Côte d’Ivoire : Début de la crise de succession au sein du parti de Laurent Gbagbo

Côte d’Ivoire : Début de la crise de succession au sein du parti de Laurent Gbagbo

[dropcap font= »times »]C[/dropcap]e n’est plus un secret de polichinelle, les détenus pro-Gbagbo de la crise post électorale  bénéficie depuis le lundi 05 aout d’une liberté provisoire qu’il faudra d’ailleurs rendre définitive pour coller à l’esprit et à l’élan de la réconciliation. Cette libération certes bien accueillie par toute la communauté, notamment bien plus dans le Camp du FPI (Front populaire ivoirien), le parti de l’ancien président Laurent Gbagbo pourrait créer en interne plus de problèmes que d’en résoudre.

« Aujourd’hui au FPI, les initiés savent que Laurent Gbagbo est bel et bien hors circuit avec son affaire de la Haye. Nous ne voyons pas comment Laurent Gbagbo  pourra participer aux élections de 2015. C’est parfaitement su par la direction actuelle comme par la branche en exil. Aujourd’hui, le vrai combat est de se tirer les dividendes d’une probable libération de Gbagbo, qui ne peut être obtenue qu’avec un compromis politique. Pour être vu comme le sauveur, il faudra maitriser l’appareil politique qu’est le FPI. C’est en cela que Miaka Oureto (président intérimaire du FPI) et Affi N’Guessan (président du FPI avant son incarcération) risquent de ne pas trouver de compris. Chacun y joue son avenir politique mais aussi chacun représente une branche du FPI, qui croit aimer le parti mieux que l’autre. Cette bataille est inévitable», s’est  exprimé P.K de la galaxie patriotique, très au fait de l’actualité chez les frontistes.

Ainsi la joie des retrouvailles que continue de célébrer les membres de cette famille politique, pourrait tourner très vite au vinaigre. Le parti de Laurent Gbagbo, anciennement au pouvoir d’Etat en Côte d’Ivoire est connu pour ses nombreuses factions et clans en interne. Si la crise que le FPI a traversé lui a permis de resserrer ses rangs en appelant à la solidarité et à l’union sacrée, il reste que les divergences de vues et d’approches demeurent et on refait jour. Mieux, le leadership est de retour. Qui doit désormais conduire la machine FPI. La fête aura été certainement de courte durée. Affi étant entre célébration et attente de confirmation de son autorité alors que Miaka se trouve entre passation du pouvoir ou continuation du travail.

La course qui mène à la tour du FPI de Laurent Gbagbo, lui détenu à la Haye a commencé. A l’intérieur des pro-Gbagbo, l’enjeu de la  guerre des clans pro-Affi et pro-Miaka est celui de la succession de leur mentor Laurent Gbagbo. La sortie rageuse d’Affi, « nous allons changer la politique tordue de la Cote d’Ivoire » s’adresserait davantage à celui que l’on devrait considérer comme son rival (Miaka), qu’au gouvernement actuel. Miaka Oureto à son tour, ne manquera pas d’envoyer des pics. Dans cette grisaille, un  invité surprise pourrait faire son intrusion. Il s’agit du très discret le professeur Gilbert Aké N’Gbo, premier-ministre de Laurent Gbagbo pendant la crise post électorale. Selon certaines sources, Aké N’Gbo serait le cerveau derrière cette libération, qui de plus ne cache pas sa volonté de trouver une solution politique à ce que vit la Côte d’Ivoire. D’autres, par contre trouvent que c’est le bureau intérimaire qui est derrière cette victoire. Dans ce cafouillage, on aimerait comprendre et savoir la véritable position du professeur Aké N’Gbo.

Si dorénavant, il nourrit des ambitions, le FPI risque de connaitre sa TROIKA. Situation qui aboutirait à une explosion et implosion du parti de Gbagbo. Certains voient l’intrusion du professeur Aké N’Gbo dans les négociations comme l’application même de la volonté de Simone qui n’a jamais caché son admiration pour le professeur d’économétrie. Elle, de la prison, aimerait avoir son mot à dire. N’a-t-elle pas pendant une décennie caressée le secret espoir de monter sur le fauteuil présidentiel. A défaut d’être sur le terrain, un cheval de Troie ferait son affaire.

Si déjà les tendances reclament la paternité de la libération des 14 détenus politiques, l’après Gbagbo s’annonce difficile pour la cohésion au sein du parti à la rose. Entre Miaka Oureto, Affi N’Guessan, un Aké N’Gbo en embuscade et une Simone Gbagbo toujours en détention mais qui n’a rien perdu de son influence sur le parti, les observateurs auront droit à assister à la guerre froide pour le contrôle de l’appareil politique du FPI. Des pourparlers semblent nécessaires à l’effet de calmer les différents clans qui ont déjà dégainé les armes dans l’optique de prendre la tête du FPI. Les requins sont de retour…

Jonas Saraka
Abidjan-Oeildafrique.com

Jonas Saraka

Jonas Saraka

KOUAKOU Kouamé Jonas alias Jonas SARAKA. Licence de Journalisme, DEUG II en Sciences économiques.


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