Congo Brazzaville : arrestations ou procédures normales ?

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Paulin Makaya, Modeste Boukadia, Jean Marie Michel Mokoko Ghys Fortuné Dombe Bemba et André Okombi Salissa | ©OEILDAFRIQUE

Après les arrestations de Paulin Makaya, Modeste Boukadia, Anatole Libongo Ngoka, Jean Marie Michel Mokoko pour des raisons d’atteinte à la sureté de l’état, l’ancien ministre et candidat malheureux à la présidentielle du 20 mars 2016  qui était recherché par des services judiciaires de son pays, a été arrêté dans la périphérie nord de Brazzaville le mardi 10 janvier 2017. De même, un jour après son arrestation dite «arbitraire» pour les autres et normales pour les uns, le tour est venu au  directeur général du journal «Talassa le Pélican» Ghys Fortuné Dombe Bemba à être appréhendé à l’aéroport international de Maya Maya, par les agents de la force publique qui l’on d’abord conduit à la gendarmerie avant de l’emmener à la Direction générale de la sécurité du territoire d’après les informations contenues dans la récente publication du 11 janvier 2017 du journal à travers les réseaux sociaux.  

Dans un communiqué officiel du procureur de la République André Oko Ngakala publié le 10 janvier 2017, l’ancien ministre André Okombi Salissa est accusé d’atteinte à la sureté de l’Etat et de détention illégale d’armes de guerre. Le Directeur général du journal «Talassa» est soupçonné d’avoir commis des faits de complicité d’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat en relation avec Bintsamou Fréderic alias Pasteur Ntumi. Le procureur avait demandé en décembre 2016 à l’Assemblée nationale de procéder à la levée de l’immunité parlementaire de l’honorable André Okombi Salissa. La correspondance du procureur adressée au président de l’Assemblée nationale aurait reçu une fin de non-recevoir.

 A Brazzaville, des voix s’élèvent au sujet de l’arrestation d’André Okombi Salissa. Ses partisans et certains membres de la société civile qualifient la décision judiciaire «d’arbitraire » en ce sens que le procureur devrait en principe respecter la procédure telle que déjà engagée en décembre 2016 lorsqu’il demandait à l’Assemblée nationale de lever l’immunité parlementaire de l’ancien ministre.

Un des membres influents de la société civile qui a requis l’anonymat signifie que l’arrestation d’André Okombi Salissa n’émane pas de la volonté judiciaire mais plutôt d’une mauvaise foi politique qui veut nécessairement lui infliger une sévère correction pour avoir jusqu’à sa dernière énergie mis en cause le scrutin présidentiel du 20 mars 2016 ainsi que la réélection du Président Dénis Sassou Nguesso.  

  Pourquoi les contestataires farouches du scrutin présidentiel du 20 mars 2016 comme Paulin Makaya, Jean Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa font  toujours actuellement l’objet des poursuites judiciaires et avec des mêmes chefs d’accusations ? Leurs détentions n’ont-elles pas un lien avec la politique et aussi avec leurs prises de positions radicales face au régime actuel qu’ils ne cessent de contester la légitimité ? A la suite de l’arrestation d’André Okombi Salissa par la force publique, l’indifférence et le manque de solidarité semblent s’installer  autour des cinq candidats signataires de la charte de la bonne conduite de la présidentielle du 20 mars 2016.  Ainsi, cette  charte telle que définie par les cinq candidats, semble ne pas être respectée par les uns qui en sont signataires. Pourtant, dans la même charte, il a été bien dit que «lorsque la vie d’un de leurs camarades est danger, tout le monde doit faire bloc afin de le soutenir et aussi dénoncer les pratiques antidémocratiques dont sont victimes leurs camarades à travers l’organisation des conférences de presse et des déclarations publiques». Depuis l’arrestation d’André Okombi Salissa membre signataire de cette charte, il n’y a que Madame Munari membre signataire de cet accord  qui a condamné fermement l’arrestation de son camarade qu’elle qualifie d’ailleurs d’arbitraire parce que la police judiciaire n’a pas respectée le principe de l’immunité parlementaire. Cependant, deux de leurs camarades signataires de la même charte à savoir Pascal Tsaty et Guy Brice Parfait Kolélas semblent se désolidariser des engagements qu’ils avaient tous pris dans cette charte dite de la bonne conduite.

 A en croire Madame Claudine Munari  sur les antennes de la RFI, le problème de fond est celui de la non-reconnaissance de la victoire du candidat Sassou à l’élection présidentielle du 20 mars 2016. Le Général Jean Marie Michel Mokoko, qui après avoir contesté  la réélection de Denis  Sassou Nguesso, a été assigné pendant plus d’un mois à résidence surveillée avant d’être  emmené dans les locaux de DGST laquelle l’a ensuite conduit à la maison d’arrêt où il est toujours dans l’attente d’un éventuel procès. Toujours dans la perspective de la non-reconnaissance de la réélection du Président Sassou Nguésso, le domicile de Madame Claudine Munari  a été également  assiégé par des éléments de la force publique pendant plus d’une semaine, l’empêchant ainsi de sortir et de recevoir des visiteurs. Et, aujourd’hui le tour revient à André Okombi Salissa. A travers cette série d’arrestations, la question que l’on se pose est celle de savoir à qui le prochain tour ?, selon l’un des observateurs de la société civile congolaise.

 Quant à l’affaire  du Journaliste Ghys Fortuné Dombe Bemba, le journal Talassa le Pélican dans sa récente publication du lundi 09 janvier 2017 sur les réseaux sociaux avaient déjà attiré l’attention de l’opinion nationale et internationale sur le danger qu’encourait Ghys Fortuné pour avoir publié un article dans lequel il faisait des révélations sur des enlèvements, des tortures, disparition et tueries massives perpétrées par certaines autorités de la force publique dont il avait cité les noms. Et 48 heures après cet alerte, ce Directeur Général du journal Talassa le Pélican a été appréhendé à l’aéroport international de Maya Maya par des éléments de la force publique qui l’on  conduit à la gendarmerie.

© OEILDAFRIQUE

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