Centrafrique: un rapport remet au goût du jour l’enfer des musulmans

Centrafrique: un rapport remet au goût du jour l’enfer des musulmans
Les musulmans fuient la Centrafrique

Image d’archives |Les musulmans fuient la Centrafrique|Reuters

Conversion forcée, obligation de prières, argent contre protection, assassinats froides… Le rapport rendu public vendredi par Amnesty international remet au goût du jour la violence inouïe contre des musulmans de Centrafrique pendant que Michel Djotodia était au pouvoir entre 2013 et 2014.

En février 2015, cinq combattants anti-balaka se présentent à la porte de Fatima à quatre heures du matin. Ils arrosent à coups de rafale son mari, un boulanger. Quand les assassins battent retraite, l’homme est enterré aux abords de la concession familiale. Quelques mois plus tôt, en octobre 2014, le frère de Fatima est tué par le même groupe. Et comme il n’y a pas de police à Gadzi, il n’y a jamais eu d’enquête sur ces meurtres. Ces drames se déroulent en Centrafrique et ne sont enregistrés qu’en mai 2015 par Amnesty International dans un rapport accablant rendu public ce vendredi.

Apparus d’abord en province comme des groupes d’auto-défense villageois, les anti-balakas avaient vocation à défendre leurs villages contre l’ex-rébellion Séléka, de majorité musulmane, qui a porté au pouvoir Michel Djotodia en mars 2013 après avoir renversé François Bozizé. Mais sans moyens et sans armes, c’est surtout aux populations civiles que s’en sont rapidement pris les miliciens. Ils s’en sont pris aux civils musulmans qui ont été régulièrement pillés ou lynchés.

Et les enquêteurs d’Amnesty ont parcouru 12 villes et villages de l’Ouest de la République centrafricaine, pour y rencontrer des rescapés de cette violence. Selon Amnesty, plus de 30 mille musulmans mènent actuellement une vie étriquée dans les enclaves protégées de la République centrafricaine. Tandis que des dizaines de milliers d’autres ont dû se réfugier à l’étranger, selon le même rapport.

Conversion forcée, prière obligatoire, mosquée incendiée ou transformée en église, survie monnayée contre de l’argent ou prénom changé ont été notés par Amnesty. L’organisme de défense des droits de l’homme ajoute que l’intensité des violences dans l’Ouest de la République centrafricaine a culminé en mars 2014 et au cours des 12 derniers mois, la sécurité s’est peu à peu améliorée. Mais les musulmans qui ont pris le risque de rester dans cette région demeurent extrêmement vulnérables. Quelques-uns ont été tués et beaucoup ont dû fuir, selon Amnesty.

Après le départ forcé du pouvoir de Michel Djotodia, les forces internationales de maintien de la paix, d’abord sous l’égide de l’Union africaine (Ua) puis des Nations unies, ont permis une certaine stabilisation du pays mais ne sont pas parvenues à restaurer complètement la sécurité. Catherine Samba-Panza a été nommée présidente de la Transition.

Amnesty a appelé les autorités centrafricaines, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) et la communauté internationale à soutenir plus largement les efforts des musulmans visant à réintégrer les villes et villages de l’Ouest du pays, et à renforcer la présence des forces de maintien de la paix afin de mieux protéger la population des milices anti-balaka.

© OEIL D’AFRIQUE

 


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