Congo : le « recensement administratif spécial » divise la classe politique

Congo : le « recensement administratif spécial » divise la classe politique

Les opérations du recensement administratif spécial » entamées depuis lundi 22 juillet par les autorités de la République du Congo divisent la classe politique. La question est différemment perçue selon que l’on soit du camp du pouvoir ou de l’opposition. Des contradictions qui risquent de conduire à des législatives non crédibles.

Depuis lundi 22 juillet, les autorités du Congo-Brazzaville ont entamé un « recensement administratif spécial » en vue de prochaines élections locales. Cependant, cette opération qui selon le gouvernement vise simplement à mettre à jour le fichier électoral vieux de 12 ans, est perçue autrement du côté des opposants au régime du président Dénis Sassou Nguesso.

L’opposition reproche au pouvoir en place de ne pas associer la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Simple hasard ou véritable manœuvre politique ?
En tout cas pour les membres des partis de l’opposition, le fait d’écarter la Ceni aux opérations du recensement administratif spécial, requiert des manœuvres du Parti congolais du travail (PCT). Ces manœuvres a-t-on lu sur le site de RFI, consistent selon l’opposition sans fournir des preuves suffisantes à permettre au président Sassou de « Se bâtir un fichier électoral sur mesure afin de modifier la constitution et briguer un troisième mandat ».

Pour, Paul-Marie Mpouélé membre de l’Alliance pour la République (ARD), principal collectif d’opposition, cité par RFI, « Il faut qu’il y ait une commission électorale indépendante qui va s’occuper de toutes les opérations, y compris ce recensement qui est en train de se faire ».

L’opposition congolaise caractérisée par des divisions internes (Gauche, Droite et Centre), exige par ailleurs, un recensement consensuel. Car, rappelle-t-elle « Les procédures que le gouvernement tente d’imposer dans la mise en œuvre de ce recensement sont identiques à celles expérimentées lors des révisions des listes électorales instituées au cours des processus électoraux organisés par le pouvoir depuis 2001 et qui se sont soldés par des échecs cuisants »

Si la révision constitutionnelle, concernant notamment des articles relatifs à la limitation du mandat de chef de l’Etat, est devenue monnaie courante dans la plupart des pays africains, au Congo Brazza on n’en est pas encore là. Les craintes exprimées par l’opposition sont rejetées en bloc par les membres du parti au pouvoir qui affirment que « le lancement du recensement administratif spécial a pour objectif de mettre à jour le fichier électoral qui n’a plus été révisé depuis 2001 »

Le décret n° 2013-163 portant organisation du recensement administratif spécial au Congo, a été rendu public le 3 mai 2013, par le président congolais Dénis Sassou Nguesso.

Ce recensement entamé depuis le 22 juillet 2013, comprend trois principaux organes, parmi lesquels, une coordination nationale du recensement placée sous la direction de monsieur Raymond Zéphyrin MBOULOU, ministre de l’intérieur ; un comité technique dirigé par monsieur Antoine EVOUNDOU, directeur général des affaires électorales (DGAE), structure technique du ministère de l’intérieur et de la décentralisation, et des commissions locales instituées dans les départements et les arrondissements. Ces commissions sont placées sous la direction des préfets, maires et administrateurs-maires, sous-préfets, chefs de quartiers et présidents de comités de villages, curieusement tous les membres des partis de la mouvance présidentielle, affirment l’opposition.

Cyrien Kapuku


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