Côte d’Ivoire : « A dieu » l’alternance politique entre le parti de Ouattara et de Henri Konan Bédié

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Alassane Ouattara (à gauche) et Henri Konan Bédié en novembre 2012. © SIA KAMBOU / AFP

Alassane Ouattara (à gauche) et Henri Konan Bédié en novembre 2012. © SIA KAMBOU / AFP

L’alternance politique annoncée par le Rassemblement des républicains (Rdr, pouvoir), le parti de Alassane Ouattara, en 2020, et qui devrait permettre à la formation de l’ex-chef d’Etat Henri Konan Bédié de prendre le relais à la tête du pays, est hypothéquée par la réforme constitutionnelle.

La réforme constitutionnelle qui devrait être soumise à référendum, le 30 octobre 2016, et qui consacre un poste de vice-président, va changer la donne au niveau de l’alternance à la présidence. Le poste de vice-président étant l’enjeu majeur de cette nouvelle Constitution.

Selon le projet constitutionnel en cours d’élaboration, le vice-président est élu au suffrage universel direct avec le président de la République. Si le texte est adopté par le peuple ivoirien, en référendum, alors le poste de vice-président crée sera vacant, d’où il y aura un vide constitutionnel à ce niveau.

Pour combler ce gap, M. Ouattara ne peut que nommer un vice-président, qui selon la nouvelle Constitution devrait être élu. Des indiscrétions révèlent que l’actuel secrétaire général de la présidence, Amadou Gon Coulibaly, est pressenti pour le poste de  vice-président.

La nouvelle Constitution devrait comporter une clause exceptionnelle et transitoire permettant au président Alassane Ouattara, dès son adoption de nommer son vice-président en attendant le scrutin de 2020. Le vice-président sera la deuxième personnalité du pays.

Les barons du parti de Alassane Ouattara n’entendent pas céder facilement le pourvoir. « La politique, c’est la saine appréciation des évènements du moment », estiment certains, qui souhaitent que leur formation reste toujours au perchoir.

M. Ouattara avait déclaré qu’il ne se présentera pas après son second mandat, qui arrive à terme en 2020. Pour contrôler les affaires au sommet de l’Etat, il positionnera  ses dauphins, afin de poursuivre par ailleurs sa vision de l’émergence de la Côte d’Ivoire.

Le leader du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci), Henri Konan Bédié, avait appelé le 17 septembre 2014 à une unification de son parti avec celui de M. Ouattara. Mai depuis lors, ce projet tarde à voir le jour. Tout parti politique étant crée pour conquérir le pouvoir d’Etat, alors chaque formation prépare les prochaines joutes électorales.

Pour les législatives à venir, le parti de Ouattara lui seul compte plus de 1.000 candidats en son sein pour 255 sièges à l’Assemblée nationale. L’appétit électoral est visiblement élevé.

Qui succèdera  à M. Ouattara ?

Au sein de la plateforme des houphouétises, la coalition au pouvoir, l’on entend dire : celui qui a plus de qualités et d’aptitudes, succédera au président Ouattara. Ces propos issus notamment du parti de l’actuel chef d’Etat montrent une alternance utopique. Chacun se battra pour conquérir le pouvoir. Le président de l’Udpci, Mabri Toikeusse, et celui de l’Upci, Gnamien Konan, leaders de cette coalition, ont déjà annoncé leur intention de se présenter à la présidentielle de 2020.

L’alliance de la coalition au pouvoir pourrait connaître des difficultés après le départ de M. Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire. Chacun joue actuellement sa carte stratégique.

Le Pdci, selon des sources dignes de foi, est en train de positionner pour le poste de vice-président, le Premier ministre Daniel Kablan Duncan et le ministre d’Etat en charge du dialogue politique et des réformes institutionnelles, Jeannot Ahoussou-Kouadio, ex-Premier ministre, afin d’organiser le scrutin en 2020 et espérer propulser le Pdci au pouvoir.

Le parti qui occupera la vice-présidence a l’avantage d’organiser la présidentielle de 2020. Et le Rdr, parti de Alassane Ouattara compte bien avoir ce poste.

© OEIL D’AFRIQUE

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