Côte d’Ivoire: Adjamé Roxy, la grande pharmacie à ciel ouvert

Côte d’Ivoire: Adjamé Roxy, la grande pharmacie à ciel ouvert

Si longtemps la petite commune d’Adjamé a toujours été célèbre c’est de par sa situation géographique et son marché au nom très populaire. Grand carrefour d’échange de la capitale économique, là d’ou part tout le réseau commercial du pays, Adjamé abrite par la même occasion la plus grande pharmacie à ciel ouvert. Bienvenue au Roxy, « la grande pharmacie par terre ».

Du nom d’une célèbre salle de cinéma qui a fermé depuis des lustres, Le Roxy a cédé la place à un grand réseau de vente de médicaments pharmaceutiques. Ici on y trouve tout, de l’aspirine, des antibiotiques, des déparasitant, des anti-inflammatoires, des vaccins et même des ballons de perfusion. Les médicaments sont exposés sur des étales disséminées ça et là sans conditions particulières de conservation. Une montagne d’ordure entassée à l’entrer de cette pharmacie particulière passe sous silence des vendeuses et des clients qui prennent d’assaut ce lieu chaque jour pour payer des médicaments.

Touré Massandjé est vendeuse de comprimé au Roxy depuis 15 ans, elle dit bien gagner sa vie et entretien sa famille avec ce commerce très lucratif. Des gros bonnets du réseau Sita Traoré fait office d’icône car elle a débuté toute petite à ce lieu qui représente tout pour elle. Aujourd’hui grossiste elle révèle que l’approvisionnement en médicament se fait de deux façons. Le premier circuit est celui des médicaments importés d’Inde, du Brésil et de Chine qui passent par la frontière Ghanéenne pour atterrir au Roxy via des passeurs professionnels, à côté de cela existe l’approvisionnement local à partir des pharmacies officiels et du circuit des hôpitaux qui leurs livre grâce à des intermédiaires. Ainsi se profile un vaste réseau qui s’étend jusque dans le pays profond où atterrissent ces médicaments aux origines douteuses. Tous ces médicaments vendus aux abords des rues et dans les villages prennent leur source à cet endroit aux commodités hygiéniques très alarmante.

Cette pharmacie est très connue des Abidjanais car énormément fréquentée par les populations. Soumahoro Mamadou chauffeur de taxi est un habitué du site, « ici les médicaments sont moyen chère pour nous les pauvres ». Comme lui beaucoup d’Abidjanais s’approvisionnent au Roxy à cause du coût moins élevé des médicaments qui varie entre -25% à -60% des prix affichés en pharmacie. C’est avec son ordonnance à la main que Richard Digbeu passe d’étale en étale pour trouver les produits de traitement d’un palu aigu qu’il traine depuis quelque semaine. Il se souci peu de l’origine ou des conditions de conservation de ces médicaments qui pour lui restent la véritable alternative pour venir à bout de son mal puisqu’il n’a pas les moyens de ceux vendus dans les pharmacies autorisées. Ignorance et situation de précarité sont à l’origine de la fréquentation de ces pharmacies peu ordinaires car  ceux qui la fréquentent n’ont pas conscience des dangers qu’ils courent en achetant ces médicaments exposés au soleil, à la poussière et dans des tas d’immondices.

A l’image d’Adjamé-Roxy,  ces plusieurs marchés de médicaments parallèles de ce type qui prospèrent sur tout le continent Africain sans véritable action des gouvernements pour stopper un phénomène qui s’enracine d’avantage au fil du temps. Ainsi nous sommes tentés de nous interroger si les pouvoirs publics  ne sont pas complices de cette mafia des médicaments prohibés.

 

 

Fulbert KOFFI
Œil d’Afrique Abidjan

Fulbert Koffi

Fulbert Koffi

Journaliste Oeil d'Afrique, basé à Abidjan (Côte d'Ivoire), spécialiste des dossiers politiques et sociaux culturels.


Tags assigned to this article:
abidjanAdjamémarchepharmacie

Related Articles

Football-Côte d’Ivoire: Jean-Philippe Gbamin et Jéréme Boga joueront pour les éléphants

[GARD align= »center »] La sélection ivoirienne de Football a de nouveau réussi à convaincre des binationaux de faire le choix des

Mali: La tête de mort qui fait le Buzz

Une photo d’un soldat français au Mali, portant un masque de tête de mort, fait le tour du web, et

Ban Ki-moon nomme deux Africaines au poste d’envoyées spéciales

Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a nommé l’ancienne Secrétaire générale adjointe de l’ONU, Asha-Rose Migiro de la

Aucun commentaire

Espace commentaire
Aucun commentaire Soyez le premier à répondre à ce commentaire

Espace commentaire

Votre e-mail ne sera pas publié
Required fields are marked*