Congo: l’amélioration de l’accès à l’eau potable courante toujours soumise aux promesses

Congo: l’amélioration de l’accès à l’eau potable courante toujours soumise aux promesses

S’il est un secteur de développement national où le Congo est condamné à rattraper le grand retard qu’il a accumulé, c’est bien l’accès de sa population à l’eau potable courante, aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural, rapporte la semaine africaine.

Après la promulgation de la loi n°13-2003 du 10 avril 2003 portant code de l’eau en République du Congo, le lancement officiel, le 18 septembre 2009, à Brazzaville, de l’O.r.s.e (Organe de régulation du secteur de l’eau), le pays a toujours du mal à réformer l’unique entreprise publique de distribution d’eau, dont les capacités sont loin de répondre à l’immensité de la demande nationale en eau potable courante.

Dans son dernier message sur l’état de la nation, le président de la République, Denis Sassou Nguesso, s’est contenté de promesses, face à la situation difficile que vivent ses compatriotes, en matière d’accès à l’eau potable courante, seize ans après la fin de la guerre de 1997.
En matière d’eau, il y a lieu de dire que le Congo est vraiment béni de Dieu. En janvier 2010, un rapport faisant l’état des lieux du droit à la consommation, présenté par certaines O.n.gs, dressait le constat suivant:

«En matière hydraulique, le Congo dispose, chaque année, en moyenne, de 222 milliards de mètres-cubes d’eau de surface, 198 milliards de mètres-cubes d’eau souterraine renouvelable, auxquels il faut ajouter plus de 1000 milliards de mètres-cubes d’eau venant des pays voisins. Trois types de ressources sont mis à contribution, pour la satisfaction des différents besoins: eau de pluie, de surface et souterraine».

Malgré une telle abondance, sous leurs pieds, en surface et qui leur tombe du ciel, plus de la moitié des Congolais ne disposent pas d’eau potable courante. Ils sont obligés de parcourir des distances, transporter des récipients, pour recueillir de l’eau à boire. De nombreux quartiers dans les deux grandes villes du pays, Brazzaville et Pointe-Noire, sont, parfois, privés d’eau courante, pendant des jours, voire des semaines et même des mois.

Ce ne sont pas les promesses qui ont manqué, d’ailleurs, il y en a encore. Des projets, il y en a eu et il y en a aussi. Lors de son message sur l’état de la nation, le président de la République, Denis Sassou Nguesso, a encore évoqué des projets fort intéressants, qui lèvent une grande lueur d’espoir:

«Dans le domaine de l’eau potable, je vous annonce, avec la pleine assurance de la vérité, l’achèvement des travaux de construction de la deuxième usine d’eau de Djiri, d’une capacité de plus de cinq mille mètres-cubes par heure. La réhabilitation de la première usine de Djiri a, quant à elle, débuté en juin dernier. A terme, le relèvement de la production totale des deux usines à plus de onze mille mètres-cubes d’eau par heure permettra de couvrir les besoins en eau potable de la ville- capitale, jusqu’à l’horizon 2030.

Avec l’appui de nos partenaires au développement, plusieurs autres projets hydrauliques sont en cours de réalisation, notamment: -la réhabilitation des réseaux de distribution d’eau potable à Brazzaville et à Pointe-Noire; et surtout, l’amélioration de l’accès à l’eau potable en milieu rural, porté par le programme «Eau pour tous» que nous venons, il y a une semaine, de lancer, dans la Bouenza. Dans trois ans, le programme «Eau pour Tous» va couvrir plus de deux mille villages sur toute l’étendue du pays».

Bref, pour rendre présentable l’état actuel de la nation, le chef de l’Etat fait miroiter les projets.

Car, la situation actuelle, seize ans après la fin de la guerre de 1997, est toujours lamentable en matière d’accès à l’eau potable courante, en milieu urbain comme en milieu rural. Ce qui est surprenant, c’est de voir qu’autant il y a des projets pour augmenter la production nationale d’eau, autant on n’évoque pas la question de l’entreprise publique chargée de l’adduction d’eau dans le pays, la S.n.d.e (Société nationale de distribution d’eau). Vouée à la privatisation, depuis la fin des années 80, elle n’a, jusque-là, pas connu de restructuration significative de nature à accroître ses capacités managériales et améliorer sa gestion, de façon à satisfaire la demande en eau de ses milliers d’abonnés dans les villes congolaises. Les promesses du chef de l’Etat suffisent-elles à améliorer la situation? Il faudra encore quelques années pour le savoir. Pendant ce temps, il faudra prendre son mal en patience.

Joël NSONI


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