Centrafrique : Des violences meurtrières et des pillages notés à Bangui suite la démission de Djotodia

Centrafrique : Des violences meurtrières et des pillages notés à Bangui suite la démission de Djotodia

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Michel Djotodia et Nicolas Tiengaye

Michel Djotodia et Nicolas Tiengaye

Le président par intérim de la République centrafricaine et son Premier Ministre ont démissionné vendredi à l’issue du sommet de Ndjamena consacré à la situation de ce pays. Le désormais ex-président par intérim se trouverait actuellement au Bénin, selon les révélations de nos confrères de la Lettre du Continent. Mais à Bangui, ces démissions n’ont pas pour l’heure calmé les ardeurs des instigateurs des violences.

Ainsi, l’on a assisté à un regain de violences dans la ville de Bagui. Depuis l’annonce de la démission forcée du président de la transition centrafricain Michel Djotodia et du Premier ministre Nicolas Tiangaye lors d’un sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), au moins quatre personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans les violences à Bangui. « Toute la nuit s’est passée sous les tirs de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique, une force africaine autorisée par les Nations Unies, NDLR et des Sangaris. Ce matin, la ville est calme, sinon il y a la menace des anti-Balakas vers Catin (un quartier de la capitale) », a indiqué le colonel Christian Narkoyo, commandant de la gendarmerie mobile.

Le colonel Narkoyo a expliqué que vendredi, des menaces d’attaques des milices d’autodéfense anti-Balakas (anti-machettes) ont été signalées. Ces groupes armés en majorité des jeunes Chrétiens soupçonnés fidèles à l’ancien président François Bozizé et soutenus par des ex-militaires des Forces armées centrafricaines (FACA) ayant refusé de faire allégeance au pouvoir de Michel Djotodia ont notamment attaqué la résidence du général Ibrahim Dafadi, sous-chef d’état-major chargé des opérations dans la nouvelle armée, un titre occupé auparavant au sein de l’ex-rébellion, au quartier Pou, non loin de celle du Premier ministre saccagée en 2013.

Dans son réquisitoire, le Colonel Narkoyo, ex-porte-parole militaire de la Séléka indique que les soldats burundais de la MISCA se sont mis à la manœuvre pour repousser ces miliciens chrétiens qui, dans leur offensive contre les ex-Séléka, sèment à leur tour la terreur à Bangui et d’autres villes du pays. Il annonce que des scènes de pillage des Anti-Balaka au détriment de commerçants et de civils musulmans accusés de soutenir les ex-rebelles au pouvoir. « Depuis qu’on nous a interdit de patrouiller, il n’y a aucun Séléka sur la route. Les anti-Balakas pillent les musulmans. Une attaque anti-Balakas contre une caserne militaire de Bangui, le camp Béal, a tué un ex-Séléka et blessé deux autres vendredi après-midi aux environs de 15 heures locales. Hier soir vers 19 heures, les Sangaris ont tiré sur des jeunes qui venaient de dresser des barricades et tué deux personnes», a-t-il dit.

Le patron de gendarmerie mobile du régime de Michel de Djotodia salue l’action des forces africaine et française pour limiter les violences. « Si ça continue comme ça, je pense que ça va nous amener quand même la paix ». Le sommet de N’Djamena a scellé le sort de Michel Djotodia et la transition centrafricaine se réorganise depuis vendredi. En effet, il n’y a plus de Michel Djotodia à la tête de la Centrafrique depuis ce vendredi 10 janvier 2014. Le président par intérim de la République centrafricaine, Michel Djotodia, et son Premier ministre, Nicolas Tiengaye, ont annoncé leur démission au cours du sommet de l’Afrique Centrale consacré à la crise en Centrafrique et qui se déroule au Tchad. L’annonce des démissions a mis fin au sommet de Ndjamena. La démission de Djotodia actée, les 135 membres du Conseil national de transition vont prendre le chemin du retour.

Ces membres doivent se rencontrer pour organiser la suite du pouvoir dans le pays. Mais les observateurs les plus avisés interprètent la démission de Michel Djotodia comme un coup de la France et du Tchad. Selon la procédure, inscrite dans ce qu’on appelle la Charte constitutionnelle de transition, la démission de Michel Djotodia doit être formellement remise à Alexandre Ferdinand Nguendet, le président du Conseil. Il doit ensuite faire constater la vacance du pouvoir par le président de la Cour constitutionnelle de transition.

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Alexandre Ferdinand Nguendet a quinze jours pour convoquer une session extraordinaire du CNT en vue d’élire un successeur. Depuis le renversement de Bozizé en mars 2013 par Michel Djotodia, la Centrafrique est plongée dans le chaos. On assisté à des représailles des ex-rebelles Séléka majoritairement musulmans qui ont rencontré la riposte des groupes d’autodéfense ; ce qui s’est transformée ces derniers mois en violences interconfessionnelles. Depuis décembre, on a dénombré plus de 1000 morts et de milliers de déplacés à Bangui et en région.

Didier Assogba
Oeildafrique.com


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