Côte d’Ivoire: En route pour la réconciliation nationale Guillaume Soro en visite sur les terres de Laurent Gbagbo

Côte d’Ivoire: En route pour la réconciliation nationale Guillaume Soro en visite sur les terres de Laurent Gbagbo

La réconciliation de la Côte d’Ivoire est-elle en marche ? Cette interrogation peu avoir un début de réponse positive à la vue des images qui nous arrivent de la région de Gagnoa où le président du parlement, Guillaume Soro est en visite officielle suite à l’invitation des autorités régionales.

« Je n’oublierai pas de remercier les chefferies traditionnelles de Gagnoa sans lesquelles je ne serais pas là. Parce que c’est eux, depuis 2012, qui sont allés me trouver à Abidjan pour me demander de venir à Gagnoa » déclare Mr Soro.

Parler de la paix, du pardon et de laver les linges sales en famille…Voilà les points qui motivent l’ensemble des peuples du continent. Les ivoiriens veulent la paix, mais une paix qui devra prendre en compte les blessures des uns et des autres.

Dans son discours du 15 août à Gagnoa, Guillaume Soro est revenu sur plusieurs points qui ont combattu sa venue sur les terres de l’ancien président Laurent Gbagbo.

« La Côte d’Ivoire a connu des problèmes. Il ne faut pas avoir peur d’employer les termes, il n’y a pas de sujets tabous ; oui, la Côte d’Ivoire a connu la guerre mais, personne ne doit souhaiter la guerre pour son pays. »

M. Soro, où est Gbagbo ? Où est Blé Goudé ?

Venir sur la terre de ses adversaires politique, aujourd’hui emprisonnés, demander aux partisans d’un Laurent Gbagbo aujourd’hui en détention à la prison de La Haye, de soutenir le processus de la réconciliation nationale est un exercice d’équilibriste que le président du parlement ivoirien, Guillaume Soro a livré.

« Certains ici me diront « M. Soro, où est Gbagbo ? Où est Blé Goudé ». Je vais vous répondre parce que l’heure de la vérité est venue ; l’heure de dire les choses comme elles se sont déroulées, est venue. Si je me suis tu pendant un bon moment, c’est pour ne pas gêner les uns et les autres. Oui, il est arrivé, dans vos propres familles, dans vos propres villages, dans vos campements, que des enfants, des frères se battent ; que dans un même famille, qu’un frère en arrive à tuer un autre. Si vous êtes le père des deux enfants qui se sont battus à morts, que faites-vous. Est-ce que vous êtes amené à tuer le second pour en fin de compte vous retrouver sans enfants ou est-ce que, malgré la douleur qui vous étreint, vous vous dites qu’il faut tourner la page ? ». Puis de poursuivre « Je ne suis pas venu dans cette sous-préfecture pour vous demander de ne plus parler de Gbagbo ou de ne plus l’aimer ; ce n’est pas mon objectif. Je suis plutôt venu vous dire que la réconciliation doit se faire. »

Soro veut faire prendre à tous les ivoiriens le train de la réconciliation. Ensemble, il dit qu’ils arriveront à trouver des solutions pour Laurent Gbagbo, pour Blé Goudé et pour tous les autres. Tout comme expliquer à la population qu’il y a un jeu politique dont il faut se méfier. Les adversaires du jour ne sont pas toujours les mêmes une fois la nuit tombée.

Guillaume Soro dans la cour royale de Mama, village de Laurent Gbagbo

Guillaume Soro dans la cour royale de Mama, village de Laurent Gbagbo

En prison à cause de Gbagbo et au nom de Gbagbo.

« L’heure de la vérité est venue. Moi dans mes années d’étudiants, je suis allé 3 fois en prisons et c’était à cause de Gbagbo et au nom de Gbagbo. Parmi vous qui est allé en prison pour Gbagbo. Que quelqu’un lève le doigt. Aujourd’hui il faut qu’on se dise la vérité. Au moment où en 90, 92, 93, 94 quand j’allais en prison est-ce que j’étais Bété? Je n’étais pas Bété. Dans mon propre village au nord toute ma région, ils étaient Pdci. J’ai été exclus de mon village, est-ce-que j’étais Bété ? Arrêtons le tribalisme. »

Lors de son meeting à Ouragahio, Guillaume Soro revient sur les passages de l’histoire récentes de la Côte d’ivoire afin de permettre à tout un chacun de revisiter les faits.

« A l’époque, avant l’accord de Ouagadougou, j’ai dit a Laurent Gbagbo que je ne pouvais pas être son Premier Ministre car nos caractères sont incompatibles. Je lui ai proposé Charles Koffi Diby.

Quand j’ai proposé Charles Koffi Diby pour le poste de Premier Ministre, Laurent Gbagbo et Blaise Compaoré ont refusé. Ils ont dit: c’est toi qu’on veut et personne d’autre.

Je n’ai peur de personne. Si Laurent Gbagbo avait gagné les élections je l’aurai dit. Mais il a perdu. Et je vous le dis: Laurent Gbagbo n’a pas gagné

Les témoins sont là. Je suis allé voir Laurent Gbagbo et je lui ai dit PARDON LAISSE LE POUVOIR. Tu as perdu. Ceux qui ont trahi Laurent Gbagbo, c’est ceux qui lui ont dit: PRESI, NE LAISSE PAS LE POUVOIR ON EST PRÊT A MOURIR POUR TOI.

WATTAO, MOROU, JAH GAO sont là. Je leur ai dit: Je ne veux pas qu’on touche à un seul cheveu de Gbagbo. Je les ai protégés. Certains ont honte de vous dire que je les aidés, que s’ils sont en vie aujourd’hui c’est grâce à moi. Ils savent que je les ai aidés.

Des gens viennent vous dire au village de ne pas recevoir Guillaume Soro mais ils ont honte de vous dire qu’ils viennent me voir chez moi à Abidjan pour me dire de les aider.

Les vidéos sont la, j’ai dit à Daloa que je ne veux pas qu’on touche à un seul cheveu du peuple bété. Je ne veux pas de vengeance en Côte d’Ivoire. »

Roger Musandji
Oeildafrique.com 

 

Roger Musandji

Roger Musandji

Fondateur de RM COMMUNICATION, société éditrice d'Oeil d'Afrique.


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