Comment prévenir la crise qui menace le Bassin du Congo ?

Comment prévenir la crise qui menace le Bassin du Congo ?

Alors que toutes les conditions sont réunies pour faire de cette région du monde l’une des plus dynamiques, des plus prospères et finalement des plus heureuses de la planète, une crise aux contours indéfinissables se dessine qui pourrait bien plonger le Bassin du Congo dans un chaos durable. Cette crise est la résultante de trois facteurs qu’il serait possible de corriger sans trop de difficultés si les nations concernées d’une part, la communauté internationale d’autre part, se préoccupaient réellement de lui trouver une issue pacifique avant qu’elle
ne dégénère.

Résumés en quelques mots, ces facteurs sont les suivants:

1) La faiblesse du pouvoir central en République démocratique du Congo (RDC), le géant de l’Afrique centrale, faiblesse qui découle elle-même de l’immensité de ce pays aussi vaste que l’Europe.
2) L’extrême richesse des différentes nations et provinces de la région qui pousse de puissants intérêts extérieurs à entretenir les conflits ethniques permettant une exploitation criminelle de leurs ressources naturelles.
3) La compétition souterraine à laquelle se livrent les grandes puissances afin de garder ou de conquérir une position dominante dans l’une des régions les plus riches, les plus prometteuses de la planète.

L’observation attentive de l’actualité à laquelle nous procédons chaque jour pour nos lecteurs montre qu’au lieu de s’atténuer avec le temps, le danger s’accroît au fil des mois dans un climat d’indifférence générale qui laisse mal augurer de la suite des évènements. D’une part, en effet, les troubles gagnent, en RDC, d’autres provinces que les deux Kivu, déséquilibrant chaque jour un peu plus l’ex-Zaïre; d’autre part, la perspective d’une guerre imminente entre Israël et l’Iran, au ProcheOrient, conduit les « Grands » à considérer le golfe de Guinée, et donc l’Afrique centrale tout entière, comme l’un des enjeux majeurs de leur compétition.

Dans un pareil contexte, deux démarches et deux seulement, peuvent conjurer la fatalité avant qu’il soit trop tard :

– La première consiste à réformer les institutions du Congo démocratique de telle façon que celui-ci devienne une véritable fédération ou confédération. Les exemples de ce genre d’organisation politico-territoriale ne manquent pas de par le monde; elle est celle de tous les États qui s’étendent sur un vaste espace géographique tels, aujourd’hui, la Chine, les États-Unis d’Amérique, la Fédération de Russie, le Brésil, l’Inde et demain, sans aucun doute, l’Union européenne. Il n’est donc pas difficile de trouver un modèle.

– La seconde démarche consiste à construire enfin la communauté régionale qui fera du Bassin du Congo une entité organisée, structurée, pourvue de moyens d’intervention et donc capable de lutter efficacement contre les agressions directes et indirectes dont il est la cible. Sur ce terrain également les organisations dont les États de la région pourraient s’inspirer ne manquent pas et l’on peut être certain que la communauté internationale ne resterait pas indifférente si des initiatives concrètes étaient prises dans ce sens.

Une chose est certaine en tout cas, c’est que le temps presse. Car loin de se combler avec le temps, les lignes de fracture qui menacent le Bassin du Congo se multiplient aujourd’hui de façon inquiétante.

 
Jean-Paul Pigasse

 

 


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