Congo: l’opposition dénonce l’interdiction d’une conférence de presse

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Charles Zacharie Bowao

Charles Zacharie Bowao, ancien ministre de la Défense et aujourd’hui président de l’IDC-Frocad, la principale plateforme de l’opposition|© DR

Une coalition d’opposition congolaise a accusé vendredi la police d’avoir empêché la tenue d’une conférence de presse à Brazzaville au cours de laquelle elle comptait « dénoncer » l’incarcération selon elle « arbitraire » d’un candidat malheureux à la présidentielle de mars.

« Alors que la réunion n’avait même pas encore commencé, un lieutenant de la police est venu nous demander de quitter les lieux », a déclaré à l’AFP Charles Zacharie Bowao, coordonnateur de l’IDC-Frocad.

La conférence de presse de l’IDC-Frocad (Initiative pour la démocratie au Congo – Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique) était destinée à « dénoncer » l’arrestation du général Jean-Marie Michel Mokoko, qui « participe d’une action tragique », a ajouté M. Bowao.

Plusieurs témoins ont déclaré à l’AFP que le siège du parti où devait se tenir la conférence de presse avait été encerclé par la police. Le porte-parole de la police n’a pu être joint pour commenter ces informations.

Arrivé troisième avec près de 14% des suffrages le 20 mars, le général Mokoko a été inculpé jeudi « d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État et de détention illégale d’armes et munitions de guerre », et écroué.

Le président sortant Denis Sassou Nguesso avait remporté ce scrutin dès le premier tour avec plus de 60% des voix selon les résultats officiels.

Dénonçant avec quatre autres candidats à la présidentielle comme une « forfaiture » les résultats officiels, le général Mokoko avait appelé « à la désobéissance civile généralisée » après leur proclamation, exhortant le peuple à « cesser d’avoir peur » et à « réclamer (son) vote confisqué ». Les autorités avaient assimilé ces propos à un appel « à l’insurrection armée ».

Ancien chef d’état-major des armées (1987-1993), crédité d’avoir joué un rôle important dans l’instauration du multipartisme en 1992, le général Mokoko avait démissionné début février de ses fonctions de représentant de l’Union africaine (UA) en Centrafrique et de conseiller de M. Sassou Nguesso pour annoncer sa candidature.

AFP

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