Congo: Sassou Nguesso entre rupture et continuité

Congo: Sassou Nguesso entre rupture et continuité
Sassou Nguesso

Le président Dénis Sassou Nguessou et le nouveau gouvernement congolais

A l’issue des élections législatives d’août 2012,le peuple congolais était câblé 24/24 pour attendre la composition du nouveau gouvernement qui devrait poursuivre la mise en œuvre du « chemin d’avenir » projet de société du président Sassou dont le mandat constitutionnel s’achève en 2016. Cette attente de un mois a connu son terme le 25 septembre dernier à 20 heures précise .

En effet,Le gouvernement congolais a été remanié mardi 25 septembre 2012 au soir par un décret signé par le président Denis Sassou Nguesso. Ce gouvernement passe de 37 à 38 membres dont 5 ministres d’Etat et 3 ministres délégués. Le grand départ est celui du ministre de la Défense, Charles Zacharie Bowao, dont tout le monde attendait la démission après les explosions du 4 mars qui ont fait près de 300 morts à Brazzaville. Il a été remplacé à ce par le chef d’état-major des Forces armées congolaises le Général de division Richard Mondjo. Il sied également de noter le départ très remarqué du Ministre Okombi Sallessa , ministre depuis 1997 surnommé tout bouge parce que changeant de portefeuille à chaque remaniement Le premier conseil des ministres du nouveau gouvernement a eu lieu deux jours après la formation de la publication de la nouvelle équipe .
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Dans la nouvelle équipe gouvernementale nommée ce mardi 25 septembre l’opinion publique congolaise tablait sur une véritable refonte avec de nouvelles figures ce qui s’apparenterait à une rupture, le président Sassou a déjoué tous les pronostics et a opté pour la continuité en vue de maintenir une cohérence dans la gestion des dossiers selon une source proche du cabinet du chef de l’Etat congolais. Toutefois, il sied de tirer quelques enseignements, le président a abroge les pôles ministériels qui n’ont pas produit des résultats escomptés du fait de sa lourdeur et des chevauchements constatés ici et là lors de la mise en œuvre des directives gouvernementales.

Le nouveau gouvernement compte 38 membres contre 37 dans l’équipe sortante. On y trouve toujours 5 ministères d’Etat. Les cinq pôles qui coordonnaient les différents ministères ont été supprimés comme nous l’avions signifié plus haut .Gilbert Ondongo, devient ministre d’Etat, conserve le portefeuille des Finances. Il s’est vu ajouter la responsabilité du Plan et de l’intégration en remplacement de Pierre Moussa, nommé récemment à la présidence de la CEMAC.

Rodolphe Adada qui a eu a assuré à un moment les fonction de représentant des Nations Unies au Darfour sans résultat probant et fut remercier à cet effet, Florent Ntsiba fidèle parmi les fidèles du Président, et Aimé Emmanuel Yoka premier directeur de cabinet de l’ère Sassou président demeurent ministres d’état avec une particularité du fait que ces trois personnalités sont aux affaires depuis 1979 ,ce qui laisse certains observateurs à les qualifier de ministre a vie ;seul la mort les éloignera du gouvernement .

Par ailleurs François Ibovi lui fait son grand retour au gouvernement après cinq années passées à l’Assemblée nationale ce qui constitue une exception à la méthode Sassou .Ce retour est considéré comme une récompense parce que Monsieur François Ibovi député depuis 1992 d’Oyo le village natale du président Sassou avait cédé sa circonscription à Christelle Sassou Ngésso un des fils du président qui fit sa rentrée au comité central du PCT lors du congrès de juillet 2011. On note aussi l’entrée très remarquée du tout puissant jean Jacques Bouya le délégué général des grands travaux qui n’avait jusqu’à sa nomination des comptes a rendre que directement au président de la République .CE dernier devient ministre de l’aménagement et, de la délégation des grands travaux et qui cette fois sera confronté aux députés qui l’interpelleront sur les questions relatives aux chantiers en cours notamment les chantiers inachevés et sur les conditions des passations des marchés publics.

Outre le Général Gilbert Mondjo, un autre militaire général en la personne de Gilbert Mokoki commandant de la gendarmerie qui selon les informations en notre possession lorgnait le poste de chef d’Etat major général voit cette ambition s’éloigner pour l’instant ,car il rentre au gouvernement comme ministre délégué chargé de la marine marchande et des voies navigables .

Tout compte fait, Le gouvernement reste dominé par le Parti congolais du Travail, grand vainqueur du dernier scrutin législatif. Son allié, le Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI), a été bien servi avec trois portefeuilles, le Must parti dirigé par l’ancienne proche collaboratrice et directrice de cabinet de l’ex président Pascal Lissouba, Madame Claudine Munari conserve le portefeuille du commerce, Josué Rodrigue Ngouonimba du parti UFD change de portefeuille et prend la charge du ministère du tourisme et de l’environnement; quant à Claude Alphonse Silou du parti RC, il conserve le ministère de l’urbanisme et de l’habitat .

Sommes toutes ,la nouvelle équipe gouvernementale congolaise devrait faire preuve de plus de cohésion et mettre de côté les égaux pour former autour du président une réelle équipe gouvernementale car le constat souvent fait par les observateurs de la scène politique congolaise laisse présagé les divergences puis pire les ministres se boycottent les uns les autres. Les défis qui attendent cette nouvelles équipe sont très nombreux surtout que nous abordant la dernière ligne droite de la fin du mandat constitutionnel du président Sassou en 2016; elle n’a donc pas droit à l’erreur ;elle est soumise à une obligation de résultat car le peuple congolais appréciera et l’évaluera au moment opportun.

Rodrigue Fénelon Massala
Oeil d’Afrique Abidjan

 


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