Congo : La peine du colonel Ntsourou devient la prison ferme dans l’affaire des explosions de Mpila

by OEIL D'AFRIQUE | 17 mars 2014 17 05 35 03353

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Le Colonel Marcel Ntsourou [1]

Le Colonel Marcel Ntsourou (Image d’archives)

Le Colonel Marcel Ntsourou est condamné à la prison ferme. Cette condamnation constitue le prolongement des suites judiciaires des explosions des dépôts de munitions le 4 mars 2012 à Mpila dans la ville de Brazzaville. Pendant que plusieurs personnes soutiennent que le dossier des explosions est clos, la Cour Suprême de Brazzaville a ressuscité l’affaire. Ainsi, le premier jugement de septembre 2013qui condamnait le Colonel Ntsourou à 5 ans de travaux forcés avec sursis est cassé.

Les juges de la Cour suprême ont donc rejugé l’affaire et ont rendu lundi leur décision suite au pourvoi en cassation émis par le procureur général du tribunal de Brazzaville. Dans son arrêt la cour a requalifié la peine du Colonel Marcel Ntsourou et le condamne à 5 ans de prison ferme.
Le colonel Ntsourou, ancien numéro 2 des services de renseignements congolais voit ainsi sa peine qui se double.

En effet, l’ancien officier est détenu à Brazzaville depuis mi-décembre suite aux violents affrontements et des échanges de coups de feu à son domicile entre les éléments de sa garde et les forces armées congolaises. L’affaire pour lequel il a été arrêté n’est pas encore instruis et il n’est pas non plus été jugé.

Ce qui signifie qu’il restera qui se sont déroulés autour de sa résidence. Une affaire pour laquelle il n’a d’ailleurs pas encore été jugé avant de voir sa peine de travaux forcés avec sursis transformé en peine de prison ferme.

Toutefois, les avocats de l’officier ne comptent pas baisser les bras. Me Yvon Eric Ibouanga, l’un des Conseils de Marcel Ntsourou assure que la batailles judiciaires sera poursuivie et l’ancien patron des renseignements congolais va introduire un pourvoir en cassation contre cet arrêt de la Cour suprême. Me Yvon Eric Ibouanga explique que le pourvoi en cassation introduit par le procureur général a été émis en violation de l’article 507 du code de procédure pénale.
Ce contre quoi le ministre congolais de la Justice s’inscrit en faux.

Le garde des sceaux évoque lui aussi le code de procédure pénale congolais et précise qu’il n’y a pas de sursis en matière criminelle. « Si la Cour a révoqué le sursis, elle n’a fait qu’appliquer la loi. Dans notre système de répression au Congo, il n’y a pas de sursis en matière criminelle… Or, les travaux forcés sont une peine criminelle. », a déclaré Aimé-Emmanuel Yoka.

Ancien proche de Sassou-Nguesso, qu’il a soutenu pendant la guerre civile de 1997, l’ancien officier d’origine téké aurait, selon certaines sources, pris ses distances, depuis quelques temps déjà, avec le pouvoir, bien avant son arrestation. Il aurait également mal vécu sa condamnation alors que son chef direct, Jean-Dominique Okemba, conseiller spécial du chef de l’Etat, n’a lui pas été inquiété.

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Rappelons que le colonel Ntsourou avait été condamné en septembre 2013 à 5 ans de travaux forcés avec sursis pour l’explosion du dépôt de munitions de Mpila en mars 2013 qui avait fait près de 300 morts, plus de 2.300 blessés et 17.000 sans-abris. Six militaires ont été condamnés et vingt-six autres prévenus acquittés par la justice congolaise dans le cadre de cette affaire.

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Endnotes:
  1. [Image]: http://oeildafrique.com/wp-content/uploads/2013/12/Colonel-Marcel-Ntsourou.png

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