Côte d’Ivoire: électricité, la fraude c’est partout…

Côte d’Ivoire: électricité, la fraude c’est partout…

À Abidjan les fraudeurs des lignes du réseau électrique ne manquent pas d’imagination car les trafiques et autres manipulations sur les compteurs d’électricité sont courantes.

Les techniques utilisées par les usagers de la compagnie d’électricité de Côte d’Ivoire sont multiples. Contournement du compteur sur le tableau, branchement direct sur le réseau, blocage de l’engrenage, pignons sciés etc. Les auteurs de ces fraudes ne manquent surtout pas d’imagination pour payer moins ou pas du tout de factures d’électricité. Selon le département audit exploitation de le CIE (Compagnie ivoirienne d’électricité) le taux de fraude est estimée à environ 25% du parck des abonnés dans le district d’Abidjan.

La capitale économique n’est pas la seule touchée par le phénomène de fraude, à l’intérieur du pays les mêmes pratiques sont pratiquées par les clients.

 » En 2012, la direction du contrôle a contrôlé 10 300 clients dans toutes les communes d’Abidjan et de Bingerville et environ 30% d’entre eux étaient en anomalie (25% en fraude et 5% en anomalie technique). Ajouté à la fraude, les pertes d’énergie liées à des anomalies techniques, qui sont d’environ 5%, font que le manque à gagner s’élève à 30% au moins. »  Les anomalies techniques sont souvent liées à des compteurs défectueux, un blocage de disques de compteurs, un compteur décroché ou une bobine avariée » indique la direction du contrôle tel que rapporté par le journal officiel du gouvernement.

La fraude n’est pas l’apanage d’une seule catégorie de clients, elle est partout. Du riche au pauvre en passant par les clients professionnels et industriels. À chacun sa technique de fraude.

En 2012, 32 cas de fraudes industrielles ont été constatés sur les différentes zones industrielles d’Abidjan. Classant ainsi de la zone industrielle de Koumassi au sud de la capitale,  première sur cette liste de fraudeurs suivit de Yopougon, de Treichville et de San Pedro.

Vient ensuite la catégorie des clients dit professionnels que sont les boîtes de nuit, hôtels, boulangerie, pressing abonnés eux aussi à la fraude par l’intermédiaire de spécialistes, tels que les électriciens privés, les  électriciens bâtiment, les agents des sociétés du domaine et même des agents licenciés de Cie », selon M. Alexis Kouassi de la direction du contrôle et de l’audit a le CIE.

Si la fraude a d’énormes conséquences sur l’ensemble des utilisateurs car à l’origine des nombreuses baisses de tension et de la destruction des équipements du fait des surcharges du réseau; les fraudeurs qui ne considèrent pas leurs actes comme un délit se justifient du fait qu’il n’y a pas de transparence dans la gestion du secteur de l’électricité. La CIE en quasi-monopole dicte la règle et la marche à suivre. Les clients pensent qu’ils sont floués et désabusés par cette CIE qui pratique des tarifs trop chers aux consommateurs. Ils se plaignent du coût et de la qualité du service vis-à-vis du niveau de vie des Ivoiriens. Entre délestage et baisse de tension les clients truquent pour tenir leurs budgets quand les habitants des quartiers précaires disent être obligés de frauder par ce qu’ils n’ont pas accès à l’électricité du fait de l’exclusion de leurs zones où il n’a pas été prévu aucunes installations pour recevoir le courant. La seule alternative pour eux est de contourner les règles pour aussi bénéficier du courant dans leur vie.

« L’État se rend complice de la Cie qui est seule à savoir ses barèmes de facturation. Il faut aussi dire que pour un pays producteur d’électricité comme la Côte d’Ivoire, le courant est trop cher facturé » tel est la réponse d’un fraudeur épinglé par les agents de la compagnie Ivoirienne d’électricité lors d’un contrôle que nous avons pu interroger. »

À propos justement du contrôle, que de difficultés pour les agents à l’effectuer surtout que la plupart des équipements sont déplacés à l’intérieur des habitations avec des dispositifs de sécurité très corsés. Les quartiers précaires ou bidonvilles inaccessibles sont alimentés par des revendeurs qui aux dépens de le CIE ont développé des réseaux parallèles de distribution de courant à partir des installations de la compagnie d’électricité.

À quand prendra fin le jeu de cache-cache entre les agents de la Cie et les fraudeurs qui font subir à l’État chaque année une lourde perte estimée à près de 40 milliards de FCFA?

La question restera longtemps béante quand le fraudeur n’est autre que « tout le monde »

Fulbert KOFFI
Abidjan – Oeil d’Afrique

Fulbert Koffi

Fulbert Koffi

Journaliste Oeil d'Afrique, basé à Abidjan (Côte d'Ivoire), spécialiste des dossiers politiques et sociaux culturels.


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