicité avec l’ex-Séléka et réclament leur départ.

Déjà, des observateurs bien avertis avaient parlé d’un soutien du Président Tchadien Idriss Déby à l’ex rebellion de la Séléka pour le renversement de François Bozizé. Ce qui se confirme depuis quelques jours sur le terrain. La Séléka, qui a fait régner la terreur pendant des mois dans Bangui, compte par ailleurs dans ses rangs des mercenaires tchadiens et soudanais qui sont les premiers responsables des exactions contre les populations. Pour ce faire, les milices chrétiennes d’autodéfense s’en prennent à des ressortissants tchadiens. Dans un amalgame infernal, Tchadiens, Centrafricains originaires du nord du pays, et civils musulmans sont désormais rejetés en bloc par les populations chrétiennes de Bangui, car assimilés à l’ex-Séléka honnie.

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Cette manifestation des chrétiens fait suite à une autre des musulmans qui a eu lieu dimanche dans la même ville demandant le départ de l’armée française qui ferait de deux poids deux mesures. Ces musulmans se disent vulnérables parce que la plupart des rebelles Séléka ont été désarmés par l’Opération Sangaris. Près d’un millier de personnes ont été tuées depuis le 5 décembre dans la capitale et en province dans les violences confessionnelles, selon Amnesty International. La plupart des victimes ont été tuées dans des représailles de la Séléka, mais également dans les attaques et atrocités des milices anti-balaka. Une situation qui a précipité l’intervention de l’armée française dès le 5 décembre en appui à la Misca et ses 3.700 militaires.

Didier Assogba
Oeildafrique.com


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