Congo: Hollande met en garde Sassou N’guesso sur une réforme constitutionnelle

Congo: Hollande met en garde Sassou N’guesso sur une réforme constitutionnelle
Hollande et Sassou
© Dominique Faget, AFP | François Hollande et Denis Sassou-Nguesso, mardi 7 juillet 2015, à Paris

Le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou N’guesso a rencontré François Hollande, mardi, à l’Élysée. Les deux chefs d’État ont évoqué la situation en République centrafricaine et la mobilisation du Congo en vue de la conférence sur le climat.

Le président congolais, Denis Sassou-Nguesso, a rencontré son homologue français, François Hollande, à Paris, mardi 7 juillet, quatre jours avant le « dialogue national » qu’il a convoqué pour discuter de l’avenir des institutions en République du Congo.

Les deux présidents « ont évoqué le processus de sortie de crise en République centrafricaine », précise un communiqué de l’Élysée, et se sont félicités « des progrès importants réalisés dans la sécurisation du pays et la réconciliation nationale ». François Hollande et Denis Sassou N’guesso sont convenus qu’il convenait désormais « d’assurer la pleine mobilisation de la communauté internationale pour apporter un soutien renforcé au processus électoral et permettre la tenue du scrutin présidentiel aux dates prévues ».

Le président français a également « salué la mobilisation de la République du Congo en faveur du succès de la Conférence de Paris sur le climat » et « a confirmé au président congolais que l’Afrique, continent le plus exposé aux changements climatiques, devait bénéficier d’une attention particulière dans le cadre des négociations en cours pour parvenir à un accord global à Paris ».

« Le président français a indiqué son attachement à la préservation et à la consolidation des institutions », ajoute par ailleurs le communiqué au sujet de la démocratie en Afrique.

L’avenir démocratique du Congo bientôt décidé

Âgé de 72 ans, Denis Sassou-Nguesso, qui cumule plus de 30 ans à la tête de la République du Congo, a annoncé le 30 juin la convocation d’un « dialogue national » du 11 au 15 juillet pour examiner l’organisation des futures élections et de l’avenir des institutions du pays.

L’opposition, qui a boycotté les consultations présidentielles organisées en mai et juin pour préparer ce forum politique, soupçonne que cette initiative n’ait d’autre but que de changer la Constitution du Congo pour permettre à son président de briguer un nouveau mandat en 2016.

Denis Sassou-Nguesso a dirigé le Congo à l’époque du parti unique, de 1979 jusqu’aux élections pluralistes de 1992, qu’il a perdues. Revenu au pouvoir en 1997 à l’issue d’une violente guerre civile, il a été élu président en 2002 et réélu en 2009.

La Constitution congolaise adoptée en 2002 lui interdit à double titre de se représenter en 2016 : elle limite à deux le nombre de mandats que peut exercer un président et stipule que nul ne peut être candidat à la fonction suprême s’il a plus de 70 ans.

Ancienne puissance coloniale du Congo, la France dispose d’importants intérêts économiques dans ce petit État producteur de pétrole, où le groupe Total est fortement implanté.

AFP



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