Centrafrique: François Bozizé, candidat à la présidentielle, demande la levée des sanctions contre sa personne

Centrafrique: François Bozizé, candidat à la présidentielle, demande la levée des sanctions contre sa personne
L’ancien président centrafricain, François Bozizé|DR

L’ancien président centrafricain, François Bozizé|DR

François Bozizé, l’ancien président de la Centrafrique déchu en 2013 par Michel Djotodia, a été investi candidat à la présidentielle du 18 octobre par le parti Kwa Na Kwa (KNK) au cours d’un congrès d’investiture tenu à Bangui. L’ancien général des Forces armées centrafricaines vit toujours en exil  en Ouganda et est interdit de voyage par l’ONU, mais espère revenir au pouvoir.

Dans un entretien avec RFI, Bozizé a expliqué que sa candidature à la prochaine élection présidentielle s’explique par le bilan de sa gestion à la tête du pays avant sa destitution par la rébellion. Et justement par rapport à son renversement, François Bozizé pense que c’est un coup monté de l’extérieur. «Ce n’est pas l’armée, ce n’est pas le peuple qui s’est soulevé contre moi», a-t-il expliqué. 

Bozizé pense qu’à son époque, il n’y avait pas de prisonniers politiques, la presse était libre, toutes les institutions démocratiques fonctionnaient normalement, les écoles fonctionnaient normalement, les hôpitaux fonctionnaient normalement bien. «On s’est battu comme des gladiateurs pour pouvoir remettre le pays sur les rails», avance l’ancien président.

A ceux qui pensent que la rébellion Séléka a  prospéré sur la misère des populations du Nord-Est de la Centrafrique, François Bozizé précise qu’elle a été  poussée tout simplement. «Je me rappelle qu’en novembre, décembre, nous avons envoyé une délégation composée des éléments des Nations unies et de la présidence qui est allée rencontrer Michel Djotodia dans son village natal à Gordil. Et Djotodia avait déclaré ouvertement qu’il était pour la paix», a-t-il rappelé.

Revenant sur les ratés de ses dix ans de gestion, il avance avoir provoqué le changement dans des conditions difficiles. «Les salaires n’étaient pas payés, trente mois d’arriérés de salaires et bien d’autres choses. Donc au nord, peut-être c’était beaucoup plus difficile, mais cependant, j’ai été à plusieurs reprises à Birao. J’ai parlementé avec les notables du secteur et ils m’ont bien compris», se justifie M. Bozizé qui déclare avoir ficelé le projet d’exploitation du pétrole vers Birao.

Quant aux sanctions prononcées contre lui par le Conseil de sécurité des Nations unies notamment l’interdiction de voyager, il dit ne rien comprendre de cette interdiction de voyage qui vise à l’empêcher de rentrer chez lui pour apporter sa contribution à la paix.

François Bozizé espère que le président congolais, Denis Sassou-Nguesso pourra intervenir  pour la levée des sanctions de l’ONU contre sa personne pour qu’il puisse concourir en toute liberté au fauteuil présidentiel.

Soupçonné d’être derrière les miliciens anti-balaka depuis décembre 2013, Bozizé dit ne rien comprendre à la manigance pour le fait que les anti-balaka ont créé leur parti, ont leur chef qui les dirige.

Quant aux actions des anti-balaka, l’ex-dirigeant centrafricain déclare avoir compris que ce sont les exactions de la Seleka qui ont provoqué l’avènement des anti-balaka. «Dans d’autres pays, on les appelle les  » Y-en a marre », « le Balai citoyen » et autres. Ceux-là, je ne vois pas pourquoi on les traite d’autre chose», a-t-il avancé.

A la suite de son renversement en 2013 par les Séléka, Bozizé avait accusé le président tchadien, Idriss Déby d’être derrière les rebelles. Aujourd’hui, il pense qu’il n’est plus nécessaire de remuer le couteau dans la plaie. L’homme se dit prêt à rencontrer Idriss Déby en vue de sauver la paix en Centrafrique.

François Bozizé a également abordé le dossier du rachat des mines d’uranium de Bakouma par la société Areva; dossier dans lequel les autorités de la transition centrafricaine le soupçonnent de détournements de fonds. Il pense que la justice devrait suivre son cours mais indique qu’il n’a jamais été opposé au rachat par Areva.

«Non, nous n’étions pas opposés. C’était au cours des discussions qu’on échangeait entre Areva et le gouvernement. Anne Lauvergeon est venue personnellement. Nous en avons discuté, et nous sommes tombés d’accord et on a signé», a justifié l’ex-président.

En son temps, l’accord a porté sur le versement à l’Etat centrafricain par Areva de 10 millions d’euros et une avance de 50 millions d’euros remboursables sur la production qui devrait suivre.

En revanche, François Bozizé ne reconnait pas avoir traité avec le député français Patrick Balkany sur le dossier de l’uranium. «J’ai appris cela dans la presse et j’étais surpris. Balkany a fait une visite éclair quand il a rencontré des hommes d’affaires à Bangui. Mais nous n’avons pas parlé de minerais à ma connaissance», a-t-il dit. 

Bozizé a reconnu par ailleurs que George Forrest, l’homme d’affaires belge a servi d’intermédiaire dans la conclusion de l’accord avec Areva. Il explique qu’il a été celui qui a pu convaincre les autorités d’Areva pour être plus flexibles afin que la conclusion aboutisse.

Le futur candidat à la présidentielle se dit d’ailleurs prêt à répondre tranquillement aux juges du Parquet financier français qui a ouvert une enquête sur le dossier.

© OEIL D’AFRIQUE

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