Côte d’ivoire : La justice empêche Michel Gbagbo d’aller répondre à la justice française

Côte d’ivoire : La justice empêche Michel Gbagbo d’aller répondre à la justice française

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Michel Gbagbo, fils de l'ex-président ivoirien

Michel Gbagbo, fils de l’ex-président ivoirien

Michel Gbagbo devrait quitter Abidjan ce vendredi à une convocation de la justice française à la suite de son accusation contre Guillaume Soro, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne pour « traitement dégradant et humiliant » sur sa personne. Il doit se présenter lundi au tribunal de grande instance de Paris dans le cadre de cette affaire.

Seulement voilà que la justice ivoirienne l’empêche de rendre le vol pour Paris. Début novembre, Michel Gbagbo, de nationalité française, avait déjà été empêché de quitter le territoire ivoirien à l’aéroport d’Abidjan, alors qu’il se rendait à Paris pour répondre à une convocation du tribunal. Pourtant, Michel Gbagbo n’est frappé d’aucune mesure d’interdiction de sortir du territoire. Le fils de l’ancien président est accusé d’infractions économiques, dont le détournement de deniers publics.

C’est depuis juillet 2013 qu’il est remis en liberté provisoire, en compagnie de 12 autres détenus, pour des raisons d’apaisement. C’est lors de son incarcération dans le nord de la Côte d’ivoire que Michel Gbagbo avait porté plainte en France contre Guillaume Soro et les « ComZon » (ex-chefs rebelles) pour « traitement dégradant et inhumain ».

La justice ivoirienne justifie le refus du départ du fils de Laurent Gbagbo à Paris, par les crimes que ce dernier aurait commis dans la crise post-électorale. Elle souligne que la cour d’assise d’Abidjan devant siéger bientôt, elle ne pouvait accepter que Michel Gbagbo quitte le pays.

« Dans l’attente de ce procès et pour éviter tout blocage, l’accusé Michel Gbagbo ne peut être autorisé à effectuer ce voyage », a indiqué le procureur général Aly Yeo.

Cet empêchement n’est pas compréhensible pour plusieurs observateurs lorsqu’on sait que ces dernières semaines, le gouvernement ivoirien a multiplié les gestes d’apaisement notamment la libération provisoire d’une soixantaine de détenus partisans de l’ex-président Laurent Gbagbo dont des civils et des militaires.

Michel Gbagbo était enseignant et consultant pour un comité gouvernemental sous le régime de son père. Il était chargé d’organiser le retour des personnels de l’État dans les zones abandonnées pendant le conflit politico-militaire, qui a secoué la Côte d’Ivoire de 2002 à 2010.

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En ce qui concerne son père, Laurent Gbagbo, il est détenu depuis fin 2011 à la Haye à la fin de la crise postélectorale née de son refus de céder le pouvoir à Alassane Ouattara après la présidentielle de novembre 2010. Cette crise avait fait plus de 3 000 morts. La CPI le poursuit pour des crimes contre l’humanité. 

Didier Assogba
Oeildafrique.com

 

 

Didier Assogba

Didier Assogba

Journaliste à Oeil d'Afrique. Basé à Lomé, Togo


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