Congo: Enquête sur les explosions

Congo: Enquête sur les explosions

 

4 Mars à Brazzaville

La montée de la fébrilité dans les milieux politiques

Depuis la mise en route de l’enquête visant à établir les responsabilités relatives aux origines des explosions du camp du régiment
des blindés le 4 mars dernier, on observe la montée d’une fébrilité dans certains milieux bien connus du microcosme politique
congolais. Celle-ci se traduit, entre autres, par la manipulation de l’opinion à travers la suggestion et la diffusion d’articles dans la
presse tendant à discréditer l’enquête et visiblement à préparer l’opinion à en contester les résultats.Il suffit de lire cette fameuse
presse pour s’en convaincre.Une démarche pour le moins curieuse dès l’instant où au lendemain du cataclysme de Mpila, d’une
seule voix, les Congolais dans leur ensemble, eux y compris, exigeaient l’ouverture d’une enquête.

Après avoir tenté, au lendemain du drame, de désorienter vainement l’opinion en attribuant ses causes au dysfonctionnement de l’armée et même au mysticisme, ces milieux politiques sont saisis par une excitation soudaine. L’organigramme double de l’armée et la dette du sang, avaient-t-ils soutenu à travers leurs écrits, expliquaient l’origine de l’incendie ayant conduit aux explosions au camp du régiment blindé. Cette lecture délibérément biaisée des faits exclut la thèse du complot. Elle tend à accréditer, en revanche, la version aussi invraisemblable qu’absurde selon laquelle l’Etat lui-même aurait allumé la mèche ayant mis le feu aux poudres.

Aujourd’hui, face au déroulement de l’enquête qui se caractérise par la convocation des officiers militaires dont certains leur sont proches tant politiquement qu’ethniquement, dans notre pays ces deux aspects sont si imbriqués qu’ils se confondent souvent, ces milieux perdent leur sérénité. Plutôt que de laisser l’enquête se dérouler normalement, ils tentent d’influer sur son cours en polluant l’environnement par des informations de nature à perturber la quiétude du pays.

En plus des actions en direction de la presse, dans leur volonté de nuire, ils vont jusqu’à chercher à mobiliser sur des bases ethnocentriques, quitte à exacerber gratuitement les crispations des relations interethniques, Toute interpellation concernant un officier issu de leur ethnie est présentée grossièrement comme une volonté gouvernementale d’exprimer sa haine à l’égard de la communauté. C’est dans se sens qu’ils procèdent au chantage et menacent le cas échéant de  »mettre le feu au pays  ».

A les suivre, coupables ou non, les leurs devraient simplement reconduits leur domicile, rejoindre leur famille. Curieuse conception de la République pour des personnes qui nourrissent l’aspiration de conquérir et d’exercer demain le pouvoir d’Etat. Si tout le monde se comporte de cette manière, chaque fois qu’un des siens se trouve interpellé, l’ethnie s’insurge, c’en aura fini non seulement avec l’Etat mais également avec la nation en pleine construction.

De plus en plus de concitoyens s’interrogent sur les raisons réelles de cette excitation d’autant que l’enquête n’est qu’à ses débuts. Pourtant, parmi les personnes interpellées, aucune n’a fait l’objet d’une inculpation à ce jour. Contrairement à la fausse image que les mêmes s’ingénient à coller à l’Etat, s’il n’existe aucune charge contre les personnes interpellées, rien ne justifiera leur détention et l’Etat se trouvera dans l’obligation de les remettre en liberté. Mais pour l’instant, il semble qu’il n’en est pas encore le cas, l’enquête se poursuit. C’est le schéma
classique de toutes les enquêtes de cette nature. Aussi à ce stade, il est difficile de trouver une explication satisfaisante à l’état d’esprit qui agite ces milieux politiques.

Le moins qu’on puisse dire est que l’enquête évolue si l’on s’en tient à un certain nombre de faits indéniables. Une perquisition s’est déroulée le mardi dernier au domicile d’un officier qui a abouti à la saisie de plus de cent PMK et de plusieurs caisses de munitions. La scène a eu lieu dans la zone voisine de la Maison d’Arrêt. En dépit des tentatives en vue d’entraver l’enquête destinée à faire toute la lumière sur les explosions du 4 Mars dernier, celle-ci aboutira ainsi que l’a promis au pays le président de la République, Denis Sassou N’Guesso.

Écrit par L.L.

Bona

Bona

L'actualité africaine n'a pas de secret pour moi. Toujours à l'afflux, je ne loupe rien.


Tags assigned to this article:
d'unel'enquêtel’etatmilieuxpays

Related Articles

Congo: Hassen Chalghoumi appelle à un forum pour la paix pour soigner l’image de l’islam

 [GARD align= »center »] Au cours d’un entretien lundi à Brazzaville avec les communautés catholique et islamique du Congo,  l’Imam de France,

Les gaz lacrymogènes, pas si innocents que l’on croit

Les Africains ont de plus en plus tendance à descendre dans la rue pour manifester. La semaine dernière, lorsque quelque

Congo: le « dialogue national » ouvre la voie à une nouvelle candidature de Sassou Nguesso

Le « dialogue national » sur l’avenir des institutions en République du Congo voulu par le président Denis Sassou Nguesso a ouvert

Aucun commentaire

Espace commentaire
Aucun commentaire Soyez le premier à répondre à ce commentaire

Espace commentaire

Votre e-mail ne sera pas publié
Required fields are marked*