Congo: L’hypothèse d’un acte criminel de plus en plus plausible

Congo: L’hypothèse d’un acte criminel de plus en plus plausible

4 Mars Explosions de Mpila (Brazzaville)

Plus d’un mois après la tragédie du 4 mars dernier,l’hypothèse d’un acte criminel s’impose suite à l’élimination de la thèse invraisemblable du court-circuit.Les interpellations en cours dans le cadre de l’enquête destinée à faire la lumière sur les explosions de Mpila laissent paraître la place qu’elle occupe désormais.Les commanditaires seraient mus par des mobiles politiques.
Susciter des mouvements de foules afin de créer des conditions de confusion susceptibles de déboucher sur l’avènement d’une nouvelle donne politique dont ils seraient bénéficiaires, tel serait leur objectif fondamental.

L’organigramme des forces armées et les fameux impôts de sang mis en avant pour expliquer le drame ne sont que des subterfuges désespérés pour tenter de soulever le peuple que n’ont pu le faire les explosions meurtriè-res. Jamais un organigramme n’a incendié un dépôt d’armes et de munitions. L’incendie dont il s’agit est bien l’œuvre d’une ou d’un groupe de personnes. Par ailleurs aucun pays moderne au monde n’est épargné des drames qui de temps à autres endeuillent les populations.

Dans les précédentes parutions du journal, le Patriote a énuméré des deuils ayant frappé certains pays parmi lesquels de grandes puissances. Le Congo qui se modernise et connait de très fortes concentrations des populations urbaines ne va pas se soustraire de cette trajectoire si dans sa croissance un certain nombre de pare-feu ne sont pas adoptés. Les grandes capitales occidentales sont passées par ces situations catastrophiques avant de tirer des leçons qui les mettent aujourd’hui à l’abri de certains de ces sinistres. Ce n’est donc pas un hasard si dans leur message de condoléances adressé au Chef de l’Etat et au peuple congolais à la suite du drame du 4 mars dernier il se dégage une certaine compréhension à l’égard de ce qui est arrivé. Aussi évoquer les impôts de sang est proprement halluci-nant et renvoie à l’époque médiévale.

Du coup émergent les versions des faits ayant suivi le jour même des explosions. Elles font état d’un projectile aperçu prenant la trajectoire du camp du régiment des blindés peu de temps avant les déflagrations. Ce projectile aurait atteint son objectif ainsi que l’attestent les explosions en chaine. D’autres évoquent la circulation très tôt dans la matinée du 4 mars dernier, des informations annonçant dans la journée des détonations d’armes lourdes dans la capitale et invitant les récepteurs à prendre des précautions. Négligées, sans nul doute, en raison de la version du court-circuit, elles prennent aujourd’hui un autre relief. L’hypothèse de la main noire ne prête plus à sourire. La question qui vient immédiatement à l’esprit est de savoir à qui pourrait profiter le crime.

Il n’est pas inutile de décrire le contexte dans lequel sont inter-venues ces explosions. On peut affirmer que le pays baigne depuis bien longtemps dans la quiétude à l’issue de l’extinction des foyers qui mettaient régulièrement l’Etat sur le pied de guerre. Ceux qui entretenaient ces foyers ont compris tout l’intérêt de travailler ensemble pour le bien des populations qui ne deman-dent autres choses que la paix afin qu’elles déploient leurs génies créateurs. Mais ils ont décidé également d’oeuvrer pour le progrès, la gloire et l’honneur de ce que tous les Congolais possèdent en com-mun, à savoir le Congo. Et depuis, les conditions propices au développement du pays ont été réunies et il s’en est suivi des résultats simplement époustouflants.

A l’image de ce changement qualitatif intervenu dans les fréquentations des populations de Pointe-Noire et de Dolisie, deux villes très proches mais dont les relations étaient rendues extrê-mement difficiles par des barrières naturelles. Grâce à la paix, l’Etat sous l’impulsion du président Denis Sassou N’Guesso a pu consacrer certains de ses énergies pour vaincre cette barrière et offrir ainsi la facilité aux populations des deux contrées de se rencontrer autant de fois qu’elles le souhaitent quotidiennement.

Cependant, il y a quelques temps un article paru dans un journal de la place a fait l’effet d’un coup de tonnerre dans un ciel serein. Cet article aux accents séditieux irréfutables, évoquaient la capacité de son auteur à renverser le pouvoir actuel non par les urnes comme le prévoit la constitution mais par les armes. Le pouvoir, selon cet article, ne serait assez fort pour lui résister. Il suffit que l’auteur jouisse de quelques allégeances militaires de certaines ethnies situées dans la partie méridionale du pays pour accomplir son dessein. Après l’émoi mâtiné de scepticisme, suscité par l’article, ce dernier est vite passé dans l’oubli. Mais pas totalement d’autant qu’il a instillé dans le pays une psychose de coup d’Etat sans en donner l’air. Depuis un certain temps, on sentait la tension monter dans quelques arrondis-sements de la capitale. L’article, faut -t-il le rappeler, est attribué à un haut gradé des forces armées congolaises. A tort ou à raison, cet article le rapproche d’un iota de la place laissée vacante par les pyromanes d’hier. Et ce d’autant que la ville a été inondée régulièrement par la suite des lots de tracts où la haine ethnique se le dispute à la soif du pouvoir. Une thématique qui se retrouve dans l’article qu’on pourrait qualifier de fondateur. Si la plupart des observateurs trouvent quelques peu farfelus les procédés avancés dans cet article pour s’emparer du pouvoir, ils demeurent néanmoins convaincus des intentions de son auteur. Brazzaville, tout au moins, depuis la publication de cet article et plus encore ces derniers temps bruissaient des rumeurs en tous genres et particulièrement d’un coup d’Etat. Tout le monde ou presque pressentait un coup mais nul ne pouvait parier sur la forme de ce coup et encore moins sur sa date. Telle est la description du contexte dans lequel sont survenues les explosions du 4 mars dernier. Seulement il serait hasardeux de lier ce contexte aux interpellations actuelles.

Léfini Michel


Bona

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