Côte d’Ivoire: Hamed Bakayoko, le securocrate people

Côte d’Ivoire: Hamed Bakayoko, le securocrate people

Hamed Bakayoko, un homme reconnu pour être très people se verra confier aux premières de la fin crise postélectorale en 2011, la sécurité de la Côte d’Ivoire en qualité de ministre d’Etat, ministre de l’intérieur. En tâtonnant dans ses premiers pas sous la pesanteur de cette grosse responsabilité, Hamed Bakayoko a fini par se tailler une solide réputation de securocrate et pourrait figurer sur la liste des potentiels successeurs du président Alassane Ouattara.

Son arrivée à la tête de la police ivoirienne était véritablement un saut dans l’inconnu. Bien qu’ayant occupé un poste de ministre (ministres des nouvelles technologies de l’information et de la communication) de Mars 2003 à février 2010 , sous le régime de l’ex-président Laurent Gbagbo, le département de la sécurité nationale qui lui été confié, apparaissait comme un costume trop ample. Ainsi, faisant fi de tout complexe, Hamed Bakayoko s’est tout de suite mis au travail pour répondre efficacement aux attentes de son mentor Alassane Ouattara, mais aussi aux enjeux sécuritaires d’une Côte d’Ivoire en déliquescence au sortir d’une crise. Surtout que les menaces de déstabilisation des pros-Gbagbo à l’époque, étaient quotidiennes. En s’entourant de compétences avérées dans son cabinet ministériel notamment d’un directeur de cabinet fort, Bamba Cheick Daniel, Hamed Bakayoko fera de la reforme de la police ivoirienne l’une des questions prioritaires de son département.

Bakayoko PoliceCette police ivoirienne, un abonné aux rackets, à la corruption et aux dérives tous ordres sous le précédent régime, se verra tenir un discours d’austérité, de changement radical en fixant des caps nouveaux. Décidé à faire d’elle une police moderne, Hamed Bakayoko effectuera de nombreux voyages à l’étranger pour s’enquérir de l’expertise et de l’expérience des autres Etats. Pour se faire, la France sera l’une de ses destinations prisées. En témoignent les nombreuses séances de travail avec son homologue français de l’intérieur, le socialiste Manuel Valls.

En conséquence, la police ivoirienne bénéficiera de l’expertise française en termes d’assistance technique pour la formation des policiers ivoiriens. Aussi, pour parer à toute éventualité de déstabilisation, un vaste réseau de renseignements sera développé. Les pros-Gbagbo en exil dans la sous région Ouest-africaine en feront les frais. Le leader des jeunes patriotes, Blé Goudé, sera « cueilli » au Ghana puis extradé en Côte d’Ivoire. Pour donner une âme à cette police sous équipée, le gouvernement ivoirien consentira des efforts pour la doter de moyens adéquats. Aux fins de rendre mobiles, présentes et efficaces les forces de police, une plate forme de surveillance par assistance vidéo sera mise en place. Les cameras de surveillances dissimulées à travers la ville d’Abidjan en font foi. De nouvelles unitaires d’interventions verront le jour dont le CCDO (Centre de commandement des décisions opérationnelles). C’est à cette unité que revient la sécurité d’Abidjan.  Des moyens logistiques en rupture totale avec les anciens outils, véhicules et outils de télécommunication, de filatures, sont mis à la disposition des policiers. Hamed Bakayoko a imposé à la police, les marques d’une vision moderne. Même si pour l’heure, le succès de ses actions reste relatif.

Bakayoko et SorEn outre, figure emblématique de la lutte politique du RDR, Rassemblement des républicains, Hamed Bakayoko a été de tous les combats d’Alassane Ouattara. Journaliste, puis patron de presse, l’actuel ministre d’Etat fait parti du cercle très fermé du couple Ouattara depuis au moins deux décennies. Il connait de fond en comble, et cela les yeux fermés la « maison » RDR. Se trouvant dans le sommet l’appareil étatique, le centre de prises des grandes décisions, Hamed Bakayoko, le ministre d’Etat a une posture et une stature désormais imposante. L’énigmatique question sans réponse du successeur de Ouattara au soir de son mandat ou de ses mandats, se profile. On se joue des coudes pour se donner le meilleur profil. Dans cette guerre froide pour la succession, Jean Louis Billon, le Ministre du Commerce, Guillaume Soro, le président du parlement ivoirien, Mabri Toikeusse ,le ministre d’Etat au Plan  et le ministre d’Etat Hamed Bakayoko sont en observation et seront certainement les prochains challenger de la nouvelle génération des leaders à la quête des suffrages des ivoiriens dans les cinq et dix prochaînes années.

Jonas Saraka
Abidjan-Oeildafrique.com

Jonas Saraka

Jonas Saraka

KOUAKOU Kouamé Jonas alias Jonas SARAKA. Licence de Journalisme, DEUG II en Sciences économiques.



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